La fièvre du pickleball

La fièvre du pickleball

Par Christine Fortier

Crédit photo: iStock

Le pickleball (rien à voir avec les cornichons!), qui s’apparente au tennis, au badminton, au ping-pong et au raquetball, est un sport parfait. Facile à apprendre et pas trop exigeant pour les articulations, il favorise en prime les rencontres et les échanges. Pas étonnant qu’il soit aussi populaire!

Sans le savoir, France Émery a eu un premier contact avec le pickleball lorsqu’elle a été intriguée par des miniterrains de tennis lors d’un séjour en Floride. « De retour au Québec, j’ai retrouvé des amis à la Cité GénérAction 55 + de Terrebonne pour une initiation à un nouveau sport portant le nom de pickleball. J’ai enfin compris à quoi servaient ces miniterrains! »

Le cours d’initiation était donné par nul autre que Marcel Lemieux, celui qui a importé le sport au Québec avec sa conjointe Louise Barette. «Je jouais déjà au ping-pong, dit France, alors j’ai facilement acquis les compétences nécessaires et je suis rapidement devenue une adepte.» Elle a ensuite converti sa sœur, son frère, son chum et ses voisins à cette nouvelle activité sportive.

En fait, France aime tellement le pickleball qu’elle joue au moins cinq fois par semaine. «Ma découverte de ce sport a coïncidé avec ma retraite. Aux gens qui n’osent pas la prendre de peur de s’ennuyer, je dirais que le pickleball est un moyen de briser la solitude, de se créer un réseau d’amis et de connaissances, de tisser des liens. C’est l’activité idéale parce qu’elle comble le besoin de rester en forme tout en permettant de socialiser.»

En avant la raquette!

L’engouement pour ce «nouveau» sport est récent, mais on pratique en fait le pickleball depuis plus de 50 ans aux États-Unis et une quinzaine d’années au Québec. C’est cependant eulement en septembre 2020 que la Fédération québécoise de pickleball a officiellement été reconnue par le ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport.

Christian Duchesne, qui préside la Fédération, n’hésite pas à vanter les mérites du pickleball. «Tout le monde peut jouer, car c’est un sport facile à apprendre, à n’importe quel âge. Les 50 ans et plus s’y adonnent parce qu’ils trouvent que c’est moins exigeant pour les articulations que le tennis. » Les personnes ayant déjà de l’expérience dans un sport de raquette auront sans doute plus de facilité à maîtriser le pickleball, mais les néophytes peuvent très bien y arriver eux aussi.

«En général, les clubs locaux donnent une formation aux nouveaux joueurs, mentionne Christian Duchesne. Ces initiations comprennent l’apprentissage des règles de base, ainsi que les consignes de sécurité à suivre.» Pour trouver les coordonnées des clubs actifs au Québec, il suffit de consulter le site de la Fédération.

Même s’il n’est vraiment pas nécessaire d’être un athlète pour pratiquer ce sport, il faut néanmoins avoir une certaine mobilité pour aller chercher la balle. Cela dit, jouer au pickleball requiert moins de force physique que le tennis, car 75% du jeu se déroule autour du filet. Les personnes en fauteuil roulant peuvent donc s’y adonner sur un terrain standard, avec n’importe quel joueur qui le pratique debout.

Jouer où, quand et comment?

Christian Duchesne explique que le pickleball se joue en simple ou en double, sur un terrain de 6,09 m (20 pi) sur 13,41 m (44 pi) muni d’un filet semblable à celui utilisé au tennis. Il peut aussi se pratiquer sur un terrain de tennis, mais dans ce cas, le terrain doit être divisé en quatre. «C’est intéressant pour les membres et les organisations, explique l’expert, car ces quatre terrains de pickleball peuvent accueillir 16 joueurs plutôt que deux pour le tennis.»

Afin de répondre à la demande des adeptes, certaines villes utilisent comme terrains les patinoires d’hiver aménagées sur l’asphalte. «Il suffit de tracer des lignes et d’installer un filet pour que les gens puissent jouer pendant les mois d’été, préciseChristian Duchesne. À Trois-Rivières, où j’habite, il y a cinq terrains sur une seule patinoire. Même les campings se dotent maintenant de terrains! Il y a cinq ans, aucun site de camping n’offrait ce sport comme activité. Aujourd’hui, ceux qui ne l’offrent pas sont rares.»

Les règles du jeu

Elles sont semblables à celles du badminton, sauf en ce qui a trait au pointage. La balle est servie en diagonale au-dessus du filet et doit atterrir dans la zone de service adverse. Seule l’équipe au service peut marquer des points, et la première qui atteint 11 points en menant par au moins deux points d’écart remporte la victoire. Avis à ceux qui n’aiment pas les matchs qui s’éternisent : une partie type dure entre 10 et 15 minutes.

«Au pickleball, on a ce qu’on appelle la ZAC, qui est l’abréviation de zone d’action contrôlée, précise Christian Duchesne. Elle est située à 2,13 m (7 pi) de chaque côté du filet, sur toute la largeur du terrain. Dans cette zone, il est interdit de frapper la balle à la volée.» Cette règle empêche les joueurs d’exécuter des smashs près du filet, ce qui réduit le risque de blesser un joueur adverse tout en favorisant des échanges plus longs.

Si l’on se fie aux propos du président de la Fédération québécoise de pickleball, «tous les gens qui essaient ce sport deviennent des mordus». Il n’en faut pas plus pour piquer notre curiosité et nous donner envie de jouer!

Populaire et pas cher

Selon Christian Duchesne, président de la Fédération québécoise de pickleball, la popularité de ce sport s’explique en partie par le prix raisonnable de l’équipement: «Ça prend une raquette, qui coûte entre 75$ et 150$, et une balle perforée à environ 5$. Précisons que les perforations de la balle doivent être plus grandes si on joue à l’intérieur et plus petits si on joue à l’extérieur.»

À part ces deux articles, que l’on trouve dans la plupart des détaillants de sports, on peut aussi se procurer des lunettes de protection pour les sports de raquette, dont les prix oscillent entre 20$ et 60$. En ce qui concerne la location des terrains, le tarif varie considérablement d’un endroit à l’autre.

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