Chronique 5: Les frontières et le Panama

Chronique 5: Les frontières et le Panama

Par Lina et Raymond

Avant d’arriver à ce que nous nous étions fixé comme but, nous avons dû traverser huit frontières… et pas toujours des plus faciles! Souvent les Québécois se plaignent de l’attente à la frontière canado-américaine, mais sachez que nous sommes des enfants gâtés. Il suffit d’aller plus loin, de se rendre au-delà du Mexique pour que le mot «fouillis» prenne tout son sens. Il vous faut d’abord sortir d’un de ces pays, ce qui s’avère peu compliqué. Vous montrez votre passeport et votre permis d’importation de véhicules et un préposé vous donne le feu vert pour passer de l’autre côté, une simple barrière de métal qu’on relève à l’aide d’une corde jaune.

Vous voici lancés dans la mêlée et assaillis par une horde de gens, littéralement accrochés au camion, qui veulent vous aider – du moins c’est ce que vous comprenez. Certains veulent vous prêtez main-forte à travers le dédale des procédures, d’autres pour échanger vos dollars, lempiras, quetzals, cordobas, colónes en monnaie dont vous aurez besoin. Attention, ces derniers sont plutôt voraces et vous diront qu’ils ont des niños à nourrir. Ouf! Vous avez réussi à dire non et vous vous rendez au premier bureau, qui vous relance au second, ce dernier vous envoie faire des photocopies de vos documents à la pharmacie située en bas d’un chemin difficile à identifier et vous revenez au second fonctionnaire qui vous demande de ressortir vos papiers. Bizarrement, la circulation des personnes est aisée, mais lorsqu’il s’agit d’un véhicule, on s’empêtre dans une «procédurite» incroyable. Que craignent-ils? Il faut compter entre une heure et quatre heures de ce jeu de chaise musicale, car chaque fois, vous faites la queue devant un guichet. Dans certains pays, l’informatique commence à peine à être un outil pour les douaniers qui sont plutôt jeunes. Bon, vous avez réussi à vous en tirer, ne reste plus qu’à faire fumiger votre camion, car vous avez payé pour cette désinfection. Les bibites, on ne sait jamais… elles doivent rester chez le voisin, qu’il s’arrange avec…

Enfin le Panama!

Enfin, le Panama!
Le 28 décembre, nous mettons les pieds sur cette terre promise. Pendant qu’au Québec, les festivités vont bon train et qu’on se relève à peine d’un party pour repenser au suivant, nous, pauvres voyageurs, subissons une température de 34 °C avec un taux d’humidité très élevé. Il faut dire que nous sommes à une jetée de pierres de l’équateur. Le Panama est un pays particulier. Sa population est hétéroclite, car elle provient en partie des descendants des hommes et des femmes qui ont travaillé à la construction du canal. Les autochtones sont également métissés, résultant de l’échange entre le nord et le sud. Par contre survivent quelques tribus amérindiennes comme les Tunas. La langue principale est l’espagnol, mais personne ne sera dérouté si vous vous exprimez en anglais, puisqu’elle est la langue seconde et qu’on l’enseigne à l’école. À mon avis, les deux richesses de ce pays sont ses plages attrayantes et son canal, mais vous pouvez l’imaginer, la richesse est mal répartie. Sur la côte du Pacifique, on voit pousser des hôtels qui offrent des séjours de qualité, tandis que sur la côte caraïbe, les gens vivent dans des taudis sur pilotis au milieu des bananeraies. Ils portent constamment des bottes de caoutchouc et les enfants jouent dans la boue. Peu de meubles dans la maison. Le jour, on installe une table et le soir, on la remplace par des hamacs. Des commodes? Oubliez ça, le linge est en permanence sur une corde et subit les intempéries, d’ailleurs, il est facile de choisir, tout est étalé.

La ville de Panama reflète ces deux pôles. Construite directement sur le bord du Pacifique, une partie de son territoire est occupée par des gratte-ciel et si on se fie aux grues qui s’affairent, la ville n’a pas fini de s’appesantir. Plusieurs quartiers sont dans un état lamentable. Des rues où il vaut mieux ne pas se promener seuls même le jour, de sombres taudis où la misère est plus qu’apparente. Tout à côté, des riches ont récupéré ces masures et les rénovent à grands frais pour en faire des maisons de toute beauté. Grugeant plusieurs hectares de ce milieu urbain, un parc national métropolitain offre aux citadins et visiteurs un dépaysement complet: jungle, singes, oiseaux tropicaux et paresseux.

La vieille ville de Panama, Casco Viejo, vaut le détour et la découvrir en marchant demeure la meilleure manière de l’apprécier. L’architecture est belle, début du siècle. Ce qui étonne, c’est l’état contemporain des constructions, pas de vieilles pierres comme dans d’autres pays. L’héritage hispanique est très peu apparent comme si l’avènement du canal avait tout gommé de cette ancienne possession de la Colombie.

Et le canal? me direz-vous. Une oeuvre gigantesque, impressionnante, si on tient compte de l’époque où il fut construit, soit de 1903 à 1913. Aux écluses de Miraflores, on retrouve une construction moderne où l’on dévoile tous les secrets du célèbre canal. Aujourd’hui, on construit d’autres écluses pour satisfaire la demande des bateaux surdimensionnés comme les portes-containers. Encore une fois, on peut constater que le génie n’a pas de limite.

Pour en savoir davantage sur Lina et Raymond et lire leurs autres chroniques, consultez notre article Portrait des caravaniers et premières aventures.

mise à jour le 2008-01-21


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