Divorce: comment aider vos petits-enfants

Divorce: comment aider vos petits-enfants

Par Jacqueline Simoneau

Crédit photo: iStockphoto.com

Laurence a dix ans et Félix sept ans. Ils ont récemment quitté la maison de leur enfance. Désormais, ils vivront en garde partagée: une semaine chez papa et une autre chez maman. «Leurs parents sont en plein divorce, confie Denise, la grand-maman. Leur vie est chamboulée. Ils sont tristes et anxieux. Ça me chavire le coeur. Alors, j’essaie d’être plus présente pour eux et de leur offrir des petits moments de bonheur lorsqu’ils viennent à la maison.» 

Pour Micheline, la situation est plus problématique. «Mon ex-belle-fille est retournée vivre dans sa ville natale, à une cinquantaine de kilomètres de chez moi, raconte-t-elle. Alors, je vois mes petits-enfants lorsque mon fils en a la garde, soit une fin de semaine sur deux. Ce n’est pas l’idéal, mais, au moins, le lien n’est pas coupé.»

Au Québec, un couple marié sur deux finit par divorcer. C’est dire que beaucoup d’enfants sont touchés par ces unions brisées. Mais peu importe la fréquence des rencontres, les grands-parents peuvent jouer un rôle déterminant auprès des petits-enfants qui vivent souvent un sentiment de tristesse, d’anxiété, voire de culpabilité lors de la rupture des parents. Maintenir le contact avec les grands-parents leur est bénéfique, d’autant plus s’ils se fréquentaient souvent avant le divorce des parents. Ce lien constitue un élément de stabilité dans leur vie chambardée. Sans compter que la maison des grands-parents peut devenir un refuge apaisant certains jours.

Des gestes bienfaisants

Dans la tourmente, vous pouvez être tenté de prendre parti en faveur de l’un ou l’autre des parents. N’en faites rien. En restant neutre dans le conflit qui les oppose, vous mettez toutes les chances de votre côté. En effet, il est important de ne pas rompre le lien avec votre ex-belle-fille ou votre ex-beau-fils afin de maintenir des contacts réguliers avec les enfants. Présentez des demandes claires et concrètes concernant les visites de ces derniers, tout en vous abstenant de faire des reproches ou des commentaires désobligeants… même si un nouveau compagnon, ou une nouvelle compagne, se pointe à l’horizon. Pour le bien des enfants, il vaut nettement mieux faire preuve d’ouverture et de tolérance.

Conseils pour aider vos petits-enfants lors du divorce

La façon dont vous agirez avec vos petits-enfants aura également une incidence négative ou positive sur ceux-ci. Voici douze conseils pour les aider à traverser l'épreuve.

Soyez disponible. 

Si vous en avez le temps et l’énergie, offrez votre aide aux parents pour conduire et aller chercher les petits à l’école, aider aux devoirs ou encore les garder de temps à autre. Parents et petits-enfants doivent savoir que vous êtes là pour les soutenir le temps que la situation se stabilise. Mais ne vous imposez pas. Respectez également vos limites physiques, psychologiques et émotionnelles. Apprenez à dire non, au besoin. 

Ne transmettez pas votre colère. 

À l’instar de vos petits-enfants et de votre enfant, vous devrez aussi faire le deuil de la famille idéale. Normal. Mais quel que soit votre chagrin, il est important de ne pas partager votre colère, votre déception et vos jugements avec vos petits-enfants. Cela risque de les perturber inutilement. Si vous avez du mal à gérer vos émotions, trouvez un proche, un ami ou, mieux encore, un professionnel à qui parler. 

Ne dites jamais du mal des parents. 

Les enfants aiment leurs parents inconditionnellement, peu importe qui a tort ou qui a raison. Les paroles négatives, les médisances et les remarques blessantes contre l’un ou l’autre des parents les blessent profondément. 

Ne les incitez pas à choisir entre deux camps. 

Ils se sentiraient forcément déloyaux envers un des parents et se culpabiliseraient. Le divorce des parents est déjà assez angoissant pour eux sans qu’ils doivent en plus prendre parti. 

Ne lancez pas la discussion au sujet du divorce. 

N’abordez pas la séparation avec les petits avant qu’ils ne soient prêts à le faire. Ne forcez pas les choses et ne les bombardez pas de questions. Ne les mettez pas non plus dans une situation où ils se sentent coincés et tenus de répondre. Rappelez-leur simplement que vous êtes là pour les écouter s’ils ont envie de parler. Attendez une ouverture de leur part avant d’aller plus loin. 

Encouragez-les à parler ouvertement de leurs émotions. 

S’ils s’ouvrent à vous, accordez-leur une écoute attentive, sans les interrompre ni les juger. Permettez-leur de verbaliser leur colère, leur tristesse et leurs inquiétudes pour tenter de comprendre ce qu’ils vivent. Si l’un de vos petits-enfants éprouve de la difficulté à s’exprimer, soyez patient. Aidez-le en disant: «Ça te fait beaucoup de peine de ne pas voir papa ou maman plus souvent, n’est-ce pas?» Ou encore: «Tu es en colère contre maman et papa? Tu sais, tu as le droit d’être fâché et de le dire. Je comprends ta colère, mais ils resteront toujours ton papa et ta maman. Mais c’est difficile pour toi en ce moment?» Avec les ados, vous pouvez vous montrer plus ouvert lors des discussions et poser des questions sur leurs sentiments face au divorce, mais sans insister toutefois. Rappelez-vous aussi qu’il est normal, à cet âge, qu’ils se détachent un peu de la famille pour se rapprocher des amis, et plus encore lorsqu’il y a divorce des parents. Les ados ont souvent tendance à se renfermer sur eux-mêmes le temps que la tempête passe. Mais rassurez-vous : le lien n’est pas rompu pour autant. Cela dit, vos petits-enfants vous seront reconnaissants de pouvoir se confier à vous sans craindre votre réaction, tout en se sentant compris et soutenus. 

Conseils pour aider vos petits-enfants lors du divorce (suite)

Ne donnez pas d’explications compliquées. 

Répondez aux questions des petits le plus honnêtement possible avec des mots simples – en tenant compte de leur âge –, sans toutefois élaborer. Ils n’ont pas à connaître en détail les dessous de la séparation. Si vous êtes vous-même divorcé, ils voudront peut-être avoir une idée de votre propre histoire. Abstenez-vous alors de faire un parallèle entre ce que vous avez vécu et ce que leurs parents vivent. Expliquez simplement que cela vous est aussi arrivé, mais que vous n’avez jamais cessé d’aimer vos enfants. Et que, aujourd’hui, vous et votre ex-conjoint vous parlez comme des amis, si c’est le cas évidemment. La vie continue et elle peut être heureuse, même après la fin de la relation amoureuse des parents. Montrez-leur que leur monde ne s’écroulera pas. 

Rassurez-les. 

Si personne ne répond à leurs interrogations, les enfants croiront qu’on leur cache quelque chose ou, pire, qu’ils sont les grands responsables de la rupture. Les jeunes enfants, en particulier, s’imaginent souvent en être la cause. Donc, expliquez-leur très clairement que c’est un problème d’adultes et que ce qui arrive n’est pas leur faute. Ils n’auraient rien pu faire pour éviter la séparation. Un conseil : entendez-vous avec les parents pour tenir le même discours concernant les motifs de la séparation. Rassurez les enfants en leur rappelant que l’amour du couple peut parfois disparaître, mais pas l’amour parental. Cet amour est immuable. Puis sécurisez- les en disant que vous les aimerez toujours, quoi qu’il advienne. Rassurez-les sur la stabilité de votre relation. Peu importe ce qui se passe chez les parents, vous serez toujours là pour eux. 

Ne répétez pas systématiquement aux parents ce que les enfants vous ont dit.

Respectez leur confiance en vous. Par contre, si l’un de vos petits-enfants tient des propos du genre «Je n’ai plus le goût de vivre» ou «Je vais m’en aller loin», informez-en rapidement les parents. Dans les autres cas où vous jugez qu’il serait pertinent que les parents soient au courant, demandez simplement à l’enfant si vous pouvez en parler à papa et maman. S’il refuse, essayez de trouver ensemble des solutions pour régler ou, à tout le moins, améliorer la situation. 

N’en faites pas des petits espions. 

Ne leur demandez jamais de rapporter ce qui se passe chez l’un ou l’autre des parents. Par contre, rien ne vous empêche de vous montrer intéressé par ce qu’ils vivent. Parlez-leur de la décoration de leur chambre, de leurs activités, etc. 

Utilisez les livres et le dessin pour amorcer le dialogue. 

Procurez-vous quelques livres jeunesse traitant de la séparation et faites-en la lecture à vos petits-enfants. Cela peut être fort utile pour les plus jeunes. En plus de leur permettre de mieux comprendre leur situation, les livres peuvent les inciter à s’ouvrir sur ce qu’ils vivent. Le dessin, lui, leur donne la possibilité de se défouler et de partager leurs émotions. 

Maintenez la communication. 

Après un divorce, en raison de l’éloignement causé par un déménagement ou de visites moins fréquentes, vous avez l’impression de perdre le contact avec vos petits-enfants, particulièrement les ados? Si vous n’arrivez pas à communiquer verbalement avec eux, adoptez d’autres moyens. Par exemple, échangez avec eux par courriel et SMS – mais sans être envahissant – et suivez-les sur Facebook. Sinon, téléphonez-leur de temps en temps… sur leur cellulaire! 

Merci à la Dre Sandra Gottlieb, psychologue au CHU Sainte-Justine, et à Brigitte Hénault, psychologue, pour leur collaboration. 


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