Piqûre de rappel

Piqûre de rappel

Par Aline Pinxteren

Crédit photo: Laurence Labat

Cet éditorial, je voulais le titrer «Ça va bien aller», la phrase accompagnée d’un arc-en-ciel que les Italiens ont affichée aux fenêtres en début de confinement. Or, la situation évolue de jour en jour. Où en serons-nous quand vous me lirez? Ces mots auront-ils encore du sens? La pandémie bouscule tellement de choses qu’on ne sait plus trop quoi penser. Parfois, j’ai l’impression d’avoir basculé du jour au lendemain dans un film, dans une autre réalité…

Dans ce numéro, «normalement», nous lancions notre campagne annuelle On jase-tu? contre l’isolement social, d’où la mise à la une de nos deux fabuleuses porte-parole, Marie-Claude Barrette et France Castel. Si les rassemblements du 2 mai sont reportés de quelques mois, nous avons toutefois maintenu cette couverture et leur entrevue, davantage de gens encore se sentant isolés en ce moment, entre les partys de famille annulés, les amis confinés et l’anxiété de vivre sans proches à ses côtés.

Plus de solitude, mais aussi, étrangement, plus de solidarité partout. Notre course en avant s’est brutalement arrêtée. Contraints de ralentir, on recommence à regarder autour de nous, solidaires du boucher pas loin, qui fermera boutique si on ne le soutient pas par nos achats, solidaires de la voisine enfermée qui n’a pas internet et ne parvient pas à faire son épicerie, solidaires du personnel soignant, des éboueurs, camionneurs, facteurs, livreurs et travailleurs clés de voûte de notre communauté, solidaires également en suivant les consignes, pour protéger les autres.

Ce vaccin d’humanité n’éradiquera peut-être pas le coronavirus, mais c’est toute une piqûre de rappel: on se pose, on prend le temps d’appeler ceux qu’on aime, on réalise à quel point la vie est précieuse… Il y aura des drames, des faillites, des peurs. Il y a tant de doux aussi. Chaque geste compte, nous rappelle souvent le gouvernement. Ces mots ne valent pas qu’en prévention de la propagation. Chaque sourire qu’on donne, chaque regard qu’on porte, chaque aide qu’on propose, c’est autant d’humain et de beau qui revient dans le tourbillon de notre nouveau quotidien. Plus présents les uns pour les autres, les uns aux autres. Oui, on sortira de tout ça différents, mais on s’en sortira ensemble.

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