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Les conflits de famille

Les conflits de famille

Par Isabelle Tremblay

Crédit photo: iStockphoto.com

Le mot «famille» ne signifie pas la même chose pour tous. Il y a la «famille italienne» qu’on ne peut quitter que les pieds devant. Vient ensuite, la famille qu’on choisit et qui est formée de nos amis proches. La troisième, on naît avec... C’est fréquemment au sein de cette dernière qu’explosent les conflits puisque cette famille-là nous est imposée. «Souvent, les parents ont inculqué à leurs enfants les valeurs qu’ils possédaient eux-mêmes. En grandissant, plusieurs vont remettre en question ces valeurs pour s’en approprier d’autres qui leur ressemblent davantage. Ça peut engendrer des conflits», lance la psychologue Valérie Gosselin. Qu’on ait 30, 40, 50 ou 60 ans, se chamailler avec les parents est toujours d’actualité.

Se laisser du temps

«Du plus loin que je me souvienne, j’ai toujours eu de la difficulté à m’entendre avec ma mère. On ne pense pas de la même manière. Elle n’approuvait pas mes choix de vie. Il faut dire qu’à 17 ans, j’ai eu un bébé avec un homme qu’on pourrait qualifier de peu fréquentable. Un jour, elle a carrément cessé de me parler pendant plus de six mois», se souvient Stéphanie Roy. Ce témoignage reflète bien ce que vivent plusieurs familles. Il est effectivement très difficile pour certains de cautionner ce qui pour eux reste inacceptable. Valérie Gosselin, qui est aussi directrice de la clinique Amis-maux inc., a un truc pour nous aider à faire le point sur ce type de désaccord. «Quand on éprouve de la colère, on doit laisser la poussière retomber et prendre du recul. Une fois qu’on ne se sent plus dans l’émotion négative, c’est là qu’on doit revenir», conseille la psychologue. Stéphanie et sa mère ont mis cette technique en application. Avec le temps, elles ont trouvé le moyen de se parler, sans jugement. «Je la comprends énormément maintenant. Nous sommes de bonnes amies et il n’y a pas un jour qui passe sans qu’on se parle», dit fièrement madame Roy, qui a écrit Sur les ailes d’un papillon (AMÉCA, Édition associative), un livre relatant son expérience.


Retrouvailles conflictuelles

Retrouvailles conflictuelles

Isabelle Bouchard a vécu une aventure bouleversante avec une mère qu’elle venait de retrouver. «À l’âge adulte, j’ai voulu savoir d’où je venais. Mon père adoptif a trouvé ça difficile au début puisqu’il croyait que je l’aimais moins», se souvient madame Bouchard. Lors d’un conflit, aussi minime soit-il, c’est toute la famille qui est touchée. Ça change le climat et crée un climat de tension. Pour y remédier, il y a une action très importante à poser. Selon Wayland Myers, auteur du livre Pratique de la communication non-violente (Jouvence Édition), il faut utiliser la «liste de contrôle». On doit se demander: est-ce que je connais les émotions de l’autre personne, et est-ce que je lui communique bien les miennes? C’est la formule qu’Isabelle Bouchard a appliquée. «Plus tard, c’est avec ma mère biologique que la brouille s’est installée. C’est une bonne personne, mais on est très différentes. Elle vit dans une famille tricotée serrée tandis que dans la mienne on est plus indépendant. Un jour, j’ai eu besoin de prendre mes distances et c’est à ce moment que tout s’est cassé. J’ai tenté de lui expliquer, mais le lien s’est brisé», raconte Isabelle. Il y a une recommandation intéressante dans le volume de W. Myers: il conseille d’établir les actions spécifiques que chacun souhaite accomplir pour résoudre le conflit. Ensuite, il faut écouter et s’expliquer.

Les années passent, mais la chicane reste

Malgré les sourires et les moments magiques, on retrouve dans presque chaque foyer québécois, une dispute non résolue. Est-il utopique de penser qu’un jour elle se réglera? «C’est possible d’espérer résoudre cette querelle même si elle perdure dans le temps. Ça peut être aidant de voir quelqu’un qui va nous donner un coup de pouce pour s’extirper un peu de tout ça. On est tellement proche de cette mésentente que tout ce qu’on voit, c’est le problème. On ne voit donc pas de solution», résume André Drouin, psychologue à la Clinique de psychologie cognitive de Québec.

Louise Dufour et sa famille sont justement aux prises avec un conflit qui dure depuis près de 35 ans. «À la mort de ma mère, mon oncle (son frère) nous a volé notre héritage. Mes soeurs, mon frère et moi étions tous mineurs et sans pouvoir légal pour empêcher la transaction. Encore aujourd’hui, je ressens une grande rancoeur envers cet homme de ma famille», dit-elle. Notre spécialiste, André Drouin pense qu’on peut tout de même pardonner quand il y a encore de la colère, même après des années. «On oublie souvent que c’est un travail à temps plein que d’entretenir de tels sentiments. Il faut prendre conscience de toute l’énergie négative que ça nous apporte. On peut toujours pardonner, mais c’est d’abord envers soi-même qu’on doit le faire». Comme le dit si bien la prière «Mon Dieu, donnez-moi la sérénité d’accepter les choses que je puis changer, le courage de changer les choses que je peux et la sagesse d’en connaître la différence.»

Les autres...

Les autres…

La liste des conflits potentiels est sans aucun doute aussi longue que notre arbre généalogique. Par exemple, certains ont la chance de prendre part à l’éducation des petits-enfants. On les aime, mais il n’est pas rare qu’il y ait quelques oppositions à l’occasion. Fabrice Lacombe a mis sur papier 90 jeux pour favoriser le dialogue avec ces petits monstres. Le bouquin Et si on se parlait à table… (Édition Pocket Évolution) est conçu pour les parents, mais il peut s’avérer utile pour les aïeuls. Le jeu "Ce que je pense de…" est idéal pour que les jeunes osent exprimer leurs opinions tout en respectant les idées des autres. Pour le mettre en pratique, on choisit un thème d’actualité où chacun dit ce qu’il en pense. Le rôle de l’adulte est de veiller à l’acceptation des propos.

Il y a bien du monde dans une famille, mais avouons que les têtes d’affiche sont les conjoints. Quand ça ne marche pas entre monsieur et madame, rien ne va plus. Il est impératif d’éviter les accusations du genre: «Tu ne fais jamais attention à moi». Parlons plutôt de cette manière: «Je me sens moins importante dans ta vie puisqu’on ne fait rien ensemble». Le meilleur conseil à mettre en application pour éviter de perdre le contrôle et éviter qu’une petite chicane se transforme en Deuxième Guerre mondiale, c’est d’utiliser le «JE». L’auteure Dominique Charnaise propose aussi des pistes dans son livre 81 façons d’éviter les conflits (Guy Trédaniel Éditeur). Selon elle, lors d’une dispute, on doit être économe de mots. Cela évite à l’autre de nous couper la parole pour s’exprimer. Il vaut mieux répondre avec précision, ce qui lui interdit de s’emparer de la moindre parole pour nourrir la mésentente… Parfois difficile à appliquer, mais il n’est jamais trop tard pour apprendre!

Mise à jour: octobre 2007

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