Lifting: toutes les options

Lifting: toutes les options

Par Suzanne Décarie

Crédit photo: istockphoto.com

Avec l’âge, la loi de la gravité nous rattrape ! Certaines personnes revendiquent chacune de leurs rides qui, toutes, ont leur histoire. D’autres font tout ce qui est en leur pouvoir pour différer le moment d’étaler leur passé au grand jour… Bien des choix s’offrent à elles.

On peut effacer jusqu’à 60% des ridules et des rides de surface, enlever les taches pigmentaires et resserrer le collagène avec un peeling en profondeur au laser CO2 qui, en 1 heure, donne l’effet d’un minilifting dont les effets se prolongent de 3 à 7 ans. On peut voir les rides d’expression du visage (pattes d’oies, rides du front, plis entre les sourcils…) s’estomper sous les injections de Botox qui, en paralysant temporairement (de 4 à 6 mois) certains muscles, défroissent les rides.

On peut redessiner une bouche, combler un sillon ou une ride à l’aide d’implants injectables à base d’hyaluronates, de collagène humain ou bovin, ou d’hydrogel acrylique, son effet persiste de 3 à 12 mois, quelques années pour les implants permanents). «Tout cela joue sur l’apparence de la peau, mais ne touche pas sa structure», souligne le Dr Éric Bensimon, chirurgien plasticien à la Clinique de chirurgie esthétique St-Joseph. Pour retrouver du tonus, il faut se tourner vers d’autres techniques, dont la chirurgie.

Tout doux : lifting acupunctural

«Une ride se forme selon les expressions que l’on prend, les gestes que l’on fait, la forme de notre visage, explique l’acunpuncteure Monique St-Arnault qui fait du lifting acupunctural depuis 12 ans. Quand il y a une tension entre les sourcils, par exemple, il y a toujours un relâchement ailleurs, dans ce cas-ci sur les tempes. Cela empêche l’énergie de circuler, les toxines s’accumulent et la ride se creuse. En mettant des aiguilles dans les rides, on active la circulation, tandis que les toxines sont repoussées et que liquide et nutriments réparent la peau. On détend ce qui est tendu et on stimule ce qui est relâché. On rééquilibre le visage. Le teint s’éclaircit, le visage est plus lumineux.»

Le traitement débute par un nettoyage et un massage facial qui sert à détendre les muscles et la peau du visage (Monique St-Arnault travaille en duo avec une esthéticienne). Puis, les aiguilles sont mises en place pour une quinzaine de minutes, ou plus selon la profondeur des rides, et un soin vient clore la séance.

Le nombre de séances nécessaires varie selon l’âge de la personne et l’état de sa peau. «Dans la trentaine, on travaille de façon préventive; un traitement par saison est alors suffisant. Après, une cure de quatre à huit traitements permet de voir une amélioration. Par la suite, un traitement d’entretien à l’automne et au printemps suffisent généralement, sinon on ajuste le nombre de séances selon l’état de la peau.» 

Le lifting sur fil

Le lifting sur fil

Répandu aux États-Unis, le lifting sur fil Contour est offert depuis peu ici. «Cette technique ouvre une nouvelle ère en médecine esthétique», soutient la Dre Pauline Raymond-Martimbeau, présidente de la Société canadienne de médecine esthétique et de la Société canadienne de phlébologie, et pionnière dans le domaine. Elle fait du lifting sur fil depuis plus de cinq ans et forme des médecins à cette technique de pointe qui relève de l’ingénierie - elle compare l’intervention à un pont : comme les ponts suspendus, les fils font de la suspension et de la tension - et de la haute couture, ce qu’elle connaît bien puisqu’elle a elle-même joui d’une renommée internationale en haute couture aux débuts des années 1980! Et designer, elle ne travaillait même que la peau : le cuir et le suède étaient sa spécialité.

«Le lifting sur fil est une technique simple, pratiquement non invasive, conservatrice, ajustable et réversible, résume-t-elle. L’effet est naturel: la personne ne change pas, mais semble avoir 10 ans de moins.» Pour savoir ce que vous pourriez en retirer, il suffit, paraît-il, de mettre vos doigts sur vos pommettes et de remonter. La technique consiste à insérer sous la peau des fils clairs, comme ceux utilisés en chirurgie cardiaque, qui s’agrippent au tissu à l’aide des minuscules encoches dont ils sont pourvus et qui se déploient, comme les baleines d’un parapluie que l’on ouvre, lorsque l’on tire dessus. Les fils sont ensuite attachés au cuir chevelu. «Il y a une minuscule incision qui ne se voit pas juste en haut de l’oreille.»

Paupières, joues, bajoues et cou peuvent ainsi être remontés et soutenus. Les changements sont instantanés, mais il faut de six semaines à trois mois pour voir vraiment ce que donne l’intervention. En plus de créer un effet de lift, les fils insérés activent le collagène naturel qui remodèle la figure, «ce qui donne des résultats à long terme, note la Dre Raymond-Martimbeau. La peau est plus forte, plus ferme, moins fragile.»

Cette intervention se déroule sous anesthésie locale et dure environ 1 heure. Les incisions sont si minuscules qu’aucun point de suture n’est requis. La récupération prend de quelques jours à une semaine. «Sur le coup, on est enflé, il peut y avoir un léger inconfort. Il y a une période d’ajustement pour les fils, une période d’adaptation pour les patients», dit la Dre Raymond-Martimbeau.

Marie a mis trois mois à s’y habituer. Au début elle ne dormait que sur le dos pour ne pas sentir les fils de ses joues, maintenant elle ne sent plus rien et ne regrette rien. Elle a reçu ses fils un jeudi et est retournée au boulot le lundi matin ni vu, ni connu. À 55 ans, ses joues étaient tombantes. On les lui a remontées, ce qui la rajeunit de 10 ans, assure-t-elle. Depuis, elle a laissé allonger ses cheveux et rajeuni sa garde-robe. «Ça m’a donné un coup de fouet. Je me sens mieux. Les gens me font des compliments sans vraiment savoir ce que j’ai de changé.»

«Après quelques années, on peut rajouter des fils, ou en enlever si la patiente n’aime pas ça ou souhaite autre chose, précise la Dre Raymond-Martimbeau. L’effet dure environ quatre ans, selon le nombre de fils utilisés, de l’âge de la patiente, du degré d’élasticité de la peau.» Derniers en liste, les fils Contour s’ajoutent au Curl Lift et au FeatherLift, deux autres techniques fondées elles aussi sur l’utilisation de fils qui permettent de remodeler légèrement le visage sans risque de complications, ou presque.

Complications possibles

Il arrive que le fil brise et que l’on doive le réajuster ou que la peau se resserre tant que le fil, devenu trop long, pointe et qu’on doive le couper. «On peut ressentir un léger engourdissement temporaire, ajoute la Dr Raymond-Martimbeau, il peut y avoir asymétrie, et des dépressions là où les encoches s’agrippent.» En principe, on ne sent pas les fils au toucher et on ne les voit pas. Plus le plasticien a d’expérience, meilleurs sont les résultats.

Les chirurgies

Même si le lifting a perdu de sa popularité au détriment des nouvelles techniques de rajeunissement non chirurgicales, rien ne le surpasse encore. «Nous jouons sur la charpente du visage, alors que la plupart des autres techniques jouent sur sa façade», explique le Dr Éric Bensimon. Malgré son nom, la ridectomie n'atténue pas toutes les rides d'expression. Elle ne freine pas non plus le processus de vieillissement, mais «rajeunit le visage de 5 ou 10 ans selon les patientes», poursuit le plasticien. Et l’écart se maintient: si l’on gagne 10 ans lorsqu’on a 60 ans ; à 70 ans, on aura l’air d’avoir 60 ans.

«Les techniques se raffinent, mais la pratique reste la même, dit le Dr Bensimon. On enlève l'excès de peau et de tissus graisseux, et l’on resserre certains muscles du visage et du cou.» Pour ce faire, on pratique une incision qui part de la tempe, longe le pli de l'oreille, remonte derrière le lobe, passe dans le cuir chevelu et se dirige vers la nuque. Pour le front et les sourcils, on travaille aussi par endoscopie. Plutôt que de faire une incision dans la peau du front d’une oreille à l’autre, avant de la décoller jusqu’aux sourcils, on fait de petites incisions et on travaille avec des minicaméras, ce qui laisse moins de cicatrices. L’intervention se déroule à l'hôpital ou en clinique privée, sous anesthésie générale ou locale, et dure de deux à quatre heures. Le soir même la patiente rentre à la maison, avant de revenir voir son médecin le lendemain.

À 60 ans et des poussières, Hélène a eu l’impression d’avoir pris un sérieux coup de vieux. Tout à coup, sa peau plissée s’est mise à l’agacer. Elle a rencontré son plasticien deux fois plutôt qu’une avant de se décider, lui a indiqué ce qu’elle souhaitait. Il lui a expliqué ce qu’il pouvait lui offrir et les risques qu’elle encourait; ils ont discuté. Elle a bien sûr vérifié auprès du Collège des médecins qu’il n’y avait aucune plainte contre lui.

Une fois en confiance, elle s’est lancée. Elle a non seulement l’air plus jeune, mais elle se sent plus jeune. «Ça m’a fait du bien physiquement et moralement.» C’était il y a trois ans, et elle ne l’a jamais regretté, même si la convalescence n’est pas très agréable. «Au début, mon visage était plus large que haut!», se souvient-elle. Après 10 jours, elle pouvait faire ses courses à l’abri de ses lunettes de soleil. Un mois plus tard, plus rien ne paraissait. «Mais il faut de six à huit mois pour désenfler complètement», reconnaît-elle. L’an dernier, Hélène a subi une blépharoplastie ou rajeunissement des paupières. Une intervention d’un peu plus de 1 heure.

«Plusieurs commencent par les paupières, et déjà elles voient une différence», souligne le Dr Bensimon qui considère que cette chirurgie est particulièrement efficace compte tenu de son coût, du temps de convalescence relativement court - 7 à 10 jours, comparativement à 3 semaines pour un lifting - et des risques implicites qui sont minimes. «Les gens retournent à la maison la journée même, ils sont peu souffrants et les résultats sont naturels : ils ont l’air plus en forme, moins fatigués.» On a parfois l’impression que certaines ont la peau trop tirée. «C’est difficile de trop tirer, car la peau se relâche toujours un peu, dit le Dr Bensimon. Elles ont peut-être reçu trop de traitements (lifting, laser, injections…).»

Complications possibles

Précoces : hématome (accumulation de sang), infection, sutures qui lâchent, nécrose (mort des tissus), paralysie pouvant être permanente, engourdissement local.
Tardives : asymétrie du visage, cicatrices, déformations de l’oreille, perte capillaire, irrégularités du contour cervical, hyperpigmentation de la peau, petits vaisseaux sanguins plus marqués. Toute chirurgie comporte aussi des risques d’embolie pulmonaire ou de phlébite pouvant être très graves et mener à la mort.

Le thermage

Radiofréquence : le thermage

Depuis quelques années, un appareil de radiofréquence réduit les signes du vieillissement en réchauffant les couches profondes de la peau et en raffermissant les tissus. «Il retend la peau sans chirurgie et nous aide à lutter contre la loi de la gravité», dit le Dr Guy Sylvestre, dermatologue à la Clinique de dermatologie esthétique de Montréal. Sous l’effet de la chaleur, les fibres de collagène se contractent, ce qui tend la peau, un peu comme se tasse un lainage lavé à l’eau chaude, tandis que de nouvelles fibres de collagène se forment. «Il y a donc un changement structural dans le derme qui sera durable sans être éternel, car ce collagène sera aussi victime de la gravité et du vieillissement que le soleil induit à la peau.»

Avant le traitement, qui dure de 15 à 40 minutes selon la superficie traitée, on applique une crème anesthésiante sur la peau, afin de mieux tolérer la sensation de brûlure ressentie chaque fois que l’appareil effleure la peau en libérant l’énergie des radiofréquences qui réchauffe et resserre le collagène des couches profondes. Pour protéger la peau, on administre un refroidissement par vaporisation avant, pendant et après chaque application de l’instrument. On peut reprendre ses activités tout de suite après le traitement qui n’exige aucune convalescence, mais peut laisser une rougeur sur la peau, comme un coup de soleil, qui disparaît assez rapidement.

En resserrant la peau du visage, les paupières semblent moins lourdes, le regard s’agrandit, les plis du bas du visage s’estompent, l’ovale est mieux défini, les bajoues et le double menton s’atténuent. L’effet n’est pas instantané, mais se manifeste progressivement en deux à six mois. «Actuellement, près de 80% des personnes ont de bons résultats avec un seul traitement, dit le Dr Sylvestre. Pour les autres, on fait un deuxième traitement. Les résultats varient d’un individu à l’autre. Les gens dont la peau est plus épaisse, et qui ont donc un compartiment de collagène plus épais, absorbent mieux la chaleur que ceux qui ont la peau mince et répondent mieux au traitement dont les effets durent au moins quatre ans, peut-être plus, nous le saurons avec le recul.»

Avant de prendre une décision

Avant de prendre une décision

Se questionner sur ses motivations : cette intervention peut-elle changer ma vie? Suis-je prête à assumer les risques et l’impact tant positif que négatif de cette intervention? Vais-je pouvoir vivre avec le regard des autres? Vais-je me reconnaître?

Bien s’informer avant de choisir
: obtenir plusieurs avis médicaux et éviter surtout la confiance aveugle; s’assurer que les médecins consultés ont une formation en chirurgie plastique et esthétique.

Attention aux attentes irréalistes
: aux risques physiques s’ajoute l’impact psychologique; il y a risque de dépression postopératoire, que l’intervention soit ratée ou réussie.

Prendre ses propres photos
avant et après l’intervention et les dater, même si un médecin prend des photos; elles pourront servir de preuves, le cas échéant.

Attention à vos droits!
Avant chaque intervention, les patientes doivent signer un formulaire de décharge. Ce dégagement de responsabilité n’est pas valide devant la loi, car nul ne peut exiger un renoncement à vos droits.

Refuser qu’un autre médecin
que celui consulté effectue l’opération et ne signer aucune clause à cet effet. Il est plutôt préférable de reporter la date de l’intervention.

Source : Chirurgie esthétique, du rêve au cauchemar, Réseau québécois d’action pour la santé des femmes. www.rqasf.qc.ca

mise à jour: 2007-06-21

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