Prendre du temps pour soi

Prendre du temps pour soi

Par Isabelle Tremblay

Crédit photo: iStockphoto.com

Étourdis par la difficile conciliation «travail et famille», plusieurs sentent qu’ils perdent, dans cette course effrénée, l’essence même de la vie. En eux, le désir de se la couler douce fait surface comme une bouée dans le flot des trop nombreuses activités et responsabilités qui ponctuent leur quotidien. Loin de vouloir s’adonner au «farniente», ils essaient plutôt de pratiquer une vie active tout en se ménageant du temps pour eux et pour choisir leurs projets…

Apprendre à trouver du temps pour soi!

«Pour mieux vivre, il faut apprivoiser la notion du temps que l’on s’accorde, explique Sheryl Gaudet, travailleuse sociale et thérapeute conjugale et familiale. Beaucoup de gens arrivent à la retraite sans avoir pris soin d’eux. Ils ressentent l’effet cumulatif de cette attitude. Devenir maître de son temps permet de faire de la prévention et constitue une transition plus douce vers la retraite.»

L’art de trouver du temps pour soi, ça s’apprend! Danielle Lemay, agente de recherche et de planification socioéconomique pour le gouvernement du Québec, essaie de le pratiquer depuis quelques années. Se la couler douce, pour elle, équivaut à travailler quatre jours par semaine, même si ce choix implique qu’elle peut passer à côté de certaines promotions ou se voir offrir des dossiers moins importants. Elle préfère plutôt profiter de ce temps reconquis pour faire des activités qui lui permettent d’équilibrer sa vie, comme le jardinage ou la rénovation. «En fait, explique-t-elle dans un grand sourire, je ne me la coule pas douce du tout car je m'agite constamment, mais ces activités-là, complémentaires à ma vie professionnelle et familiale, me font du bien. Quand mes muscles me font souffrir, après une grosse journée passée à jardiner, je ressens moins le stress lié à mon travail!»

S’offrir une qualité de vie

Se la couler douce, sans culpabilité, est un rêve accessible. «Il suffit de revoir ses schèmes de valeurs afin d’aménager un style de vie qui nous convient, estime Sheryl Gaudet. Il ne faut pas meubler son esprit à tout prix. Il faut plutôt s’offrir une qualité de vie.»

Mettre un peu de douceur dans sa vie devient un leitmotiv auquel on décide d’accorder toute l’attention qu’il mérite. On apprend à retrouver le plaisir des gestes quotidiens. Respirer, marcher, cuisiner, manger, faire une sieste: autant d’activités qui deviennent un enchantement.

«À la petite école, on avait deux récréations, note Sheryl Gaudet, une le matin, une autre l’après-midi. Adulte, il faut retrouver ses réflexes d’enfant: s’offrir des pauses, au moins deux fois par jour, sortir de la maison, jouer, en quelque sorte.» Faire renaître son âme d’enfant, quel beau projet! Alors, pourquoi remettre à plus tard le droit de vous la couler douce?

Quelques pas dans la bonne direction...

  • S’octroyer des pauses dans sa journée, prendre de profondes respirations pour s’aérer l’esprit et déjouer les obligations.
  • Choisir dès maintenant de se faire plaisir, sans toujours attendre les vacances.
  • Identifier ce qui nous permet de nous la couler douce: un bain moussant, un bon film, un livre passionnant, une promenade en forêt, une escapade, un tête-à-tête au resto? Peu importe ce que l’on choisit, du moment que la détente est au rendez-vous…
  • Visualiser ce que l’on a le goût de faire, maintenant comme à la retraite. Cela permet d’atteindre nos objectifs.
  • Faire les choses par plaisir et non par culpabilité.
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