Les thérapies de couples: pour mieux vivre à deux!

Les thérapies de couples: pour mieux vivre à deux!

Par Nadine Descheneaux

Crédit photo: iStockphoto.com

Identifier les causes du problème qui mine le couple

Des couples de tous les âges consultent en thérapie conjugale pour diverses raisons: crises liées à l’âge, la prise de la retraite, des problèmes d’argent, la maladie, une infidélité, un remariage, des problèmes avec les enfants, même devenus grands, etc. «Habituellement, les gens se décident à aller consulter quand ils sont dans une impasse. Ils ont essayé, ensemble, de résoudre un problème, mais n’y sont pas parvenus seuls», explique Lorraine Vallée, psychologue.

Avec le couple, le thérapeute tente d’identifier les causes du problème qui les mine. «Au-delà des symptômes apparents, parfois un peu superficiels, on s’aperçoit – en creusant un peu – qu’il y a des choses plus anciennes qui se sont accumulées et qui font plus mal encore», note-t-elle. Mario Caron, thérapeute conjugal et familial, estime que plusieurs couples ont oublié comment être ensemble. «Une fois les enfants partis de la maison ou à l’heure de la retraite, le couple se rend compte que durant toutes ces années, il a oublié d’être un couple tout autant que d’être des parents. C’est le grand silence, le grand malaise. Il faut les aider à se rappeler ce qui les a séduits, ce que chacun aime de l’autre.»

Dans une relation amoureuse comme dans différentes sphères de la vie, une crise n’est pas que négative. «Elle est un moment de redéfinition et de questionnement du couple. Cette caractéristique du développement humain nous permet d’avancer. Une vie de couple bouge au cours des années. Une crise indique qu’on a besoin de changer ou de redéfinir notre relation», explique Mario Caron.

Mieux communiquer, mieux se connaître

Mieux communiquer

Une thérapie de couple n’est pas un cours sur l’art d’être ensemble, mais plutôt un endroit neutre où chacun s’ouvre et apprend à mieux communiquer. «Le fait qu’il y ait une tierce personne avec eux amène les conjoints à faire plus attention à la façon dont ils parlent et dont ils racontent les événements. À la maison, le ton monte plus vite, on pourrait s’esquiver dans une autre pièce. Ou encore, les accusations arrivent plus rapidement», indique la psychologue. On y apprend aussi à mieux cerner les intentions et à éviter les interprétations rapides. «La communication est majeure dans le processus, mais les individus comprennent que les attitudes et les comportements le sont tout autant. Oui, il faut communiquer, mais il faut aussi démontrer qu’on veut vraiment résoudre les conflits, assumer notre part de responsabilité et arrêter d’être rigides dans nos positions», constate Mario Caron. 

L’objectivité du thérapeute conforte aussi les couples. Sentir qu’on nous écoute et qu’on nous donne de la valeur aide toutes les personnes en cheminement. La thérapie offre au couple un endroit neutre de véritable partage et des meilleurs outils pour communiquer.

Mieux se connaître

Même si on consulte en couple, les bénéfices s’étendront à d’autres sphères de notre vie. On peut se rendre compte qu’on a toujours attendu notre mari pour faire des activités, tout en éliminant celles qu’il n’aimait pas, alors qu’on rêvait de les faire. Peut-être pouvons-nous convenir d’un moment où chacun ferait une activité qu’il aime, sans l’autre, pour que lorsqu’on se retrouve à la fin de la journée, on soit tous les deux heureux et qu’on ait plein de choses à se raconter. Jeune sexagénaire, Jeena a consulté avec son mari, après un divorce alors qu’ils étaient en voie de réconciliation: «Même si on se connaît depuis trente ans et qu’on a trois enfants ensemble, il y a encore des choses qu’on ne s’était jamais dites. En thérapie, on apprend à se dire la vérité l’un à l’autre. La thérapeute est neutre et on arrive à dire devant elle, en couple, des choses qu’on avait peur de dire. La thérapie nous donne quelque chose qui n’existait pas avant. On apprend sur la dynamique de couple, mais aussi beaucoup sur soi-même. Il n’est pas vrai que chaque fois qu’on quitte la thérapeute, on va se sentir mieux. Parfois, ce n’est pas facile d’apprendre ou d’entendre des choses qu’on aurait préféré ne pas entendre. Il faut garder notre esprit ouvert.»

Chez le thérapeute…

Chez le thérapeute…

Pas deux thérapeutes ne fonctionnent de la même façon. Aucune recette miracle n’existe, hélas. D’abord il faut trouver qui pourra nous aider. On peut se référer à l’Ordre professionnel des travailleurs sociaux et des thérapeutes conjugaux et familiaux du Québec, qui regroupe aussi les thérapeutes conjugaux et familiaux, ou à lOrdre des psychologues du Québec pour trouver quelques références dans notre région. Ensuite, on téléphone pour mieux les connaître. 

Ce qu’on peut demander:

  • Le tarif. Il faut compter environ 95$ par rencontre.
  • L’approche privilégiée. Leurs études, leur vision, leur approche, etc. 
  • Leur façon de fonctionner. Comment se déroulent les rencontres? À quelle fréquence? Est-ce qu’on nous suggère des lectures? Des petits «devoirs» à faire à la maison.
  • La disponibilité. De jour? De soir?

Chaque thérapeute fonctionne différemment selon son approche. Certains rencontrent que le couple ensemble, d’autres préfèrent avoir quelques rencontres individuelles à travers le processus. Après une première rencontre avec le couple, pour connaître les raisons de la consultation, Lorraine Vallée procède à un entretien en individuel. «Je leur demande de me raconter leur histoire de vie: leurs blessures, leur position dans leur relation, leurs autres histoires d’amour, leur travail, les enfants, etc. Cela me permet de mieux connaître leur façon de réagir.» Ensuite s’enclenchent les séances en couple. De 8 à 10 séances sont nécessaires pour faire un bon travail. «Toutefois, même quand on atteint une bonne vitesse de croisière, je suggère aux couples de ne pas arrêter du jour au lendemain, mais plutôt d’espacer les rencontres. On préserve ainsi les acquis et il est toujours rassurant pour eux de savoir qu’on a un endroit privilégié pour se parler.»

Mieux continuer?

La réussite d’une thérapie de couple n’est pas nécessairement de rester ensemble, mais chaque fois, l’important c’est de se sentir mieux individuellement et dans notre relation de couple. «Il faut être bien seul pour pouvoir être bien en couple. Il n’est pas vrai que notre relation de couple nous nourrisse complètement, précise Mario Caron. Il faut reconnecter avec le plaisir et le bonheur d’être ensemble et ne pas avoir peur des transformations que peut subir notre couple pour aller de l’avant.»

Mise à jour: septembre 2008

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