Le soleil: l’art de s’en faire un allié

Le soleil: l’art de s’en faire un allié

Par Jacqueline Simoneau

Crédit photo: iStockphoto.com

Avec toutes les campagnes anti-soleil des dernières années, bien des gens en sont venus à croire que moins on s’expose au soleil, mieux c’est pour la santé. Mais éviter complètement le soleil est une erreur aussi grave que de trop s’y exposer ou, encore, de le faire sans protection solaire. Le soleil nous fait du bien. Voici sept bonnes raisons pour succomber intelligemment à ses rayons.

Le plein de vitamine soleil

Qu’on se le dise: le soleil est encore et toujours le meilleur moyen de faire ample provision de vitamine D. Car on a beau trouver cette fameuse vitamine dans certains aliments – lait, poissons gras et beurre, par exemple –, cet apport est généralement insuffisant, même si on a un régime équilibré. De leur côté, les rayons UV, au contact du cholestérol dans la peau, stimulent la fabrication de vitamine D dans l’organisme. Cette vitamine est essentielle puisqu’elle favorise l’absorption du calcium et du phosphore, maintient leurs taux dans le sang et assure la fixation du calcium sur les os. Résultats: elle travaille à la formation et à la conservation des dents et des os, à la prévention de l’ostéoporose ainsi qu’à la réparation osseuse après une fracture. Le corps a la capacité d’emmagasiner la vitamine D. Il est donc possible alors de nous constituer, tout au long des prochains mois, une bonne réserve de vitamine D pour l’hiver.

Mais inutile de paresser toute la journée sous les rayons pour en faire provision: 20 minutes d’exposition du visage, des mains et des bras, quand l’ensoleillement est le moins nocif (avant 11 h et après 15 h), suffisent à nous procurer notre ration quotidienne.

Les filtres solaires empêchent-ils notre peau de produire de la vitamine D? Oui, ces filtres diminuent effectivement la capacité de la peau à synthétiser la fameuse vitamine. Par conséquent, si on passe la journée à l’intérieur (travail oblige!), on devrait prendre le temps de s’exposer au soleil, sans écran, au moins quelques minutes chaque jour. Et si la pause se prolonge, on étale son écran solaire parcimonieusement. Vous passez plutôt de longues heures à l’extérieur? Une bonne protection ne vous empêchera pas de faire le plein de vitamine D, puisque les produits solaires ne bloquent pas les rayons à 100%.

Un antidépresseur naturel

En été, les consultations chez les psys baissent radicalement grâce… à la lumière solaire! Pas surprenant. Il est maintenant connu que la lumière – et non pas les UV – a un effet stimulant sur le cerveau, alors que son absence a un effet dépresseur.

Explication: quand les jours raccourissent, l’épiphyse, petite glande située dans le cerveau, sécrète une plus grande quantité de mélatonine, une hormone qui joue un rôle dans la régulation de l’humeur et des rythmes biologiques, ce qui provoque une baisse d’énergie physique et mentale. Voilà pourquoi, dès qu’arrive l’automne, nous broyons si facilement du noir et que certaines personnes sont victimes de dépression saisonnière. Aux individus les plus affectés par ce phénomène, on propose rien de moins qu’une photothérapie qui consiste à regarder une lumière très intense chaque jour, pendant un certain temps.

Mais avec le retour du beau temps, le problème ne se pose plus. Quand les jours allongent, le surplus de lumière inhibe la sécrétion de mélatonine, ce qui fait grimper notre moral en flèche. Plus encore, la vitamine D joue un rôle dans la sécrétion de la sérotonine, une autre hormone régulatrice de l’humeur. Coup double! Et puisque la lumière naturelle, même filtrée par les nuages ou un parasol, est plus intense que la lumière artificielle, mettons le nez dehors chaque jour.

Thérapie soleil

Zzzzz… thérapie

La mélatonine joue également un rôle dans notre cycle veille-sommeil. Puisque son taux de sécrétion augmente la nuit à cause de l’absence de lumière, le cerveau, moins alerte, se prépare tout doucement au sommeil. Par ailleurs, les gens énergiques et heureux – résultat notamment d’une baisse de mélatonine durant le jour due à la lumière – dorment mieux la nuit, alors que les personnes en manque de vitamine D sont plus sujettes à la nervosité et… à l’insomnie! Raison de plus pour cumuler vitamine soleil et luminosité.

Soleil et maladies cutanées

C’est prouvé: les rayons solaires possèdent la vertu d’apaiser diverses affections cutanées. Ainsi, les personnes souffrant de certaines dermatoses, tel le lichen plan, ou de maladies comme le psoriasis, le pityriasis rosé ou l’eczéma notent souvent une amélioration sensible de leur condition en été, à la suite d’une exposition modérée aux rayons solaires, ainsi qu’une diminution de l’inflammation.

Reste que pour les formes plus rebelles de ces maladies de la peau, les médecins recommandent plutôt le traitement de photothérapie avec des rayons UV, ou de puvathérapie, une combinaison de rayons UVA et de psoralène (un médicament à prendre avant d’aller au soleil), qui se donne chez le dermatologue, sous surveillance médicale. De cette façon, on s’assure de ne pas dépasser la dose bénéfique. De trop longues expositions au soleil et les coups de soleil peuvent aggraver certaines maladies cutanées plutôt que de les soulager. 

Un antiacide

«On peut dire du soleil qu’il a un effet antiacide, affirme Mario Dulude, vice-président de l’Ordre des naturothérapeutes du Québec. Les rayons ultraviolets aident en effet à faire baisser le taux d’acidité dans le corps. Les personnes qui souffrent d’arthrite ou de rhumatisme, par exemple, retirent donc des bénéfices d’une exposition prudente au soleil puisque ces maladies ont un lien avec l’excès d’acidité. De plus, la chaleur des rayons soulage l’inflammation.»

Soleil et cancers

Les gens qui évitent trop les rayons du soleil et qui ont un régime alimentaire faible en vitamine D risqueraient particulièrement d’avoir certains cancers. C’est du moins ce que démontrait, il y a quelques années, une étude présentée par l’American Association for the Advancement of Science. Cette étude révélait qu’un manque de vitamine D, et par le fait même de soleil, augmentait le risque de certains cancers dont celui du sein, de la prostate, des ovaires et du côlon.

Au cœur de cette affirmation: des études en laboratoire tendent à prouver que la vitamine D pourrait neutraliser l’éclosion de tumeurs malignes en régularisant la multiplication des cellules et en les empêchant de proliférer de façon anarchique, comme c’est le cas avec le cancer. Vrai ou faux? Il faudra assurément d’autres études pour confirmer ces conclusions.

Mais une chose est sûre: c’est que le taux de cancers de la peau, lui, est à la hausse. Alors, on met toutes les chances de son côté: on accumule la vitamine D au cas où l’étude se révélerait exacte, mais sous haute protection et aux heures sécuritaires. Et le tour est joué!

Et le coeur?

D’après des chercheurs de l’Université de Bristol, en Angleterre, la vitamine D protégerait contre les maladies du cœur. C’est ce qui, selon eux, expliquerait, en partie, le taux moins élevé d’attaques cardiaques en été qu’en hiver. «La vitamine D est fabriquée à partir du cholestérol. On peut donc dire que vitamine D et cholestérol sont des corps voisins, explique Mario Dulude. Or, on sait que le bon cholestérol aide à prévenir les maladies du cœur. Mais il ne faut pas surestimer le rôle de la vitamine D dans la prévention des maladies cardiovasculaires: même si cette vitamine peut aider indirectement le système cardiovasculaire, elle n’est sûrement pas le meilleur outil de prévention.» Mais c’en est un de plus !

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