Grandes entrevues Le Bel Âge: Kathy Reichs

Grandes entrevues Le Bel Âge: Kathy Reichs

Par Betty Achard

Crédit photo: Marie-Reine Mattera

Bel Âge – Vous auriez écrit votre premier livre à 9 ans?

Kathy Reichs – J’en ai même écrit deux, illustrés en couleur! Mais, compte tenu du peu d’encouragements de mon professeur, qui m’a seulement fait remarquer que je n’aurais pas dû écrire le mot «Fin», je n’ai pas persisté… 

BA – Vous y avez renoncé pour longtemps, puisque votre vrai premier roman, Déjà Dead, n’a été publié qu’en 1998. Que s’est-il passé entretemps? 

Après des études en littérature, je me suis consacrée aux sciences, en particulier à l’anthropologie judiciaire, devenue mon métier et ma passion. Je travaille un peu partout dans le monde à l’identification de restes humains grâce à l’analyse des os. J’ai aussi fondé une famille et eu trois enfants! 

BA – La conciliation travail-famille n’a pas dû être simple? 

KR – En réalité, j’ai eu la vie de toutes les femmes qui exercent un emploi. Lorsque j’ai commencé à écrire des romans inspirés de mon expérience professionnelle, mes enfants étaient déjà grands. 

BA – D’ailleurs, n’écrivez-vous pas en collaboration avec deux d’entre eux? 

Oui. Brendan et Kerry étaient avocats, et ils ont opéré un virage de carrière. Mon fils Brendan m’a suggéré que nous écrivions ensemble une «série mystère» pour les enfants. Nous ne voulions pas parler de vampires ni de zombies, mais désirions plutôt susciter, chez les 10 ans et plus, l’envie de résoudre des énigmes par le truchement des sciences. Ça a donné Viral. 

BA – Avez-vous une technique particulière d’écriture? 

Je choisis d’abord une idée centrale, l’emplacement où se déroulera l’action, puis la partie scientifique qui contribuera à résoudre l’énigme. Ensuite, j’écris, de 8 h à 17 h. Le travail est la seule discipline valable à mes yeux. 

Grandes entrevues Le Bel Âge: Kathy Reichs (suite)


BA – Pourquoi vous être tournée vers l’écriture pour les jeunes alors que votre oeuvre est plutôt sombre? 

KR – J’ai appris que des enfants lisaient mes romans policiers et regardaient la série Bones, qui en est inspirée. Cela ne me paraissait pas approprié pour leur âge. Alors, j’ai eu envie d’écrire quelque chose pour eux. Quant à ma fille Kerry, elle avait déjà écrit des romans avant que nous commencions à travailler ensemble. Nous en sommes maintenant à notre troisième collaboration sur Bones. 

BA -Vous êtes en pleine conception de votre 19e roman. Vous arrive-t-il de penser à cesser d’écrire? 

KR – Arrêter, non. Ralentir, peut-être. Le rythme de deux livres par an, un pour adultes, un pour jeunes, est essoufflant! Et j’ai six petits-enfants que je souhaiterais voir plus souvent. 

BA – Durant votre double carrière, vous est-il arrivé d’avoir peur? 

KR – Une fois seulement, après la publication de mon troisième roman qui se déroulait dans le milieu des motards, alors qu’un journaliste québécois avait été victime d’un attentat. Je m’efforce d’être toujours prudente et très discrète sur ma vie personnelle. 

BA – Vous avez déjà fait dire à l’un de vos personnages que, pour se stationner à Montréal, il fallait un diplôme en génie civil. Le pensez-vous encore? 

KR – Plus que jamais, surtout en hiver! Mais ça ne m’empêche pas d’apprécier énormément cette ville!

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