Quels dividendes pour hausser mon revenu?

Quels dividendes pour hausser mon revenu?

Par Dominique Lamy

Crédit photo: iStock

Les dividendes sont une rentrée d’argent périodique dans nos comptes de courtage. Un revenu passif, pour bonifier notre projet de retraite, pourquoi pas?

Marc (nom fictif), 45 ans, ne jure désormais que par les entreprises cotées en Bourse qui versent des dividendes. Ce père de famille a commencé, il y a quelques années, à cotiser au Régime enregistré d’épargne-retraite (REER) et au Compte d’épargne libre d’impôt (CELI). «J’apprécie notamment la simplicité de leur mécanique fiscale: les gains en capital réalisés, les intérêts gagnés, les dividendes encaissés, bref, tous les profits engendrés demeurent à l’abri de l’impôt, à vie pour le CELI et jusqu’au retrait pour le REER», résume-t-il.

Alors que l’inflation, la hausse des taux d’intérêt et le risque d’une récession éventuelle minent notre portefeuille, la quête d’un revenu bonifié prend toute son importance.

«Recevoir de telles entrées d’argent à intervalles périodiques me permet également de patienter et de mieux gérer mes émotions liées à la volatilité des marchés», renchérit Marc.

N’ayant pas accès à un régime de retraite de son employeur – il est travailleur autonome –, l’idée de se constituer lui-même l’équivalent d’une rente lui semble être une bonne stratégie à adopter. «Pour chaque tranche de 100 000 $ d’actifs que je possède, j’obtiens 5 % en dividendes par année, en moyenne, en provenance des sociétés détenues en portefeuille», constate-t-il.

Pour un épargnant à la retraite dont le pécule boursier avoisine les 500 000 $, le revenu annuel de dividendes obtenu à ce taux serait alors de 25 000 $, soit 6 250 $ par trimestre ou l’équivalent de plus de 2 083 $ par mois. Comme mentionné précédemment, chaque type de compte (le non-enregistré, notamment) impose ses propres particularités fiscales. Mais puisque la fiscalité n’est pas à l’ordre du jour aujourd’hui, revenons à nos moutons: les titres à dividendes!

Sous la loupe

Le dividende, c’est une somme périodique versée par une entreprise, un montant qui aboutit dans notre compte de courtage lorsqu’on détient une participation en actions dans cette société. Cet argent ne tombe donc pas du ciel! Cette distribution en espèces est prélevée à même les bénéfices de l’organisation, cette dernière choisissant de verser une fraction de ses profits aux actionnaires plutôt que de réinvestir les liquidités dans sa croissance.

Ce ne sont pas toutes les sociétés qui en versent. Certaines entreprises en déclarent périodiquement – mensuellement ou trimestriellement – depuis des années ou des décennies. D’autres déclarent plutôt des dividendes spéciaux lorsque les circonstances le permettent et qu’elles se retrouvent, à titre d’exemple, avec un surplus de liquidités à la suite de la vente d’une division.

Mais comment s’assurer de recevoir le dividende d’une société que l’on détient? La réception se fait de façon automatique si on y est admissible. Il suffit de détenir l’action avant la date dite «ex-dividende». En achetant le titre avant celle-ci, on se retrouve automatiquement dans les registres de la société à titre d’actionnaire inscrit pour recevoir la somme en question. Et si l’action est plutôt achetée à la date ex-dividende ou après celle-ci? Dans ce cas, nous ne sommes pas admissibles au prochain versement, mais nous pourrions l’être au suivant si on détient toujours le titre.

L’exemple de BCE

Pour connaître le rendement en pourcentage que procure le dividende annuel par action, il suffit de le diviser par le cours actuel du titre puis de multiplier le résultat par 100. Prenons l’exemple du fournisseur de télécommunications BCE inc. (BCE-T). L’entreprise verse un dividende annuel de 3,68 $ par action (0,92 $ par trimestre). Puisque le cours actuel du titre est de 64,70 $ au moment de rédiger ces lignes (juillet 2022), le rendement attendu en dividendes est de 5,69 %.

Le secteur des télécommunications est reconnu pour sa résilience. Beau temps, mauvais temps, la clientèle a besoin d’un téléphone intelligent, d’une connexion à internet et d’un système de sécurité pour la maison, à titre d’exemple. Les titres de Telus (T-T) et de Quebecor (QBR.B-T) obtiennent la faveur d’une majorité d’analystes, et le rendement attendu du dividende est de 4,59 % et 4,22 % respectivement.

Cela dit, bien évidemment, à des fins de diversification, les sociétés détenues en portefeuille doivent provenir de plusieurs secteurs d’activité différents.

Pistes de réflexion

«Pour l’investisseur à la recherche de dividendes, les six grandes banques canadiennes sont une option intéressante», constate Jason Laliberté, associé et gestionnaire de portefeuille pour Nymbus Capital. Elles versent des dividendes offrant des taux de rendement de 4,10 % à 5,28 %. «Étant de nature cyclique, toute banque est cependant vulnérable à un ralentissement économique. Il n’en demeure pas moins que les banques canadiennes sont parmi les plus solides au monde: ainsi, elles sont à considérer dans le contexte actuel de volatilité élevée», explique le gestionnaire.

Le secteur de l’énergie est aussi un poids lourd de la Bourse de Toronto. Alors que le prix du baril de pétrole s’est envolé en début d’année, les prix à la pompe ont suivi la même tangente. Plusieurs sociétés ont alors bénéficié de flux de trésorerie excédentaires: elles en ont profité pour réduire leur endettement et choyer leurs actionnaires.

Un investissement dans ce secteur est un pari sur le prix de la matière première et le renforcement de la demande. Warren Buffett, par l’entremise du conglomérat Berkshire Hathaway, accumule d’ailleurs des actions du géant Occidental Petroleum (OXY-N) depuis 2019. Sa participation s’élève désormais à environ 20 %: plusieurs supposent ainsi que l’investisseur légendaire mise contre les probabilités d’une récession prochaine.

Dans le contexte actuel, le secteur des services publics et des fournisseurs d’électricité réagit de belle façon aux soubresauts du marché. Les quatre principales sociétés réglementées au pays – Fortis (FTS-T), Emera (EMA-T), Hydro One (H-T) et Canadian Utilities (CU-T) – semblent par contre s’échanger à de riches valorisations actuellement. Dans un marché baissier, elles servent bien souvent de refuge aux investisseurs. Et leurs dividendes sont reconnus pour leur pérennité!

Dans un autre ordre d’idées, les actions privilégiées canadiennes à taux révisable peuvent également s’avérer un choix pertinent dans un contexte de hausse des taux d’intérêt. «Leurs dividendes sont ajustés tous les cinq ans en se basant sur le taux des obligations cinq ans du gouvernement du Canada», explique Jason Laliberté.

Mais attention! Ces titres, considérés comme du revenu fixe, sont toutefois plus volatils que des obligations. «Il faut rester prudent et ne pas leur donner une trop grande pondération dans le portefeuille», nuance l’expert.

Finalement, certains fonds négociés en Bourse (FNB) permettent d’obtenir une saine diversification à faible coût et d’empocher de juteux dividendes au passage. Ils sont parfois conçus à l’aide de stratégies plus complexes, entraînant ainsi un ratio de frais de gestion (RFG) plus élevé qu’un FNB indiciel. Pour faire un choix éclairé à ce chapitre, lisons le prospectus, assurons-nous de comprendre le produit choisi et vérifions les principaux titres boursiers qui figurent dans ce panier pour éviter de dédoubler une position déjà existante en portefeuille.

Le piège classique

Méfions-nous d’une entreprise qui verse une trop grande proportion de ses bénéfices sous forme de dividendes ou qui surpasse de façon exagérée le rendement proposé par ses concurrents du secteur. «Ce n’est pas nécessairement le gage d’un bon placement», constate Marc. Au début de la pandémie, plusieurs sociétés ont dû charcuter les versements habituels à leurs détenteurs d’actions. «Ça pince», grimace-t-il. Mieux vaut, peut-être, choisir un rendement de dividende plus faible et durable au départ, et appelé à croître dans le temps.

Pour estimer si le dividende actuel est soutenable, le ratio de distribution est l’une des mesures à utiliser. Divisons le dividende annuel versé par le bénéfice par action réalisé pour la même période. On obtient un chiffre en pourcentage: plus il est bas, mieux c’est!

L’art de bien choisir

«Les critères de sélection à utiliser pour évaluer les titres à dividendes devraient être identiques aux critères utilisés pour les titres qui n’en versent pas. Analysons d’abord la qualité, la rentabilité et l’évaluation des entreprises concernées», explique à son tour Gabriel Cefaloni, chef de placements pour Nymbus Capital.
Il y a d’ailleurs certains mythes à déboulonner à ce sujet. «Plusieurs investisseurs pensent que les sociétés qui versent des dividendes sont moins risquées ou qu’elles recèlent de meilleures chances de générer des rendements stables: ce n’est pas nécessairement le cas», renchérit-il.

Dans le contexte actuel, la sélection judicieuse de titres importe donc plus que jamais. «Même si l’on souhaite se constituer un revenu de dividendes, il ne faut pas que ce seul objectif affecte notre processus d’analyse», dit-il. L’idéal demeure de rechercher des sociétés rentables dotées d’un bilan solide, qui nagent dans les liquidités et dont l’endettement est faible. Ainsi, peu importe l’état de l’économie, ces entreprises seront en mesure d’honorer leurs engagements envers leurs actionnaires.

Immobilier: 4 titres à dividendes mensuels

Plusieurs fiducies de placement immobilier (FPI) ou, en anglais, real estate investment trust (REIT) versent des distributions mensuelles à leurs actionnaires. Voici quatre grands acteurs du secteur et le rendement annuel du dividende versé (%) par chacun d’eux:
- Choice Properties REIT (CHP.UN-T), 5,19 %;
- Allied Properties REIT (AP.UN-T), 5,12 %;
- Canadian Tire REIT (CRT.UN-T), 5,10 %;
- Riocan Real Estate Unit (REI.UN-T), 4,96 %.

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