Héritage numérique: les bonnes pratiques

Héritage numérique: les bonnes pratiques

Par Pascal Forget

Crédit photo: iStock

Gérer nos possessions numériques pourrait grandement simplifier la vie de nos héritiers. Voici la marche à suivre.

Faire son inventaire

Prendre quelques minutes pour faire notre inventaire numérique permet de simplifier la succession. On y verra plus clair et on sera ainsi plus à même de choisir ce qui se passera avec nos comptes en cas d’incapacité ou après notre décès.

Léguer ses données Apple

On peut léguer toutes les informations de notre compte Apple (nos photos, par exemple) en nommant des contacts légataires. Pour cela, il faut utiliser un iPhone (iOS 15.2 et plus), un iPad (iPadOS 15.2) ou un Mac (macOS 12.1 et plus). À partir des réglages de notre téléphone ou des Préférences système de notre ordinateur, il suffit de chercher l’option «Contact légataire».

On nomme ensuite les personnes de notre choix en entrant leur numéro de téléphone ou leur courriel. Si on fait partie d’un groupe familial, on peut choisir des membres de ce groupe. Pour chaque personne, une clé d’accès est générée, qu’on peut imprimer sur papier et lui remettre en mains propres ou lui envoyer de façon électronique. Les contacts n’ont pas besoin d’avoir un appareil Apple.

Pour accéder à notre compte, le contact légataire devra présenter la clé d’accès qu’on lui a remise et notre certificat de décès sur le site digital-legacy.apple.com. Il aura alors accès à notre compte et à toutes les données (courriels, photos…) qu’il contient pendant trois ans. Le compte sera ensuite définitivement supprimé.

Rendre hommage sur Facebook

Avec Facebook, il est également possible de déterminer un contact légataire. Dans nos paramètres de profil, on cherche l’option «Paramètres de transformation en compte de commémoration». De là, on peut nommer une personne de confiance qui s’occupera de notre compte après notre disparition. Si on le désire, notre profil pourra être transformé en profil commémoratif «En souvenir de», sur lequel nos amis Facebook pourront laisser des messages-hommages.

Le contact légataire peut aussi gérer les messages qui apparaîtront sur notre page et modifier notre photo de profil. Il peut également supprimer notre compte, selon nos volontés. Afin de protéger notre vie privée, la personne choisie ne pourra pas lire les messages qu’on a reçus ni se faire passer pour nous.

Si on souhaite que notre compte soit supprimé immédiatement après notre disparition, le contact légataire ou toute personne parmi nos proches peut en faire la demande à Facebook, avec une photo de l’acte de décès à l’appui.

Planifier sur son compte Google

L’approche de Google est un peu différente. Plutôt que d’attendre notre décès, notre compte peut être transféré à des personnes de notre choix si on ne l’utilise pas pendant un certain temps. L’option est pensée pour que quelqu’un puisse prendre la relève en cas d’inaptitude.

On se connecte à notre compte Gmail, on va sur myaccount.google.com, puis on cherche l’option «Gestionnaire de compte inactif» ou l’onglet «Planifiez votre héritage numérique». Il faudra déterminer après combien de temps le compte sera considéré inactif – entre 3 et 18 mois. Pour éviter qu’un message ne soit envoyé par erreur et n’inquiète nos proches, on recevra par message texte un rappel un mois à l’avance. On pourra alors déterminer jusqu’à dix personnes à contacter. Chacune pourra avoir accès à une partie différente de nos informations personnelles, comme nos photos et notre compte de courriel, par exemple.

Si on cesse d’utiliser notre compte pendant la période d’inactivité choisie, nos contacts recevront un message leur proposant de télécharger les données qu’on leur a léguées.

Vérifier les règles

Il faudra également vérifier les procédures existantes (ou non) de transmission pour chacun des comptes ayant une valeur monétaire, sentimentale ou autre. Par exemple, Microsoft n’offre pas d’options particulières pour la transmission de nos données après notre décès. Notre compte sera automatiquement supprimé après deux ans d’inactivité.

Consulter un notaire

Pour s’assurer que notre héritage numérique soit bien géré selon nos volontés, on gagne à en discuter avec un notaire. Il pourrait ainsi ajouter à notre testament des clauses sur la partie numérique de notre héritage et nous aider à dresser une liste de nos avoirs numériques, ce qui simplifiera les recherches de la succession. Il nous rappellera de penser à nos comptes PayPal, de commerce en ligne ou de cryptomonnaie, à l’accès à la gestion de sites web ou à la propriété intellectuelle de notre entreprise, par exemple. Garder une liste à jour de nos abonnements numériques en simplifie l’annulation: on pense aux comptes Netflix, de musique ou de télé sur demande, à nos logiciels, à nos comptes de stockage en ligne de photos ou de documents.

Assurer la mise à jour de son répertoire

Une démarche essentielle si on veut prendre des décisions éclairées. Pour nous simplifier la tâche, la Chambre des notaires du Québec propose le document Patrimoine: votre guide 360, qu’on trouve sur le site cnq.org. Ce document nous aide à recenser nos actifs virtuels et à déterminer le niveau de confidentialité des données qu’ils contiennent. Cela nous permet ensuite d’ajouter des directives ou des commentaires spécifiques pour chaque compte.

En un coup d’œil

● On révise régulièrement notre inventaire numérique.
● On se rappelle qu’il est possible de changer ou de supprimer nos contacts légataires.
● On s’assure que nos légataires ont toujours accès à l’adresse ou au numéro de téléphone qu’on a indiqué.
● On en discute avec les personnes choisies, pour éviter que les messages et les codes d’accès qu’ils recevront ne soient effacés par mégarde.
● On fait les démarches nécessaires pour chacun des comptes qu’on désire léguer.

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