Le retour d’Yves Beauchemin 

Le retour d’Yves Beauchemin 

Par Karine Vilder

Crédit photo: Collaboration spéciale

Difficile de trouver mieux placé qu’Yves Beauchemin pour nous parler d’Une nuit de tempête, son tout nouveau roman sorti à l’automne 2023. Alors, à lui la parole.  

Le chemin d’Yves Beauchemin est pavé de bestsellers: Le matou, Juliette Pomerleau, Les émois d’un marchand de café, les trois volets de la série Charles le téméraire, La serveuse du Café Cherrier… Son petit nouveau, Une nuit de tempête, risque fort de s’ajouter à la liste.  

«Ce livre, c’est la jeunesse qui rencontre l’âge mûr, explique l’auteur. La première image qui m’est venue est celle d’un jeune homme, Philippe, qui tombe sur le trottoir glacé et qui se blesse. Ensuite, j’ai songé à l’urgence, un endroit que je connais bien puisque j’y suis allé deux-trois fois ces derniers temps. Mais vous savez, les urgentistes peuvent voir une bonne douzaine de patients par nuit, alors, je me suis demandé: qu’est-ce qui pourrait amener l’un d’eux à s’intéresser plus particulièrement à Philippe.»

La réponse? Philippe va ressembler comme deux gouttes d’eau au défunt frère du docteur Romain Bellerose, l’homme qui va le soigner. 

Une main tendue dans la nuit 

Philippe Arsenault, presque 20 ans, est parti de Joliette pour aller habiter à Longueuil, chez un gars rencontré par hasard dans un bar. Non, qu’on ne se fasse pas d’idées. Philippe est straight et tout ce qu’il veut, c’est vivre loin de son père durant un bon moment. Mais il est tard, la tempête fait rage et à peine sorti de la station de bus, Philippe va se casser la margoulette.  

Entre en scène le docteur Bellerose, qui, pour les raisons qu’on sait, ressentira le besoin d’aider son nouveau patient… même en dehors du cadre de l’hôpital. Une bonne chose parce qu’on ne tardera pas à constater que Philippe n’aurait pu trouver pire coloc que cette canaille rencontrée dans un bar. 

Toujours d’attaque 

«J’ai 82 ans, souligne Yves Beauchemin. À mon âge, les écrivains ne publient plus d’œuvres de création. C’est très, très rare parce que se lancer dans un roman, ça demande beaucoup d’énergie mentale, de patience et de travail. À la place, ils écrivent soit des livres de souvenirs, soit des livres dans lesquels ils expriment leurs opinions. Mais moi, je ne voulais pas emmerder les gens. En même temps, je n’avais pas envie de fermer boutique tout de suite. Le plus dur, avec Une nuit de tempête, a donc été de me donner confiance. Car avec l’âge, je pense que créer devient un plus gros défi. Un défi que je crois ici avoir relevé.» Ce qu’on confirme.  

 Une nuit de tempête: Éditions Québec Amérique (304 p., 27,95$ ou 17,99$ en version numérique). 

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