J’exprime mes vraies émotions

J’exprime mes vraies émotions

Par Ève Martel

On entend parfois dire que le bonheur est un choix et qu’il faut sourire à la vie sans se poser de questions. Surprise! Les pensées positives peuvent aussi avoir un côté toxique.

Quand nous nous sentons triste, quand la colère ou la mélancolie nous envahit, la dernière chose que nous souhaitons entendre, c’est: «Voyons, tu as tout pour être heureux. Ressaisis-toi!» En quelques mots, nos émotions sont niées. Nous nous sentons coupable, en perte de contrôle, encore plus bas que la case Départ. À écouter ces gens pourtant bien intentionnés, tout ce que nous ressentons serait évitable, car il suffit de vouloir être heureux pour l’être!

Récemment, j’ai eu à faire une mise au point avec une amie. Elle ne comprenait pas pourquoi j’étais stressée et triste cet été, alors que mon quotidien semblait parfaitement doux. «Me semble que ça va bien… Tu as des contrats, de bons amis. Sois donc heureuse!» Je lui ai expliqué que je devais vivre mes émotions, même si elles étaient handicapantes, et ne pas les cacher derrière un vernis de faux bonheur. En les exprimant, en découvrant leur source plutôt qu’en me tournant vers des mirages, j’allais mieux les comprendre et les faire disparaître peu à peu. Certains gestes m’ont permis d’y arriver… 

Verbaliser le droit aux émotions moins joyeuses

Si vos proches tentent de vous réconforter en vous incitant à sourire, remerciez-les, puis dites-leur que vous êtes en train de cheminer. Nous sommes des êtres complexes. Travailler sur soi implique de faire face à la réalité. Demandez plutôt aux gens qui vous parlent uniquement de bonheur de vous écouter et de vous encourager à trouver l’équilibre de manière authentique. Leur soutien demeure important. 

Ne pas forcer la bonne humeur 

Il n’est pas sain de tout repousser au fond de nous en se plaquant un sourire au visage. Il faut faire la différence entre voir le beau côté des choses et se contraindre à être joyeux quand on a surtout envie de se rouler en boule dans son lit. Imposer une pensée positive ne sera pas utile à votre cheminement. Elle détournera votre attention des apprentissages que vous pourriez faire sur vous en décodant ce qui vous perturbe.

Faire face aux mauvais moments

Se répéter qu’on va bien alors que notre tête est dans un tourbillon ne nous mènera pas à une bonne conclusion. Dans le fond, c’est comme une armoire remplie de contenants de plastique. Je pourrais me dire que son contenu ne dégringolera pas sur moi quand je l’ouvre et faire semblant que tout est en ordre. Mais ce qui me ferait vraiment du bien, ce serait de l’ouvrir lentement, de ranger les objets et de sentir que j’ai mis derrière moi une tâche harassante en passant à l’action. Videz votre armoire dès aujourd’hui, sans vous mentir et en suivant votre rythme!

Mes nouveaux réflexes 

-> J’affirme que les émotions moins roses sont valides.

-> Je ne me force pas à être de bonne humeur.

-> Je ressens les émotions négatives en pleine conscience pour les éliminer au plus vite.

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