Les coupons-rabais à la rescousse!

Les coupons-rabais à la rescousse!

Par Dominique Lamy

Crédit photo: iStock

Le couponnage peut-il aider à combattre la hausse des prix à l’épicerie et même aider à mettre de l’argent de côté? Madame Coupons s’en dit convaincue. Son CELI aussi.

Caroline Cadorette, alias Madame Coupons, est mère de deux jeunes adultes de 22 et 26 ans, propriétaire d’une garderie en milieu familial depuis 27 ans et gestionnaire du groupe Facebook Couponomiser à l’année, qui compte près de 28 000 membres. «Le couponing, c’est une passion, dit-elle, et ça fait partie de ma vie».

Caroline Cadorette profite des coupons depuis sept ans. Notre première question : le jeu en vaut-il la chandelle? «Mon épicerie me coûte moins de 100$ par semaine depuis plusieurs années. Et j’ai six enfants à nourrir au service de garde », répond-elle. Elle ajoute que ses achats de la semaine précédente se sont élevés à… 36$. «J’avais déjà tout ce qu’il me fallait en réserve. Mes congélateurs débordent.»

Depuis plusieurs années, l’éducatrice de la petite enfance investit les sommes économisées à l’épicerie dans son compte d’épargne libre d’impôt (CELI), ce qui lui a permis d’amasser environ 120 000$. «N’ayant pas de régime de retraite en raison de mon statut de travailleuse autonome, je mets les bouchées doubles pour atteindre mes objectifs», explique-t-elle. À ses yeux, les coupons, c’est champion.

Compte tenu des économies qu’il est possible de réaliser grâce aux coupons, pourquoi ne sommes-nous pas tous alors des utilisateurs? Selon une étude du Laboratoire des sciences analytiques en agroalimentaire de l’Université Dalhousie publiée en mars 2022, 38% des Canadiens n’aiment pas utiliser les coupons à l’épicerie parce que cela retarde la file d’attente à la caisse. Autre bémol invoqué par les répondants : la disponibilité des coupons-rabais. Si ces derniers étaient plus accessibles, 68% d’entre eux seraient enclins à s’en servir plus souvent, ce qui serait à leur avantage, vu le contexte d’inflation actuel.

La recette pour couponner avec succès

Le poste de dépenses le plus important pour plusieurs familles, en excluant le logement, demeure l’alimentation, rappelle Johanne Le Blanc, conseillère budgétaire pour Option consommateurs. Amasser des coupons peut s’avérer une manière efficace de réduire le coût de son panier, dit-elle, pourvu qu’on planifie d’abord ses menus. «Une bonne planification est le meilleur allié pour réduire le coût de l’épicerie. N’oublions pas qu’il Il y a 21 repas à prévoir dans une semaine.»

Elle recommande de planifier en fonction des rabais affichés en circulaire. Et c’est alors que les bons de réduction entrent en scène. «Utilisez-les le plus rapidement possible et lorsqu’un produit est déjà en solde. Vous réaliserez alors des économies surprenantes!» ajoute Caroline Cadorette.

La formatrice en couponing effectue d’ailleurs une bonne partie du travail pour la communauté qu’elle anime sur Facebook. «J’utilise l’application Reebee pour décortiquer toutes les circulaires au bénéfice des membres. Les aubaines en vigueur à partir du jeudi sont affichées sur le groupe Facebook le mardi matin précédent», dit-elle.

Le jeudi soir, elle fait sa traditionnelle «tournée de coupons». Elle passe au peigne fin tous les commerces à proximité et chacune de leurs rangées. Elle en profite pour faire les achats requis, passer les coupons-rabais qu’elle a en main et en récolter cinq ou six nouveaux chaque fois, qu’elle ajoute à son précieux cartable. «Limitez votre tournée à un territoire de dix kilomètres à la ronde: l’essence coûte cher», rappelle-t-elle.

Les nouveaux coupons-rabais sont habituellement bien en vue dans les rangées, sur des présentoirs prévus à cet effet, devant les produits concernés. «La bonne pratique est d’en détacher un ou deux du paquet pour permettre aux autres d’en profiter aussi.» Une petite mise en garde s’impose. «Ne détachez pas un coupon fixé sur l’emballage même d’un produit : pour y avoir droit, vous devez acheter l’article en question», précise-t-elle.

Des ingrédients pour pimenter l’expérience

• Attendre les nouveaux bons de réduction en magasin
La disponibilité des coupons-rabais varie en fonction du passage en magasin du responsable attitré. « Demandez aux gérants des commerces visités à quel moment les nouveaux coupons-rabais sont offerts en magasin pour ajuster vos habitudes d’achat en conséquence », recommande Caroline Cadorette.

• Être proactif
Pas de coupons-rabais sur les tablettes à l’épicerie? Une autre façon d’en obtenir est de contacter le manufacturier, par téléphone ou par courriel. Caroline Cadorette ne s’en prive pas! «Au printemps et à l’automne, les entreprises émettent davantage de bons de réduction», remarque-t-elle.

• Choisir le bon moment
La vingtième journée de chaque mois est à encercler sur notre calendrier, selon Madame Coupons. «Les meilleures aubaines sont souvent proposées à ce moment.» D’où l’importance de se constituer une réserve minimale en attendant la période propice pour se renflouer.

• Dépenser avec soin
Rien ne sert d’acheter un produit seulement parce qu’on détient un bon de réduction. « Si on ne prévoit pas l’utiliser, il est toujours possible de l’échanger à un autre passionné du hobby contre un coupon-rabais qui nous convient davantage », propose la formatrice en couponing.

• Prendre conscience du pouvoir des bons de réduction
La réserve de Caroline Cadorette vaut 10 000 $, mais son coût réel n’a été que de 700$!

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