La belle Orion

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Ces temps-ci, décembre oblige, vos missives sont souvent égayées de petits autocolllants, pères Noël joufflus, sapins enneigés, boules de Noël argentées. Il y a aussi ces courriels dont l’ordinateur me signale l’arrivée par une petite musique qui ressemble drôlement au tintement des clochettes du père Noël dévalant les coteaux sur son traîneau.
J’ai toujours hâte de savoir ce que vous avez pensé de notre dernier numéro, quels sont les articles qui vous ont particulièrement intéressés. Il ne me déplaît pas non plus, soyons franc, quand vous avez un bon mot pour moi. C’est comme ça. Je ne m’en lasse pas.
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Ce matin, j’ai été particulièrement choyé. 
D’abord, cette lettre de Solange, tout en tendresse et en finesse. En voici un extrait : «Tout à l’heure, je reçois mon magazine. Je commence toujours par vous lire. Oups! Je n’en crois pas mes yeux. Vous n’y êtes pas... Je me dis: “Il est malade. Pire, il a pris sa retraite.” Je suis déçue. Je recommence à feuilleter. Eurêka! Je vous trouve enfin – deux pages étaient collées l’une contre l’autre, comme deux amoureux. Ne me faites plus jamais le coup!» 
Promis, Solange, je ne recommencerai plus. Quant à la retraite, on en reparlera. On a tout le temps! Je n’ai que 65 ans, après tout!!!

Lise, Orion, Jacques et Edmond

Lise, elle, me raconte qu’elle est allée en croisière dans les Caraïbes avec sa mère. Un cadeau qu’elle lui avait offert. «Elle est décédée 10 jours après le retour. Elle se savait rendue à la fin. Ensemble, le soir, sur notre petit balcon, nous regardions sa chère Orion.» Vous m’avez ému, Lise. C’est vrai qu’elle est belle, Orion. On dit qu’il y a des milliards d’étoiles dans le ciel. Vite compté, cela en fait au moins une pour chacun de nous. Une étoile vers laquelle on peut se tourner dans les moments difficiles.
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Jacques, lui, lecteur fidèle et sensible, prend le temps de saluer mon adorable chien Edmond. «C’est drôle, j’ai toujours plus aimé les animaux que les humains, écrit-il. Les humains sont capables de mépris, de méchanceté. Les animaux, eux, ne font pas de différence entre les vivants, beaux ou laids, petits ou gros. Ils nous aiment quand on les aime.» 
J’avoue, cher Jacques, qu’il m’arrive aussi de penser comme vous, surtout quand je vois, aux Nouvelles, toute la laideur dont les humains sont capables, Nairobi et gaz sarin compris. Que faire? Continuer ! Je ne vois rien d’autre. Continuer à aimer, à aimer la vie, en se disant qu’il en restera toujours quelque chose.

Marcelle et son ordinateur

Marcelle, elle, me parle de ce cadeau que lui a fait sa famille: un ordinateur. «Auparavant, je n’en sentais pas le besoin, mais maintenant, je ne saurais m’en passer. Vous imaginez, à mon âge, 80 ans, je découvre des mondes que je ne soupçonnais même pas.» 
J’adore ça! 
C’est la vie dans ce qu’elle a d’imprévisible. 
C’est le bonheur qui change si souvent de visage, qui se présente parfois là où on ne l’attendait pas, par exemple sous la forme d’un ordinateur qui ne nous dit rien qui vaille, mais qui, une fois apprivoisé, nous ouvre la porte sur des univers inconnus et merveilleux.
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Là-dessus, laissez-moi vous souhaiter de très joyeuses Fêtes. Surtout, gardez l’oeil et le coeur ouverts. On ne sait jamais.


Jean-Louis Gauthier, Rédacteur en chef

jean-louis.gauthier@bayardcanada.com

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