Cadeaux de Noël, fini le casse-tête

Cadeaux de Noël, fini le casse-tête

Par Suzanne Décarie

Crédit photo: iStockphoto.com

Que l’on célèbre le 24 ou le 25, le matin, le midi ou le soir, Noël est à nos portes, ce qui n’est pas sans remuer bien des souvenirs ni sans susciter bien des émotions. «Noël porte toute une nostalgie, souligne Chantal Dauray, consultante en communications et auteure de Réinventez vos cérémonies, fêtes et rituels (Stanké). Ça nous ramène à notre famille, à la place qu’on y avait, au rôle qu’on y jouait... Ça réveille notre cœur d’enfant, et nous rappelle les traditions qui nous ont fait du bien et que l’on souhaite perpétuer.»

Cadeaux de Noël: les temps changent

Lucie s’ennuie des matins de Noël où ses enfants encore tout ensommeillés ouvraient grand leurs yeux devant les cadeaux étalés sous le sapin, puis les déballaient émerveillés en savourant chocolat chaud et viennoiseries sous son regard ému... Qu’ils sont loin ces Noëls d’antan ! Ses enfants maintenant adultes ont leurs propres engagements, et ce n’est plus le 25 au matin qu’ils s’offrent leurs étrennes.

Après avoir donné un cadeau à chacun de ses enfants, de ses gendres, de ses belles-filles et de ses petits-enfants, Andrée a opté pour des présents de couple, avant de se résoudre à ne gâter que ses petits-enfants à travers des cadeaux achetés dorénavant par leurs parents… «Je n’avais plus le courage de magasiner. Et ça fait un moment que je ne sais plus quoi offrir à ces petits et grands qui ont tout ce qu’ils veulent !», souligne-t-elle.

Pour ma part, je n’aurais jamais cru pouvoir célébrer Noël avec mes enfants autrement qu’en réveillonnant le 24 décembre… C’est pourtant entre Noël et le jour de l’An, entre les fêtes dans les belles-familles et les soupers de famille élargie et recomposée, que l’on se réunit désormais pour festoyer...

Dès que le père de Monique est mort, elle et ses sœurs ont mis fin, d’un commun accord, à la tâche que représentait pour elles le traditionnel souper de Noël et la distribution de cadeaux. Elles s’en portent bien tout en regrettant tout de même un peu de ne plus avoir d’occasion de réunir la famille au complet.     

«Les années passent, les choses se transforment, les gens changent, vieillissent et meurent, les enfants sont ailleurs. Ça fait partie du cycle de la vie familiale, note François Lefebvre, psychologue au Centre de consultation Saint-Laurent. Un jour, on s’aperçoit que l’on ne peut plus recevoir ou que l’on n’a plus les moyens d’offrir d’aussi gros cadeaux qu’avant. Tous ces passages sont autant de deuils, que certains vivent plus difficilement que d’autres. Ils ont alors besoin de l’aide et de la compréhension des enfants.»

Le plaisir de donner un cadeau de Noël

C’est vrai que le magasinage, l’emballage, puis la distribution des cadeaux peuvent devenir une corvée. «Mais il ne faudrait pas les éliminer sous prétexte que c’est désagréable, soutient François Lefebvre. Il vaut mieux les adapter à ses limites, quitte à donner un petit montant d’argent. L’important, c’est d’offrir quelque chose de symbolique qui devient un don.» Cet échange de dons témoigne de l’affection et de l’attachement qui existent entre nous.

«Il nous reste si peu de traditions, de lieux de retrouvailles et de rencontre qu’il faut prendre garde avant de les évacuer», poursuit le psychologue. Plutôt que de bannir la distribution de cadeaux parce qu’on appréhende la lourdeur de la tâche, pourquoi ne pas se demander ce que l’on peut en retirer ? «Il y a un plaisir à donner, à être attentionné, à penser à l’autre, et il croît avec l’usage !», assure le spécialiste.

Car c’est de plaisir dont il devrait être question. On veut que Noël soit un moment heureux qui laisse de beaux souvenirs.

Changer le rituel de la distribution de cadeaux

«Un jour, on s’est aperçu qu’on n’avait plus de plaisir, raconte Chantal Dauray. Tout le monde faisait des cadeaux à tout le monde, ça n’en finissait plus! On dépensait une fortune et l’on s’en plaignait.»

Après en avoir discuté, la famille a décidé de garder les cadeaux pour les enfants et de passer à l’échange personnalisé pour les adultes, avec tirage au sort du nom de la personne à qui le cadeau, d’une valeur fixée à l’avance, est destiné. «Mais il restait des insatisfactions, poursuit-elle. Certains râlaient pour des cadeaux de 20$ ! On s’est donc demandé quel était, pour nous, le but de cet échange. Et on a réalisé qu’il était avant tout prétexte à une activité d’animation. On a alors choisi d’orienter le choix des cadeaux autour d’un thème qui permet la discussion. »

C’est ainsi qu’il y a eu un Noël sous le thème de la passion. «Chacun avait déclaré à l’avance la passion qu’il souhaitait développer ou le loisir auquel il souhaitait s’adonner au cours de l’année. Celui qui pigeait son nom lui offrait donc un objet venant éclairer cette passion, ou l’encourager dans sa résolution.»

Un autre Noël s’est déroulé sous le thème du réconfort. Dans un échange de type vol de cadeaux, tous apportaient un cadeau symbolisant pour eux le réconfort. «J’ai hérité d’une poêle, cadeau de ma mère que rien ne réconforte plus que cuisiner», se souvient Chantal Dauray, qui, d’abord étonnée, se dit maintenant réconfortée chaque fois qu’elle l’utilise! «Une autre fois, on devait offrir un cadeau qui nous rappelait un moment où l’on avait été heureux. On posait des questions pour deviner ce qui avait rendu la personne heureuse, en quoi ça lui avait fait du bien...»

Cadeaux écolos, cadeaux rigolos, cadeaux bleus, cadeaux ronds, cadeaux du terroir ou d’ailleurs, cadeaux de papier ou de verre… On peut conjuguer l’échange sur une variation de thèmes.  

Choisir de nouveaux rituels pour Noël

Pour certains, Noël n’est pas Noël sans une montagne de cadeaux. D’autres en appellent au dépouillement et à la simplicité. À l’approche des fêtes, c’est peut-être une bonne idée de s’interroger sur les traditions à maintenir pour avoir du plaisir ensemble sans s’épuiser, s’irriter, se ruiner. Pour mieux cerner les attentes de chacun, Chantal Dauray et les siens ont procédé à un sondage – on bâtit un questionnaire dont on remet une copie à tous les membres de la famille ou on le fait circuler sur Facebook, ce qui permet de voir les commentaires et d’éviter les interprétations. «Chacun, petits-enfants compris, devait, entre autres choses, identifier de trois à cinq rituels incontournables», dit-elle. 

Ils ont ainsi constaté que ce sont souvent de petites choses ni très coûteuses ni très complexes qui donnent leur sens à Noël: le pyjama offert chaque année aux enfants, le punch d’une tante, les bas de Noël, la dinde et les atocas… À chaque famille de trouver ses rituels et de les faire valoir. 

Alors, chez vous, comment ça se passe? Le plaisir est-il au rendez-vous? Si oui, tant mieux! Sinon, il faut peut-être oser dire que l’on a envie de dépoussiérer la formule.

Certaines traditions, comme la distribution de cadeaux, durent parce qu’elles nous font du bien, elles sont une promesse de réconfort. «Le fait de donner et de recevoir devrait être gage de joie et de plaisir», souligne Chantal Dauray. À nous d’y voir!   

Quelques judicieuses citations...

«Voulez-vous savoir comment il faut donner? Mettez-vous à la place de celui qui reçoit.» Madeleine de Puisieux 

 «Je ne suis pas pour les cadeaux luxueux dénués de sens, qui dénotent la vanité de celui qui offre, mais ne prouvent pas qu’on a pensé à faire plaisir à celui qui les reçoit.» Helen Fielding, Bridget Jones, L’âge de raison

 «Celui qui n’a pas Noël dans le cœur ne le trouvera jamais au pied d’un arbre.» Roy Lemon Smith 

 «Sans les cadeaux, Noël ne serait pas Noël.» Louisa May Alcott, Les Quatre Filles du Dr March   

 Un beau cadeau  

On se souvient des cadeaux qui dénotent une attention toute particulière. Certains ont le tour de trouver des cadeaux, d’autres pas du tout! Un beau cadeau devrait évoquer celui qui l’offre parce qu’il lui ressemble un peu, plaire à la personne qui le reçoit, tout en lui permettant de sentir combien le donner a fait plaisir.

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