Revoir son ex: c’est oui ou c’est non?

Revoir son ex: c’est oui ou c’est non?

Par Caroline Fortin

Crédit photo: iStock

Ça peut être tentant de retrouver un amour de jeunesse ou de découvrir ce qu’est devenue une ancienne flamme. Dans ce cas comme en toute chose, c’est l’intention qui compte. Voici l’avis de deux psys… à lire avant de passer à l’action!

Grâce aux réseaux sociaux, retracer une personne qui a compté dans notre vie n’a rien de compliqué ; c’est peut-être même devenu trop facile! Voici les questions à se poser pour comprendre ses propres motivations.

Pourquoi est-ce si intrigant?

D’abord, parce que ce qui est connu rassure. « Notre cerveau a associé cette personne à des éléments de plaisir. En outre, le risque de rejet est moindre en retournant vers quelqu’un de qui on a déjà été amoureux et qui nous a aimé qu’avec un pur inconnu », dit le psychologue François St Père, auteur d’Amoureux et heureux malgré nos différences.

À ce propos, il faut aussi mentionner qu’un souvenir peut être plus séduisant que la réalité actuelle. «Un amour de jeunesse, par définition, est circonscrit dans le temps, ajoute François St Père. Il n’a pas été entaché par le fait d’avoir des enfants, de partager des responsabilités et des obligations financières. La connaissance de l’autre est plus limitée, forcément, que celle d’une personne avec qui on a fondé une famille et passé 10, 20 ou 30 ans, ce qui fait qu’on a tendance à conserver une vision idéalisée de cette ancienne flamme et de ce qu’aurait pu être cette relation amoureuse.»

Ce qu’il faut se demander

La curiosité peut bien sûr inciter une personne à retourner vers son passé, mais si elle est en couple, attention! «Ça signifie qu’elle est à la recherche d’autre chose que ce qu’elle vit et que la rupture plane, puisqu’elle est en train d’ouvrir une porte ailleurs. Il faut donc se poser les bonnes questions et décider consciemment de prendre le risque – ou pas – de transformer sa vie actuelle», résume la psychologue Rose-Marie Charest. Car il est évident que le partenaire actuel n’accueillera pas ces démarches avec sérénité… «Comme il y a déjà eu un sentiment amoureux, en général, ça va entraîner de la jalousie chez le conjoint en semant le doute dans sa tête : et si l’attirance passée se réveillait? Il s’agit donc d’une démarche que la personne doit entreprendre en tenant compte de tous les angles possibles», ajoute-t-elle.

Autre aspect à considérer: l’ancienne flamme en question est-elle célibataire? «Si on voit sur les réseaux sociaux que cet amour de jeunesse est en couple et semble plus ou moins heureux, donc plus vulnérable, lui manifester de l’intérêt peut entraîner des complications importantes, prévient François St Père. Prendre une telle initiative dans un dessein amoureux, c’est manquer de considération pour l’autre.»

Un conseil: bien évaluer pourquoi on a envie de reprendre contact avec cette personne. «Est-ce parce qu’on a besoin de comprendre quelque chose? Il se peut que cette relation se soit terminée de façon troublante, ou dans la colère, et qu’on ait envie de faire la paix, de mieux saisir ce qui s’est passé. Il faut aussi se demander ce qu’on attend d’une telle rencontre», précise Rose-Marie Charest.

Le pour et le contre

Qui ne risque rien n’a rien, mais qui se mouille risque d’être déçu. «Et à plusieurs niveaux, estime François St Père. Le plus évident, c’est l’effet du temps sur le corps et la personnalité.» Ce n’est pas parce que Gilles ou Marie-Ange paraît bien sur sa photo de profil qu’il ou elle nous plaira en personne. «On peut aussi avoir des surprises, surtout si la relation n’a pas duré longtemps et qu’on ne connaît donc pas la personne sous toutes ses facettes. Par exemple, une personne jadis perçue comme relax et légère peut s’avérer contrôlante au quotidien», ajoute-t-il.

La déception peut également être de nature émotive. «Cette rencontre va certainement susciter des émotions, tant négatives que positives, note Rose-Marie Charest. C’est un peu comme si on regardait notre propre vie à travers cette personne: le temps qui s’est écoulé, les choix qu’on a faits. On peut avoir l’impression d’être passé à côté de quelque chose en ne poursuivant pas cette relation.» On peut également ressentir de l’amertume en constatant que cet amour de jeunesse est devenu la meilleure version de lui-même ou d’elle-même et que c’est quelqu’un d’autre qui en a profité. «En vieillissant, on vit des expériences qui nous transforment, mais on ne devient pas pour autant une autre personne. On peut alors se retrouver dans la même dynamique qu’auparavant et revivre un échec», ajoute la psychologue.

Bref, ces retrouvailles peuvent produire de multiples effets. «On peut être très impressionné par le parcours de la personne ou, à l’autre extrême, se demander ce qu’on lui trouvait. Mais le plus probable, c’est que ça se situe entre les deux, commente Rose-Marie Charest. Il y a des choses qu’on va trouver belles dans son cheminement, et d’autres plus décevantes. Une chose est sûre, cependant : retrouver son amour de jeunesse ne signifie pas recouvrer sa jeunesse. Il ne faut pas penser qu’on va se retrouver dans le même état qu’à l’époque.»

Foncer ou renoncer?

En tête des risques liés à recontacter ce premier amour trône la possibilité d’être déçu. «Quand ça fait longtemps qu’on a vu quelqu’un, l’imaginaire occupe une place extrêmement grande, à laquelle se confronte la réalité, affirme Rose-Marie Charest. Ensuite, il faut savoir si on est prêt à revivre une relation avec cette personne, quelle orientation on voudrait lui donner, puis se demander ce qui ferait en sorte que ce qui n’a pas fonctionné la première fois fonctionnera cette fois-ci.»

Par ailleurs, au sommet des motifs de foncer, il y a les bases qu’on partage avec notre ancienne flamme. «Si on a déjà eu des points en commun, il y a des chances qu’on en ait encore, poursuit la psychologue. L’amour peut renaître parce qu’il a déjà des racines. Ce n’est cependant pas automatique, voilà le message à retenir.»

Et si les deux parties sont désireuses de renouer, pourquoi alors ne pas plonger? «Si, d’un côté comme de l’autre, les anciens amoureux ont évolué dans le même sens sur le plan des valeurs, des intérêts, de ce qui est important, alors ils peuvent être compatibles. Et quand les enfants sont devenus adultes, leurs parents sont moins pris dans la quotidienneté», fait valoir François St Père. Rien n’empêche alors les tourtereaux d’âge mûr d’écrire un nouveau chapitre de leur histoire.

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