Conduire… jusqu’à quel âge?

Conduire… jusqu’à quel âge?

Par Isabelle Bergeron

Crédit photo: iStock Photo

«Depuis quelques années, on remarque un engouement chez les personnes âgées pour notre programme Bonne route! Ma conduite automobile actualisée, confie Lynda Guenette, directrice de l’Association québécoise des retraités des secteurs public et parapublic (AQRP). Il a toujours été populaire, mais il l'est encore plus depuis qu’on l’a revampé.» Le programme, d’une durée de six heures, est une actualisation des notions théoriques entourant la conduite automobile. Il est offert un peu partout au Québec, et s’adresse aux personnes retraitées qui souhaitent se rafraîchir la mémoire. «Le programme est adapté aux situations que l’on peut vivre en vieillissant, précise la directrice. Par exemple, les effets de certains médicaments, la détérioration des facultés cognitives et sensorielles, les maladies qui peuvent avoir un impact sur notre conduite, comme l’arthrite.» 

En effet, qu’on le veuille ou non, on ne peut ignorer l’impact possible des années sur notre conduite automobile. Un constat qui n’est pas toujours facile à faire, surtout si on se voit obligé de modifier nos habitudes de conduite, voire de cesser complètement d’utiliser notre automobile. «Pour beaucoup de gens, conduire fait partie de leur identité, surtout chez les hommes, observe le Dr Jimmy Dow, conseiller médical en sécurité routière à la SAAQ. Quand on reçoit un avis de suspension du permis, ce n’est pas une bonne nouvelle. Remarquez, plusieurs personnes vont arrêter de conduire avant de recevoir un tel avis, parce qu’elles savent pertinemment qu’elles ne sont plus aptes à le faire, principalement à cause des facultés cognitives altérées.» Avant d’en arriver là, toutefois, bien des moyens peuvent être mis en œuvre pour prolonger notre vie d’automobiliste. 

Les obstacles… et comment les gérer!

-> Les médicaments

Plusieurs médicaments entraînent des effets qui nuisent à la conduite, dont de la somnolence, une vision floue ou des étourdissements. On se renseigne auprès de notre pharmacien. Et si on prend plus d’un médicament, on s’informe aussi sur les interactions possibles et leurs effets. Enfin, comme les effets secondaires disparaissent souvent après un certain temps, on s’organise en prévoyant nos déplacements. Par exemple, si on doit se rendre à un rendez-vous à 15 h, on évitera de prendre notre médicament juste avant. Sans oublier toutefois que, dans certains cas, ne pas prendre ses médicaments peut être tout aussi dangereux que l’inverse. 

-> L’alcool

Avec l’âge, des changements inévitables au niveau des reins, du foie, du système cardiovasculaire et du cerveau réduisent l’efficacité du processus d'élimination et peuvent provoquer une augmentation de la sensibilité aux effets de l'alcool. Ces changements s’accentuent avec les années: les effets de la consommation d'alcool deviennent plus prononcés avec le temps et durent plus longtemps. Pour être tout à fait sûr du délai à respecter avant de reprendre le volant lorsqu’on a consommé de l’alcool, on s’informe auprès de notre médecin. Par ailleurs, l’interaction de certains médicaments avec l’alcool peut en décupler les effets néfastes. On se renseigne!

-> Nos yeux

Même si on a 75 ans et qu’on voit encore très bien, notre vision se modifie sensiblement avec les années. Par exemple, un conducteur de 80 ans percevra environ 16 fois moins bien la lumière qu’un conducteur de 20 ans! Le champ visuel et la sensibilité à l’éblouissement seront aussi affectés. C’est pourquoi il est essentiel de passer un examen de la vue au moins une fois par année, ou dès que l’on perçoit des changements dans notre vision. Aussi, certains trucs peuvent aider à notre vue, comme un ajustement adéquat des rétroviseurs et un bon entretien des phares de la voiture. Préférablement, on évite aussi l’air trop sec dans la voiture. 

-> Notre forme physique

Bien sûr, conduire une voiture n’exige pas un entraînement olympique! Mais cela requiert quand même qu’on puisse être assez mobile pour pouvoir vérifier nos angles morts ou boucler notre ceinture, assez fort pour manipuler le volant ou peser sur les pédales, et assez agile pour actionner les essuie-glaces ou les clignotants. Bref, on doit être en assez bonne forme pour conduire; aussi, il importe d’y investir un peu de temps. L’Agence de santé publique du Canada recommande, pour les 65 ans et plus, 2,5 heures d’exercices aérobiques par semaine et deux séances d’exercices plus musculaires, afin de préserver une bonne posture et une bonne tonicité. Quelques exercices d’étirement pour rester souple sont également indiqués, mais toujours en respectant nos limites et nos capacités. Le CAA suggère une série d’exercices simples pour y arriver sur le site conducteursâgés.caa.ca, sous l’onglet «La forme physique et la conduite».

-> Notre forme mentale

Garder notre esprit alerte est tout aussi important! 

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