Picaflore: Le bonheur est dans les fleurs

Picaflore: Le bonheur est dans les fleurs

Par Christine Fortier

Crédit photo: Maude Chauvin

Après 17 années passées à s’ennuyer dans un bureau de 9 à 5, Valérie Goulet, de Saint-Marc-sur-Richelieu, a eu envie de faire de sa passion son gagne-pain: cultiver des fleurs. Petite histoire d’un changement de carrière heureux.

«Ma grand-mère maternelle cultivait un potager et faisait pousser des glaïeuls. Quand j’étais petite, on faisait le tour de son jardin et on préparait un bouquet pour la table de la cuisine. On passait de beaux moments dans ses plates-bandes.»

Valérie, qui a toujours aimé la nature et les fleurs, a longtemps eu envie de travailler dehors. «Après avoir suivi une technique en foresterie au cégep, j’ai occupé un emploi dans ce domaine pendant une saison, puis la vie m’a emmenée ailleurs. J’ai été adjointe administrative pendant 17 ans, mais je n’étais pas heureuse, car ce qui me passionnait, c’était vivre à la campagne, m’occuper de mes poules et de mes légumes. Quand je me retrouvais dans mon jardin, je me demandais comment je pourrais faire ça toute la journée et gagner ma vie.»

Heureux hasard

En 2015, sa meilleure amie Anne-Marie, qui s’est expatriée en Australie, lui parle de Sophie, la propriétaire de la ferme florale qui s’occupera des bouquets à son mariage. «Le jour de la cérémonie, Sophie est arrivée avec son camion rempli de seaux de fleurs et ç’a été le déclic. J’en avais des frissons ! Je l’ai aidée à préparer les centres de table et les bouquets tout en lui posant mille et une questions.»

De retour au Québec, Valérie s’informe à savoir si une entreprise comme celle de Sophie serait viable ici. «J’ai découvert qu’il y avait peut-être trois fermes florales au Québec et aucune dans ma région. Ça m’a encouragée et je me suis dit que j’avais une chance de réussir. J’ai commencé à faire des tests sur le terrain autour de ma maison, mais je n’obtenais pas de bons résultats, car il y avait trop d’ombre. Je me suis donc mise à la recherche d’un bout de champ, et un maraîcher de Saint-Amable m’a loué une parcelle de terrain et prêté une serre.»

Les nouvelles expériences de Valérie ne sont pas optimales à cause du sol sablonneux et d’un problème d’accès à l’eau, mais elles lui permettent de découvrir que ce genre de vie est pour elle.

La naissance de Picaflore

C’est en 2019 que le changement de carrière de Valérie s’opère. Après l’abolition de son poste en administration, elle s’inscrit à un programme de l’assurance-emploi destiné aux travailleurs autonomes qui veulent créer leur entreprise. Cela lui permet de suivre un cours d’entrepreneuriat et de monter son plan d’affaires.

«Lorsque j’ai décidé de me lancer, tout le monde a trouvé mon idée originale. Bon, certains membres de ma famille étaient inquiets, mais j’avais tellement confiance en moi que j’ai fini par les convaincre!» Malgré certaines difficultés, Valérie ne regrette pas d’avoir fondé Picaflore. «Je suis en train de vivre la deuxième plus belle aventure de ma vie après celle d’être mère. J’ai souvent vécu du stress par rapport à la recherche de terrains, à l’approvisionnement en eau et aux insectes, mais quand des obstacles se présentent, je vois ça comme des occasions d’apprentissage.»

D’ailleurs, à l’hiver 2020, elle suit le cours en ligne The Gardener’s Workshop de la fermière-horticultrice américaine Lisa Mason Ziegler pour l’aider à améliorer sa production.
Aujourd’hui, Valérie cultive ses fleurs sur le terrain autour de la maison qu’elle a acquise après son divorce ainsi que sur des terres louées. «Acheter une propriété agricole, c’est presque impossible quand on n’a pas de gros moyens, mais je suis chanceuse, car j’ai toujours trouvé ce dont j’avais besoin.»

Des perspectives florissantes

Pour l’instant, en dépit de son succès, Valérie n’a pas l’intention d’élargir les activités de Picaflore. «J’ai atteint la limite de ce que je suis capable de gérer toute seule. Je plante, j’arrose, je récolte, je fais les bouquets, je les livre, je vais au marché. Je travaille environ 10 heures par jour, 7 jours sur 7, d’avril à novembre. Mon but est de mieux faire avec ce que j’ai, d’offrir une plus grande variété de fleurs, de minimiser le gaspillage et les pertes. Mais c’est certain que si on m’offrait de cultiver d’autres terrains, par exemple, je dirais peut-être oui…»

Depuis l’automne 2022, elle peut compter sur l’aide d’une nouvelle employée. «Quand les gens voient les belles photos que je publie sur mon compte Instagram, ils pensent que c’est facile de cultiver des fleurs, mais je n’ai jamais travaillé aussi dur physiquement!»

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