Les Cantons-de-l’Est autrement

Les Cantons-de-l’Est autrement

Par Lucette Bernier

Crédit photo: La poudrière de Windsor

Malgré le peu de sympathie que peut susciter la poudre à canon, notre escapade débute avec la visite de la Poudrière de Windsor. C’est que, au-delà des étincelles qu’elle a engendrées en son temps, la Poudrière nous met en contact avec un pan de la vie des gens qui y ont travaillé. La visite est un parcours dans le temps au cœur d’une histoire dont on a peu entendu parlé.

Une histoire explosive

L’historique de la Poudrière remonte au temps de la guerre de Sécession aux États-Unis et à son grand besoin de s’approvisionner en poudre à canon. Afin d’en fabriquer en toute sécurité, trois Américains décident d’installer une usine de poudre noire à Windsor. C’était en 1864 et la poudrière a poursuivi sa production jusqu’en 1922.

À l’accueil, logé dans le bâtiment qui servait à l’époque à la menuiserie et à la tonnellerie, et qui faisait partie de l’ensemble des 56 bâtisses de la Windsor Mills en 1918, on relate l’histoire de cette compagnie et du développement du site. Par le biais de photos d’époque, on fait connaissance avec les ouvriers, dont plusieurs ont connu une fin tragique à cause de fréquentes explosions, de même qu’avec les étapes de la fabrication de la fameuse poudre noire à partir du charbon de bois de l’aulne. Sur le terrain, des panneaux représentant des personnages de ce temps racontent (de manière sonore) les différents métiers qui y étaient exercés.

Le site est un endroit délicieux, idéal pour une courte promenade en forêt. Les 5 km du sentier d’interprétation de la rivière Watopeka, «à l’endroit où se trouvent des aulnes», sillonnent entre les vestiges archéologiques des anciens bâtiments et permettent l’observation d’oiseaux. La Poudrière de Windsor est avant tout un hommage aux gens courageux de chez nous. Sa visite vous allumera!

Prendre l’air

Prendre l’air

Dirigez-vous vers le sud pour une randonnée au mont Ham. Il y a encore quelques années, le gouvernement pourvoyait à l’entretien de cette très vieille montagne aux contours usés. Ce temps est bien révolu et les gens de la région ont pris son administration en main afin d’en préserver la vocation récréative, loin des promoteurs immobiliers. Depuis, le coin bourdonne d’activités.

En plus des 18 km de sentiers pédestres balisés, il offre une aire de camping des plus originales. En effet, à 1/2 km de l’accueil, on peut y pratiquer le camping sauvage avec sa tente ou encore, loger dans l’un des quatre grands tipis avec plancher de bois et poêle en hiver pouvant accueillir 6 à 8 personnes. Chaque tipi est peint à la main selon une thématique décrivant les rôles dans une communauté: le tipi du grand chef, de la cueilleuse, du shaman et de l’artisane. Plus qu’un camping, c’est un lieu où l’on a envie de se rassembler entre amis ou avec ses proches. À l’automne, on fête les couleurs par des week-ends de marché public et d’événements artistiques; l’hiver, place au ski de fond et à la raquette.

Le grand air creuse l’appétit et pour assouvir les petites et les grandes fringales, on trouve au chalet d’accueil un marché d’alimentation de produits naturels et biologiques, ainsi que le restaurant Le Bolet poivré qui sert une savoureuse cuisine santé. Ce lieu dégage un je ne sais quoi des plus sympathiques qui rappelle les années peace and love… Quelques effluves de patchouli en moins!

Vie culturelle et incontournables

La vie culturelle

Le chemin de Saint-Camille conduit au village du même nom et à son centre culturel et communautaire Le P’tit Bonheur de Saint-Camille. Logé dans l’ancien magasin général et la maison voisine, ce centre est un peu le coeur et le poumon du village par où la vie se fraie un chemin et rayonne dans la région. Pour en brosser rapidement le portrait, on y présente des spectacles avec des artistes comme Florent Volant, Yves Lambert, Bryan Perro, et des expositions d’artistes (peintres, photographes…) chevronnés. On y organise des activités pour recueillir des fonds, par exemple les très populaires vendredis où sont vendues des pizzas offertes en huit saveurs, de même que la campagne de financement consistant en l’achat symbolique de l’une des nouvelles chaises du P’tit Bonheur. Et parmi toutes les activités offertes à la communauté, mentionnons une série de cours, de stages et d'animations crédités par des universités et des collèges.

Ça grouille à Saint-Camille et il n’y manque qu’un gîte! En attendant son éventuelle ouverture, vous trouverez à vous loger un peu plus au sud, à Bishopton, au Relais des mésanges. Si le temps s’est arrêté à Bishopton, Jeannine Brossard et André Bresse sont, eux, bien de leur temps! Leur secret? Ils respectent les traditions tout en offrant un confort adapté à l’ère moderne. Au Relais des mésanges, les trois maisons et les quatre chalets à louer offrent le même confort que chez soi, mais, passé la porte, le bonheur est dans le pré, avec les poules, les chèvres et les chevaux. Une promenade en calèche accompagnée de vos hôtes en vêtements d’époque, une baignade dans le lac ou l’étang, une visite au charmant village de Dudswell… Ah!, prendre le temps de souffler…

La croisière s’amuse
La région est traversée par la rivière Saint-François et Jeanne d’Arc Labbé, native de cette région, en est follement amoureuse. Pour mieux partager sa passion, elle a créé la petite entreprise Croisière et Marina Bishop qui offre des balades en ponton sur la rivière. Elle vous accueillera avec un verre de porto, vous racontera l’histoire de la rivière, vous fera chanter… Bref, si vous cherchez un moyen particulier de fêter un événement, pensez au ponton de Jeanne d’Arc!

Tous ces endroits magnifiques et ces rencontres avec des gens extraordinaires sont accessibles en voiture à moins de 1 heure de Sherbrooke, à environ 2 heures de Montréal ou de Québec et à proximité d’une foule de petits bonheurs.

Un compagnon de route

Les Cantons-de-l’Est sont divisés en neuf belles régions que Hélène Laperrière dépeint à merveille dans Promenades estriennes. De chacune de ces régions, elle nous fait découvrir les villes, les villages et les hameaux, ainsi que leur histoire. Puis, des trésors architecturaux, elle passe aux aspects touristiques propres à chaque localité: musées et centres d’interprétation, circuits patrimoniaux, curiosités, fêtes et festivals… Et bien sûr, les bonnes tables et les produits du terroir. Éditions de l’Homme, 29,95 $. En librairie.

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Mise à jour: avril 2008

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