Travailler après 65 ans, oui ça peut être payant!

Travailler après 65 ans, oui ça peut être payant!

Par Josée Jeffrey

Crédit photo: iStock

Continuer à faire du 9 à 5 après l’âge «officiel» de la retraite comporte de nombreux avantages, tant sur le plan financier que personnel. Stratégies gagnantes et conseils de pro pour ceux et celles qui font ce choix. 

Au Québec, comme dans plusieurs autres provinces du Canada, on remarque une tendance à la hausse du nombre de travailleurs et travailleuses âgés de 65 ans et plus. Certaines personnes le font par nécessité financière, d’autres par choix, pour rester actives, maintenir un sentiment d’accomplissement personnel ou simplement parce qu'elles aiment leur travail. Mais quelle est l’incidence sur leurs finances? Voyons voir. 

Des avantages à découvrir

Afin d'encourager les gens à travailler plus longtemps, nos gouvernements mettent en place des mesures, fiscales et autres– y compris de récentes et d'importantes modifications au Régime de rentes du Québec (RRQ). Tour d'horizon de ces principales mesures. 

Baisse des impôts au Québec 

Depuis 2023, les taux applicables aux deux premières tranches de revenu imposable sont réduits et passent de 15% à 14% pour la première tranche, et de 20% à 19% pour la seconde. 

Crédit d’impôt pour prolongation de carrière  

Au Québec, un crédit d’impôt supplémentaire est offert aux contribuables afin de les encourager à retarder leur départ à la retraite ou à retourner au travail. Ce crédit est appliqué directement pour réduire l’impôt à payer lors de la déclaration de revenus. Il ne peut pas être transféré à quelqu’un d’autre ni reporté à l’année suivante. 

Son montant maximal est de 1500$ pour les personnes âgées d'au moins 60 ans le 31 décembre de l’année d'imposition et de 1650$ pour celles de 65 ans et plus. Cette somme est réduite de 5% si les revenus dépassent 38 945$ (chiffre de 2023). 

Crédit d’impôt pour prolongation de carrière: les critères d’admissibilité  

  • Être âgé de 60 ans ou plus 
  • Résider au Québec 
  • Avoir un revenu de travail admissible qui dépasse 5000$ 
  • Remplir le formulaire TP-752-PC (dans la déclaration de revenus du Québec) 

Ce qui se passe si on reçoit un Supplément de revenu garanti  

Les personnes âgées de 65 ans ou plus qui reçoivent déjà leur pension de la Sécurité de la vieillesse (PSV) peuvent gagner un certain montant (revenu d'emploi ou revenu net de travail indépendant) sans voir leur supplément de revenu garanti (SRG) diminué. Les premiers 5 000 $ de revenus admissibles sont ignorés, ils ne touchent pas le calcul du SRG. Si les revenus admissibles se situent entre 5000$ et 10000$, seule la moitié du montant excédant 5000$ sera prise en compte dans le calcul. 

Impôt de récupération: attention! 

Les travailleurs et travailleuses de 65 ans et plus peuvent recevoir leur PSV. Cependant, si le revenu net (ligne 23600 au fédéral) dépasse un certain seuil (86 912 $ en 2023), ils devront rembourser 15 % de la somme excédentaire. C'est ce qu'on appelle l’impôt de récupération. 

Cotisations au REER et au CELI 

Cotiser à son REER est permis jusqu’à ce qu'on atteigne l’âge de 71 ans, même si on n’a aucun revenu d'emploi. En demeurant sur le marché du travail, on accumule cependant des droits de cotisation au REER. L’idéal reste de cotiser à son CELI, jusqu’à concurrence du plafond admissible, ce que l'on peut faire sans limites d'âge. Les retraits du CELI sont non imposables et n’auront donc aucune incidence dans le calcul des prestations de la SV et du SRG. 

Arrêt des cotisations au Régime des rentes du Québec 

Actuellement, si quelqu'un occupe un emploi tout en recevant une rente du RRQ et que ses revenus dépassent l’exemption générale de 3500$, une partie des revenus excédentaires est prise en compte, fiscalement, de manière à augmenter le montant de sa rente de retraite, l’année suivante.  

À partir du 1er janvier 2024, une nouvelle mesure permettra aux employés de 65 ans et plus recevant déjà leurs prestations du RRQ d'interrompre leurs cotisations, ce qui représente des économies autant pour eux que pour leurs employeurs. Par conséquent, le montant de leur rente sera alors gelé. 

Dès 2024, si les revenus d'emploi dépassent le maximum des gains admissibles (MGA), un deuxième taux de cotisation de 8% (soit 4% pour l’employé et 4% pour l’employeur) s’ajoutera aux taux de base et supplémentaire existants. Cette nouvelle mesure peut générer des économies appréciables. 

Report des rentes publiques 

Le fait de retarder ses demandes de prestations de retraite gouvernementales, celles du RRQ et de la PSV, peut entraîner des conséquences financières importantes. Voici les principales. 

  • Augmentation du montant des prestations 

Le plus grand avantage du report des rentes : les prestations futures seront plus élevées. Ainsi, le montant de la pension de la PSV augmentera de 0,6 % par mois jusqu’à un maximum de 36 % au bout de 5 ans. Du côté de la rente du RRQ, le taux d’augmentation mensuel sera de 0,7 %, atteignant un maximum de 58,8 % selon les nouvelles mesures en vigueur le 1er janvier 2024. On pourra alors retarder le versement de sa rente du RRQ jusqu’à l’âge de 72 ans. La bonification totale représente 9 219 $ de plus par année, sans indexation. 

  • Réduction du risque de dépendance financière 

Commencer à recevoir ces rentes plus tard, et donc hausser leur montant, peut réduire le risque de dépendance financière à un âge plus avancé. Un élément à considérer si on craint de manquer d'argent en fin de vie. 

  • Perte de revenu temporaire 

En cas de besoins financiers immédiats, le report des prestations peut être difficile à gérer. Il faut disposer d'autres sources de revenus pour combler le manque à gagner. 

  • Espérance de vie 

L’espérance de vie est un facteur clé. Si notre santé est fragile, reporter les rentes publiques n’est pas la meilleure décision à prendre. Toutefois, si on a des raisons de croire qu’on vivra plus longtemps que la moyenne, reporter les prestations peut être plus avantageux. 

5 questions à se poser avant de prendre sa décision 

Poursuivre sa carrière après l’âge de 65 ans, est-ce la meilleure option pour vous ? Ces questions permettent de voir si cette voie vous convient et comment l'emprunter efficacement afin d'atteindre vos objectifs. 

  • Comment votre décision de travailler affectera-t-elle votre bien-être financier à long terme? 
  • De quelle façon vos revenus d'emploi influeront sur le montant de vos prestations de retraite, qu'elles viennent des programmes gouvernementaux ou de régimes de retraite privés? 
  • Quels sont les avantages et inconvénients à travailler à temps plein? À temps partiel? Comme travailleur autonome? 
  • Quelles peuvent être les conséquences de vos décisions sur votre santé et votre bien-être? 
  • Êtes-vous adéquatement informé des répercussions fiscales de nos choix, quels qu'ils soient? 
Je fais mon budget beauté

Entre nous

Le billet de Linda Priestley, Rédactrice en chef

L’apologie de l’entraide

Vidéos