La Pontiac: la face cachée de l’Outaouais

La Pontiac: la face cachée de l’Outaouais

Par Sylvie Ruel

Crédit photo: iStockphoto.com

Situé au sud-ouest du territoire et séparé de l’Ontario par la rivière des Outaouais, le Pontiac (du nom d’un grand chef amérindien) occupe un espace de 15 000 km2, où vivent environ 15 000 habitants; 70% de ce territoire est occupé par la plaine et la forêt. Bienvenue au pays des lacs et des rivières!

Le Pontiac, campé sur les basses terres du Saint-Laurent, commence à la fin du parc de la Gatineau, là où se termine le Bouclier canadien. À partir de Gatineau (secteur Hull), on emprunte la route 148, qui longe la rivière des Outaouais et à 1 heure environ d’Ottawa, on pénètre au cœur d’une nature intacte, loin des bruits de la civilisation. Cette route relie la majorité des villages du Pontiac. Se faufilant à travers un décor champêtre, elle est agréable à l’automobiliste, parce que peu encombrée, et jalonnée de belles fermes. Elle est aussi la préférée des motocyclistes.

Une bonne façon de découvrir la région? À vélo. L’ancienne ligne de chemin de fer, la Pontiac Pacific Junction, a été recyclée en une véloroute de 90 km, le cycloparc PPJ, qui épouse les méandres de la rivière des Outaouais, de Waltham jusqu’à l’Isle-aux-Allumettes. Le relief est relativement plat, donc accessible à toute la famille. Des aires de repos, qui offrent de superbes points de vue, sont aménagées tout le long du parcours. On peut faire le tour de l’Isle-aux-Allumettes, longue de 20 km et large de 10 km, constituée de terres agricoles et de forêts.

La région abrite de très beaux sites, comme les chutes Coulonge, munies de belvédères et de ponts suspendus au-dessus d’un canyon de 2 500 pi (769 m) de long. Ces chutes ont été le témoin des belles années de la drave. C’est à l’entrée de la rivière Coulonge que l’Écossais George Bryson obtint les droits de coupe d’un territoire qui comptait pas moins de 200 acres de bois. Le village de Fort-Coulonge, qui s’est développé à proximité, a vu grandir plusieurs générations de draveurs; il conserve encore aujourd’hui quelques traces de cette prospérité d’autrefois. On y trouve, entre autres choses, trois belles demeures ayant appartenu à la famille de George Bryson, dont l’une transformée en auberge d’époque.

À Fort-Coulonge, on peut également admirer le plus long pont couvert au Québec, le pont Félix-Gabriel-Marchand. Construit à la fin du XIXe siècle au-dessus de la rivière Coulonge, ce pont de bois, peint en rouge, a 483 pi (148,6 m) de long et il est encore accessible aux voitures.

La population du Pontiac, majoritairement anglophone, a été formée de gens venus d’Écosse, d’Angleterre, d’Irlande… Les traces de ce peuplement se lisent dans l’architecture de ses villages, dont aucun n’excède les 2 000 habitants. Dans le village de Shawville, par exemple, un circuit pédestre permet d’admirer les maisons patrimoniales: la vieille gare, la maison du médecin...

Promenades, charme d'époque et rafting!

Promenades bucoliques

Quittez la route principale et empruntez les petites routes secondaires. Les grands espaces, les paysages bucoliques, les petites maisons solitaires près desquelles coule paresseusement un ruisseau, éveilleront votre âme de poète. Beaucoup d’artistes, attirés par la tranquillité des lieux, la qualité de vie et la beauté des paysages, ont choisi de quitter la ville pour s’y installer. C’est le cas notamment du peintre brésilien Marcio Melo, qui a vécu à Gatineau et Ottawa avant d’adopter la région du Pontiac. Architecte brésilien, il a quitté son pays natal pour embrasser la carrière de peintre au Québec. Avec 16 autres artistes, peintres pour la plupart, Marcio fait partie du circuit des artistes du Pontiac. Chaque année, en début d’été, tous ces artistes ouvrent leur atelier au public. Voilà une belle façon de rencontrer les créateurs dans leur milieu tout en découvrant la région. Quelques infrastructures y sont d’ailleurs en place pour accueillir les visiteurs : Bed & Breakfast, chalets, auberges, avec quelques bonnes tables.

Le charme d’une autre époque

Vous aimeriez passer la nuit dans la chambre où a dormi sir Wilfrid Laurier? Dîner dans la salle à manger où se sont attablés députés et illustres personnages ? Une fois que vous aurez franchi la porte du 204, rue principale, à Fort-Coulonge, vous serez plongé dans la lenteur du siècle dernier. Le Spruceholme, édifice de style géorgien et néoclassique construit en 1875, non loin de la rivière des Outaouais, a été la maison de John Bryson, fils aîné de George Bryson, qui était politicien. Cette résidence cossue était destinée à y accueillir des hommes politiques et abrite aujourd'hui une auberge et un restaurant 4 étoiles.

L’entrée de la résidence, où domine un large escalier, est spacieuse. Une bibliothèque remplie de vieux livres, un grand miroir, des luminaires d’époque, une horloge grand-père deux fois centenaire, une tapisserie de Pologne datant de 1820 donnent le ton de cette vaste demeure qui a des allures de véritable musée. C’est une maison bourgeoise, où règnent le style et l’élégance.

Le Spruceholme offre aux visiteurs six chambres meublées à l’ancienne, réparties au deuxième et au troisième étage. Celle que préférait sir Wilfrid Laurier, ami de la famille, est décidément la plus invitante. Toutes les pièces de la maison sont hautes et percées de larges fenêtres. Elles sont remplies, sans être surchargées, de meubles de style ayant appartenu à la famille Bryson, de bibliothèques bourrées de vieux volumes, de luminaires anciens, d’armoires débordant de porcelaines, de vitraux et de carpettes qui donnent aux lieux une atmosphère feutrée. L’unité domine.

Le Spruceholme accueille ses clients dans 3 salles à manger: la principale, de 32 places, est pourvue d’un foyer et décorée d’une série de portraits des membres de la famille Bryson. Dans la seconde, le portrait de sir Wilfrid Laurier veille au-dessus de la grande table de bois autour de laquelle 10 convives peuvent prendre place. La troisième, plus intime, est réservée aux dîners privés. Le Spruceholme est situé à moins de 10 minutes des chutes Coulonge. En biais s’élève la très belle église presbytérienne de St. Andrew, avec son toit de cuivre et ses portes de bois sculpté. Dans la région, on peut faire du golf et de la randonnée pédestre. Le Pontiac, c’est une belle escapade à s’offrir!

Pour le rafting

Vous êtes amateur de rafting? Du printemps à l’automne, la rivière des Outaouais, qui est large et profonde, devient une destination idéale pour la descente sportive en radeau. Certains disent qu’elle serait l’une des meilleures destinations de rafting en Amérique du Nord. Dans la région, trois entreprises spécialisées pourront vous initier à ce sport.

Mise à jour: juin 2007

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Le billet d'Aline Pinxteren, Éditrice et rédactrice en chef

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