Nager comme un poisson dans l’eau

Nager comme un poisson dans l’eau

Par Christine Fortier

Crédit photo: iStock

Parce qu’elle améliore autant le cardio que la musculature, la natation s’avère un sport complet. Et les gens qui souhaitent parfaire leur technique – ou même faire de la compétition! – ont tout à gagner en s’inscrivant à un club de maîtres-nageurs. Qui plus est, s’entraîner avec d’autres passionnés du crawl ou de la brasse permet aussi de socialiser entre deux séries de longueurs. Tentant, non?

Lyne Groulx s’est inscrite à un club de maîtres-nageurs afin de se préparer pour un triathlon. En se joignant à ce club de natation destiné aux adultes, son objectif n’était pas de faire une performance exceptionnelle durant son triathlon, mais plutôt de nager «à la vitesse bonheur».

«J’ai toujours fait du sport, dit-elle. Du basketball, de la course à pied, du vélo. Puis, à 50 ans, je me suis donné le défi de participer à un triathlon et j’en fais encore à 56 ans. Au fil du temps, j’ai nagé à plusieurs endroits, mais cette fois-ci, je voulais m’entraîner près de chez moi. C’est comme ça que j’ai découvert le Club des maîtres-nageurs du CAFA [Club aquatique les Fouiqs d’Anjou]. Une quinzaine de personnes de tous les âges s’y rendent deux soirs par semaine, à raison de 90 minutes la séance. Certains membres – mais pas tous – pratiquent les quatre types de nage (brasse, crawl, dos crawlé et papillon). Un entraîneur nous aide à nous améliorer en fonction des objectifs de chacun. Et tout le monde est heureux de se voir, chaque fois.»

Pour la compétition... ou le plaisir!

Entraîneuse de natation depuis 16 ans, Marie Bergeron travaille maintenant au Club de Natation Neptune, à Saint-Jérôme. Si elle a déjà suivi autant de jeunes athlètes que de maîtres-nageurs, c’est désormais à cette dernière clientèle qu’elle souhaite se consacrer, estimant qu’on ne met pas assez l’accent sur la natation pour les adultes.

Les clubs de maîtres-nageurs s’adressent aux 18 ans et plus à la recherche d’entraînements structurés en groupe. Il n’est pas obligatoire d’avoir déjà fait de la compétition ni de vouloir en faire pour s’inscrire, mais il y a des conditions à respecter.

«Certains clubs ont davantage d’exigences parce qu’ils attirent une clientèle nombreuse et qu’ils doivent par conséquent procéder à une sélection, mais en général, il suffit d’être capable de nager une ou deux longueurs sans arrêt pour être admis», affirme Marie.

Dans un club de maîtres-nageurs, on peut donc trouver des quinquagénaires de niveau moyen ainsi que des septuagénaires de calibre avancé. «Ce qui fait la beauté des clubs de maîtres, c’est qu’on accepte des membres de différents niveaux », souligne Marie, ajoutant qu’il y a également un important aspect social pour les membres qui en font partie. Les gens jasent autant en dehors de la piscine que dans l’eau. Et des amitiés se développent au fil des semaines.

En quoi consiste l’entraînement?

En général, les clubs de maîtres-nageurs offrent deux séances hebdomadaires d’entraînement (certains en proposent jusqu’à quatre), chacune d’une durée de 90 minutes à deux heures.

La séance s’amorce avec un échauffement de 7 à 10 minutes hors de l’eau, pour activer le corps. «Rotations des bras, des épaules, un peu de course sur place, si la personne en est capable, et redressements assis. Par la suite, je base mon entraînement sur les plus forts, puis je l’adapte pour les autres, mentionne Marie Bergeron. Ça peut commencer avec 1000 mètres d’échauffement dans l’eau, pendant environ 20 minutes. Il y a ensuite des exercices techniques, des séries, ou une combinaison des deux, le tout suivi d’un retour au calme auquel j’intègre aussi de la technique, car c’est ce que les maîtres souhaitent. Ils veulent être corrigés, être efficaces dans l’eau. C’est la clé pour nager vite et bien sans se blesser.»

Outre le maillot, le bonnet de bain et les lunettes de natation, l’équipement du maître-nageur comprend une planche, une bouée de traction (pull buoy), des plaquettes de natation, des palmes et un tuba. «Il y a souvent tout ça à la piscine, dit Marie, mais les nageurs qui prennent goût au sport investissent généralement dans un équipement personnel.»

Ces accessoires permettent de diversifier l’entraînement et de cibler des groupes musculaires distincts, comme les jambes ou les bras. Quand on utilise le tuba, par exemple, on peut voir l’endroit exact où nos mains entrent dans l’eau pour que ce soit ensuite plus facile de corriger un mouvement.

Un sport inclusif

Les personnes qui hésitent à s’inscrire par crainte de ne pas être assez rapides ne devraient pas s’inquiéter, assure Marie Bergeron. «Récemment, dit-elle, j’ai animé un camp d’entraînement où il y avait des gens qui parcouraient 80 longueurs en une heure, une heure et demie, tandis qu’à côté, une personne était capable d’en parcourir seulement 30. J’ai alors adapté son entraînement en fonction de ses capacités.»

Avant de s’inscrire à une session entière, il est possible de faire un essai gratuit d’une semaine dans la plupart des clubs. L’entraîneuse, elle, incite même les personnes intéressées à prolonger l’essai d’une semaine supplémentaire. «Il ne faut pas que les gens se découragent dès le début parce qu’ils voient quelqu’un qui s’entraîne depuis des années nager beaucoup plus vite qu’eux.»

La natation est considérée comme un sport complet qui sollicite l’ensemble du corps pour développer et renforcer les muscles. Et comme elle produit peu d’impact sur l’organisme, les risques de blessures sont faibles. On la recommande d’ailleurs souvent aux gens qui souffrent d’arthrose, d’arthrite ou de maux de dos. Les personnes qui pratiquent déjà un sport ne devraient donc pas avoir de problème avec la natation. Cela dit, Marie Bergeron estime que l’entraînement des maîtres-nageurs est peut-être trop exigeant pour les gens atteints d’ostéoporose ou ayant des blessures aux articulations. C’est pourquoi elle demande toujours aux personnes qui se présentent s’ils ont des problèmes de santé physique ou mentale: «Si quelqu’un vit du stress, je pourrai peut-être l’accompagner là-dedans», précise l’entraîneuse – également diplômée en éducation spécialisée –, qui a travaillé plusieurs années en intervention en santé mentale.

Au moment de l’entrevue pour cet article, Marie revenait des Championnats du monde des maîtres de la FINA au Japon. «Avec moi, il y avait une vingtaine de nageurs de 50 ans et plus. Ç’a été une expérience enrichissante de voir des gens de tous les âges et venus de partout pour participer aux compétitions. Certains d’entre eux s’entraînaient et organisaient leur vie depuis deux ans en vue de ce championnat! Je trouve ça bien, car la compétition est saine et c’est un bel environnement.»

Pas besoin pour autant de viser les podiums pour s’inscrire dans un club de maîtres-nageurs! À ce propos, Marie Bergeron pense que tout le monde devrait faire de la natation d’abord pour le bien-être que ça procure, mais aussi parce que c’est une belle expérience humaine que de s’entraîner en groupe.

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