Allergies saisonnières: défendez-vous!

Allergies saisonnières: défendez-vous!

Par Guy Sabourin

Crédit photo: iStockphoto.com

Les yeux qui piquent, le nez qui coule, des éternuements sans fin… l’allergie porte plusieurs noms: rhume ou fièvre des foins, rhinite allergique, rhinite saisonnière et allergie saisonnière. Il s’agit, règle générale, d’une seule et même allergie au pollen des arbres et des plantes. Lorsqu’elle s’additionne d’allergies aux moisissures, aux squames des poils d’animaux et aux déjections des acariens qui habitent la poussière, on la dit plutôt persistante ou apériodique.

Toutes ces particules ont en commun d’être invisibles, de voyager dans l’air que l’on respire et d’entrer en contact avec nos muqueuses. Mais y réagir de façon allergique est anormal, l’allergène (substance que l’organisme déclare étrangère et décide de combattre), souvent appelé antigène, n’étant pas un agresseur pour l’être humain. Sauf que le système immunitaire des individus allergiques réagit comme s’il l’était! Il déclenche alors une réaction inflammatoire en sécrétant, entre autres choses, de l’histamine, des leucotriènes et des prostaglandines dans le but de chasser le faux agresseur.

Le corps d’une personne allergique adjoint un anticorps (un combattant) à l’allergène (l’agresseur, faux dans ce cas-ci), les deux formant un complexe-immun. Des cellules du système immunitaire doivent ensuite l’éliminer, faute de quoi, en s’accumulant dans la circulation sanguine, les complexes-immuns risquent de créer ou d’accentuer une trentaine d’autres maladies chroniques auto-immunes: asthme, eczéma, arthrite, fatigue chronique, polyarthrite rhumatoïde, etc.

Pourquoi?

Pourquoi le système immunitaire de certains individus exagère-t-il en présence de pollen? Personne ne le sait de façon sûre. Certains attribuent ce problème aux maisons et aux bureaux beaucoup trop propres, ce qui prive le système immunitaire de l’enfant du contact essentiel avec des virus, bactéries et substances diverses qui lui permettraient de différencier le bon du mauvais.

D’autres accusent au contraire la multiplication des agresseurs et soutiennent que la courbe de progression des allergies remonte au début des années 1960, avec l’arrivée massive des dérivés du pétrole (80 000 nouveaux produits autour de nous), la montée de la pollution et le contact avec un nombre effarant de substances en raison de la globalisation du commerce. Certains, enfin, soupçonnent l’intestin poreux, qui laisse passer dans le sang des composés (dont des prétendus allergènes) qu’il devrait normalement bloquer. Bref, chacun bâtit sa théorie, y introduit ses fantômes mais rien de cela n’est prouvé.

En attendant, on voit quantité de personnes autour de nous avec les yeux rouges et bouffis, qui éternuent, qui mouchent, qui ont mal à la tête, qui goûtent moins bien, qui sont fatigués et irritables parce que leurs allergies les empêchent de bien dormir…

Si les spécialistes n’ont pas encore mis le doigt sur ce qui détraque ainsi le système immunitaire, ils ont par contre développé une panoplie d’approches et de médicaments pour combattre les symptômes et même, pour peu que l’on s’en donne la peine, les faire disparaître pour de bon.

Médicaments traditionnels contre les allergies

Les antihistaminiques classiques en vente libre soulagent vite les symptômes mais pas nécessairement tous. S’ils bloquent efficacement l’action de l’histamine, les autres messagers de l’inflammation comme les leucotriènes et les prostaglandines continuent d’avoir le champ libre. 

«Ils interagissent parfois avec d’autres médicaments; pour en avoir le cœur net, posez des questions à votre pharmacien», prévient le pharmacien Jean-Yves Dionne, également spécialiste des produits naturels. Si les antihistaminiques de première génération font parfois somnoler, donnent mal à la tête, assèchent la bouche et augmentent la tension artérielle, d’autres, plus récents (Claritin, Réactine, Allegra, Zyrtec), comportent moins d’effets secondaires. Ne négligez surtout pas de vous informer auprès du pharmacien ou du médecin.

Quand les antihistaminiques ne fonctionnent pas, viennent ensuite, sur ordonnance, les corticostéroïdes nasaux, capables de bloquer la réaction allergique. On les vaporise généralement directement dans le nez, qu’ils peuvent toutefois irriter. Ce sont les Nasonex, Flonase et Nasacort. Pour décongestionner temporairement le nez, un décongestionnant comme Sudafed, Actifed ou Néo-Synéphrine convient, mais pas plus de trois jours d’affilée, faute de quoi les symptômes ne feront qu’augmenter.

Des antidégranulants sous forme de gouttes pour les yeux ou d’aérosol nasal, comme Opticrom ou Cromolyn, forment barrière pour empêcher la réaction allergique et protègent généralement bien les enfants.

Nouveau venu sur le marché: Nasalese. Il s’agit d’une poudre inerte (de la cellulose végétale) à vaporiser dans le nez qui, au contact du mucus, forme un gel emprisonnant les allergènes. Ne pouvant aller plus loin, les substances allergènes ne touchent pas les muqueuses et ne déclenchent donc aucun symptôme. Le produit ne crée ni somnolence ni autres effets secondaires. 

Traitements non traditionnels des allergies

Au chapitre des traitements non traditionnels sécuritaires, quelques pistes s’avèrent intéressantes. Sous forme de supplément alimentaire, la combinaison vitamine C et quercétine pourrait empêcher la production d’histamine et diminuer l’inflammation. Au comptoir des plantes médicinales, le pétasite aurait des propriétés anti-inflammatoires et l’ortie pourrait soulager les symptômes du rhume des foins.

Trois approches thérapeutiques non traditionnelles semblent donner des résultats. L’homéopathe peut faire une désensibilisation, semblable à celle que fait l’allergologue classique, en vous mettant en présence d’une substance allergène à très faible dose, pour habituer votre corps à la combattre sans déclencher tout l’arsenal des symptômes. L’acupuncture aurait le pouvoir à tout le moins de diminuer l’intensité des symptômes, quoique certains n’y réagissent pas. Un naturopathe peut enfin analyser votre comportement alimentaire et votre mode de vie (stress, habitudes, etc.) et vous recommander produits naturels, techniques de relaxation et modification du mode de vie.

Il va sans dire que ces approches ne donnent pas des résultats du jour au lendemain. «Elles permettent souvent de désensibiliser peu à peu une personne à une substance allergène», précise Jean-Yves Dionne. Ce sont les seules, en tout cas, avec la désensibilisation classique, qui peuvent un jour mettre un terme aux allergies saisonnières, bien qu’elles disparaissent souvent comme elles sont venues. Il n’y a pas de règle. Ces approches ont le défaut d’être longues et parfois compliquées, mais elles ont aussi le mérite d’être naturelles et, pour l’essentiel, dépourvues d’effets secondaires. Comme l’affirme le naturopathe Mario Chaput, «pour 10 personnes allergiques, il existe 10 solutions différentes du point de vue de la naturopathie»!

Aliments antioxydants

Pour diminuer les symptômes du rhume des foins, il faut un corps reposé, bien nourri d’aliments digestes et évoluant autant que possible dans un milieu propre et exempt des substances qui causent l’allergie. 

Un système immunitaire sain constitue la base pour battre les allergies sur leur terrain. «Il réagira alors de façon moins paradoxale», soutient Jean-Yves Dionne. Or, combattre les complexes-immuns sature le système immunitaire et leur élimination engendre des radicaux libres (oxydation des cellules). Réparer les cellules endommagées par l’oxydation constitue donc le nœud de la guerre. Les antioxydants y jouent par conséquent un rôle de premier plan. Les aliments à inclure au menu le plus souvent possible?

Aliments réputés stimuler le système immunitaire
Produits alimentaires Type d’antioxydants ou d’effet
Brocoli Sulforaphane et indole-3-carbinol
Tomate Lycopène, bêta-carotène, quercétine et kaempférol
Ail Interleukine-2 (système immunitaire)
Agrumes Acide ascorbique (fonctions immunes)
Carottes Caroténoïdes
Champignons shiitakes Lentiane (polysaccharide)
Huile d’olive polyphénols
Poissons de mer Acides gras oméga-3
Légumineuses Inhibiteurs de protéases
Yogourt Bactéries vivantes bénéfiques
Vin rouge Resvératrol
Chocolat noir Antioxydants
Bleuets Anthocyanines
Basilic, cayenne, coriandre, curcuma, menthe, romarin, origan Propriétés antioxydantes

À lire

Traitement naturel des allergies, par Mario Chaput, naturopathe, éditions Fleurs Sociales, 2000, 184 p., 24,95$. Pour aller beaucoup plus loin dans la compréhension des complexes-immuns et des maladies qu’ils enclenchent quand ils ne sont pas complètement détruits. Nombreux conseils pour modifier son mode de vie et tenir l’allergie à l’écart.

Renforcez votre système immunitaire, Reader’s Digest, 2006, 324 p., 49,95$. Pour garder son système immunitaire fort et dynamique, pour stimuler les défenses naturelles du corps et mieux combattre la maladie, dont les allergies. Au menu : quantité de solutions et d’actions concrètes passant par les aliments, les produits naturels, l’exercice, le sommeil, le psychisme et l’hygiène de vie pour faire du système immunitaire un puissant ami.

Allergies, Broquet, Med express, Guide pratique de santé naturelle, 2007, 64 p., 8,95$. Un guide tout petit, mais rempli de trucs pour soulager les symptômes et, mieux encore, pour vaincre les allergies.

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