Les pneus d’hiver, pas pour l’été!

Les pneus d’hiver, pas pour l’été!

Par Nadine Filion, , spécialiste automobile

Crédit photo: iStockphoto.com

La gomme des pneus d’hiver est conçue pour rester souple par des températures frigorifiques. Par conséquent, elle se débarrasse moins bien de la chaleur que la gomme des pneus d’été. En plus, sur chaussée mouillée, la semelle des pneus d’hiver n’évacue pas aussi efficacement la dernière ondée, ce qui accroît les risques d’aquaplanage. 

Ce n’est pas tout. À des températures dépassant les 7 ºC, la pression s’élève davantage dans des pneus d’hiver. Ce sont alors les risques d’éclatement qui augmentent. 

Besoin d’un autre argument pour convaincre ces automobilistes tentés de rouler tout l’été sur leurs pneus d’hiver? Parlons des distances de freinage. Les tests menés par l’Association canadienne des automobilistes (CAA), division Québec, révèlent que, sur surface sèche, les pneus d’hiver demandent en moyenne 10% plus de distance que des pneus quatre saisons pour immobiliser le véhicule qu’ils chaussent. 

Sur surface mouillée? Ils exigent 25% plus de distance que des pneus quatre saisons. 

Précisons que ces tests ont été menés alors que le mercure indiquait 20 ºC . Selon CAA-Québec, aux grandes chaleurs d’été, les écarts dans les distances de freinage sont encore plus marqués. Autre chose: l’exercice s’est effectué avec des pneus neufs et non avec des pneus usés. Ces derniers auraient eu besoin de distances de freinage encore plus grandes. 

Il est bon de rappeler que plus la semelle d’un pneu est mince, plus le risque d’aquaplanage est important et plus les distances de freinage sont grandes. Au Québec, la marque minimale légale de sculpture restante pour les pneus, tant d’été que d’hiver, est de 2/32 po (1,6 mm). Sous cette marque, c’est la contravention: en vertu du Code de la sécurité routière, article 270. L’amende peut atteindre les 200$ (mais n’entraîne aucun point d’inaptitude). 

Remplacez vos pneus d'hiver au printemps

La morale de l’histoire? En fait, il y en a deux. D’abord, on n’ «achève» pas nos pneus d’hiver en été. Ensuite, quand nos pneus d’hiver sont encore bons pour une autre saison froide, on ne tarde pas, le printemps venu, à les remplacer par des pneus d’été (ou quatre saisons). 

Car réchauffement de l’asphalte et gomme d’hiver ne font pas bon ménage. Étirer la sauce après la dernière tempête de neige réduira sensiblement la durée de vie de ces pneumatiques hivernaux qui nous coûtent si cher. 

Un dernier point, mais qu’on ne répétera jamais assez: les variations du mercure influent sur la pression des pneus et, par conséquent, sur la consommation d’essence. Des pneus sous-gonflés entraînent de la résistance et, donc, une consommation superflue de carburant (2% pour chaque tranche de quatre livres en moins), en plus de ne pas offrir la tenue de route optimale et de s’user prématurément. 

Pour maintenir la pression au niveau recommandé par le fabricant, rien ne vaut une vérification mensuelle ou, mieux, bimensuelle. 

Rappel 

Depuis 2008, les pneus d’hiver sont obligatoires au Québec du 15 décembre au 15 mars. Les pneus à crampons sont permis du 15 octobre au 1er mai, mais ils sont interdits en dehors de cette période.


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