La beauté du monde

Du bleu roi, du bleu azur, du rouge, du noir... L’artiste, qui a eu une vie marquée par la passion, mais aussi la souffrance, a mis toute sa fougue dans ces rouges, ces bleus appliqués de façon impulsive, dans un élan à la fois vif et violent, impétueux et indompté comme elle l’était elle-même. 

Une oeuvre énergique et colorée comme un hymne à la vie. 

Quand ça ne va pas, quand la lassitude m’assaille, je fais une halte devant mon tableau et je laisse cette formidable énergie pénétrer en moi. Je ne tarde pas à retrouver mon allant et ma bonne humeur. . . . 

La beauté, qu’on la découvre dans une oeuvre d’art ou dans la nature, a ce pouvoir étrange et mystérieux de nous élever au-dessus de la grisaille. Ainsi en est-il de mon Gervais, qui me rend la vie plus douce. 

Une amie, elle, a pris l’habitude de toujours avoir sur la table de son salon une fleur fraîche. Cette beauté éphémère lui rappelle que tout n’est pas que laideur en ce bas monde. Cette fleur la rattache sans doute aussi à ce qu’il y a de plus beau et de meilleur en elle. C’est son garde-fou contre le défaitisme et l’amertume. . . . 

La douleur passe, mais la beauté reste

«La douleur passe, mais la beauté reste», a écrit le peintre Auguste Renoir. Elle aplanit les aspérités, met du baume sur les plaies. Et elle s’offre généreuse à qui sait la voir, la débusquer. Il suffit de ralentir le pas, de prendre le temps, pour se rendre compte qu’elle surgit de partout. On peut même la trouver enfouie dans ce qui, au premier coup d’oeil, nous avait semblé laid, témoignant alors de la richesse infinie de la vie. 

C’est la fragilité d’une fleur dont on s’est fait une alliée. C’est un dessin d’enfant qui par son côté naïf et malhabile nous ramène à ce qu’il y a de plus tendre en nous. C’est aussi, sur un tout autre mode, le sourire d’un inconnu croisé dans la rue ou le chant d’un passant qui nous parvient par la fenêtre entrouverte. C’est le ciel qui rougeoie quand le jour se lève. C’est la douceur d’octobre quand l’été fait ses derniers tours de piste et que l’automne attend en coulisse, impatient d’entrer en scène. 

C’est aussi la tendresse d’un petit chien nommé Edmond (il faudra bien que je vous reparle bientôt de mon Edmond, car il y a déjà longtemps que je vous ai donné de ses nouvelles). Edmond qui dort présentement sur le canapé, abandonné à ses rêves. 

C’est le courage d’une amie qui se bat contre la maladie dans l’angoisse et la peur d’une rechute. C’est la ténacité de celui qui, après avoir trébuché, trouve le courage de se relever – ce qui me rappelle le très beau livre de l’écrivain Philippe Labro, Tomber sept fois, se relever huit. . . . 

Oui, la beauté est partout et en chacun de nous, dans nos rêves et nos espoirs, mais aussi dans nos peurs quand on sait les affronter. Elle est là, tapie dans cette partie de nous demeurée intacte malgré les rejets, les blessures et les souffrances. Dans l’amour inconditionnel que l’on a pour soi et l’attention que l’on porte aux autres. Bon automne! 

Jean-Louis Gauthier Rédacteur en chef

jean-louis.gauthier@bayardcanada.com

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