Que faire quand on a mal au genou?

Que faire quand on a mal au genou?

Par Jacqueline Simoneau

Crédit photo: iStock

Marcher, se lever, s’asseoir, s’accroupir: pour exécuter ces mouvements, les genoux jouent un rôle crucial. Une douleur dans une de ces deux articulations risque de perturber sérieusement les activités quotidiennes. Vivement des solutions pour aller mieux rapidement!

Les causes de la douleur

Avant de penser à traiter un inconfort au genou, il faut d’abord trouver son origine. Trois pistes parmi les plus fréquentes.

L’arthrose. D’après le Dr Pascal-André Vendittoli, chirurgien-orthopédiste et professeur de chirurgie à l’Université de Montréal, la majorité des douleurs aux genoux après 50 ans sont liées à l’arthrose, une affection caractérisée par l’usure progressive du cartilage protégeant les articulations. « Outre le vieillissement, une utilisation répétée d’une articulation, certaines blessures antérieures et un surplus de poids peuvent favoriser son développement », précise-t-il.

Les traumatismes. «Un choc ou une blessure au genou, provoqué notamment par une chute, un coup ou un faux mouvement, de même qu’un changement dans les activités quotidiennes (on se remet au jardinage après des mois de sédentarité, par exemple) vont souvent entraîner une inflammation du genou», souligne le physiothérapeute Pascal Gagnon. La fracture, l’entorse, la tendinite, la synovite et la bursite font partie des problèmes fréquemment rencontrés.

La douleur référée. Dans certains cas, la douleur au genou peut être causée par des problèmes liés à d’autres articulations telles que celles de la hanche ou du dos.

Une consultation avec un professionnel de la santé permettra de comprendre l’origine de notre douleur et de proposer la solution la plus adaptée pour la soulager.

Gérer la souffrance

En tête de liste, les analgésiques oraux (tels que l’acétaminophène) et topiques. «Il y a deux types d’analgésiques topiques: ceux contenant un médicament anti-inflammatoire (ex. Voltaren) et ceux renfermant un contre-irritant comme le camphre et le menthol (ex. Antiphlogistine), qui dégagent une sensation de chaud ou de froid, explique le pharmacien Yann Gosselin-Gaudreault. Les contre-irritants n’agissent pas sur l’inflammation, mais plutôt en détournant l’attention du cerveau de la douleur.»

Les anti-inflammatoires oraux sont également bénéfiques, mais ils ne conviennent pas à tout le monde en raison de leurs effets secondaires.

Si ces médicaments ne fonctionnent pas, le médecin peut prescrire des infiltrations de cortisone ou d’acide hyaluronique (viscosupplémentation), dans les cas d’arthrose, par exemple. Enfin, lorsque les traitements conservateurs sont inefficaces, une opération chirurgicale visant à remplacer l’articulation avec une prothèse s’impose.

«Selon un consensus de l’American College of Rhumatology et de l’American Association of Hip and Knee Surgeons, il ne faut pas prolonger inutilement les traitements conservateurs chez une personne présentant une invalidité importante dans le but de retarder la chirurgie, affirme le Dr Vendittoli. De nos jours, les techniques opératoires sont plus performantes et le taux de complication est inférieur à 2%. Les gens retrouvent rapidement une belle qualité de vie.»

S’activer est la clé!

Ce n’est pas parce qu’on a mal qu’il faut rester allongé ou assis. Au contraire ! Selon Pascal Gagnon, physiothérapeute, il faut bouger – dans les limites de sa douleur – afin de préserver la souplesse et la mobilité des articulations. Plus étonnant encore, bouger apaise la douleur grâce à la production d’endorphines.

Chaud ou froid?

Il n’y a pas de consensus à ce sujet. En règle générale, il est recommandé d’appliquer du froid pendant les premières 24 à 48 heures pour réduire l’inflammation, puis de la chaleur pour apaiser la douleur. Cependant, de plus en plus experts conseillent d’y aller avec ce qui nous soulage le mieux.

Approches naturelles

Plusieurs produits naturels et suppléments, dont la glucosamine et le curcuma, sont ciblés pour leurs propriétés anti-inflammatoires. Qu’en est-il vraiment? «La glucosamine peut aider certaines personnes souffrant d’arthrose, déclare Yann Gosselin-Gaudreault. Toutefois, elle n’agit pas instantanément et son efficacité est souvent limitée. Mais étant donné qu’elle cause peu d’effets secondaires, il n’y a pas de mal à l’essayer.»

La prudence s’impose toutefois avec les autres produits naturels. Selon le Dr Vendittoli, le problème consiste souvent à trouver le bon dosage: «Par exemple, le curcuma peut apporter un léger soulagement à bonne dose, mais il peut aussi causer des problèmes hépatiques à dose élevée.» Autre hic: la pureté et la concentration des produits peuvent varier. Il peut aussi se créer une synergie entre les produits naturels et les médicaments. Le pharmacien sera alors de bon conseil.

Vers qui se tourner pour en parler?

Si la douleur aux genoux est vive ou persistante, qu’elle nous empêche de bien fonctionner, qu’elle perturbe notre sommeil ou qu’elle n’est pas soulagée par les médicaments en vente libre, une consultation médicale s’impose pour recevoir un diagnostic précis et un bon traitement.

Qui consulter? Tout d’abord, notre médecin. Au besoin, il nous référera à un orthopédiste. Le recours à d’autres spécialistes tels que le physiothérapeute et l’ergothérapeute permet aussi de recevoir des conseils et des exercices adaptés afin de soulager la douleur et de préserver la souplesse et la motricité des genoux.

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