Rencontre: je n’ai pas fini d’apprendre!

Rencontre: je n’ai pas fini d’apprendre!

Par Lise Beaudry

Crédit photo: Photo by Jason Leung on Unsplash

Lise Beaudry, 76 ans, a récemment fait parvenir à nos bureaux le récit de son retour aux études. Conquis par sa détermination et sa plume, nous l’avons invitée à se confier à nos lecteurs, dans ce qui constituerait donc son tout premier article publié. Une proposition qu’elle a acceptée d’emblée, heureuse d’affirmer haut et fièrement que oui, tout est possible!

«D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours rêvé de fréquenter l’université, mais dans ma famille, les études supérieures n’étaient pas valorisées. Il y a dix ans, au moment de la retraite, j’ai décidé de plonger et de réaliser mon rêve.

Depuis, j’ai obtenu un certificat en traduction de l’Université McGill et j’en termine un deuxième en rédaction professionnelle à l’Université de Montréal.

«Je suis fière de ce parcours, mais il a tout de même comporté son lot d’angoisse et de craintes. À quelques jours de ma rentrée à McGill, je me sentais comme une enfant à son premier jour de maternelle. Après tout, une cinquantaine d’années se sont écoulées depuis la fin de mes études. Je me disais: “Tu n’es pas assez bonne, ta mémoire flanche, tu ne seras jamais capable.” Répéter ces idées tel un mantra nous fait croire qu’on ne peut pas y arriver. Mais, comme un de mes camarades de classe me disait: “Je ne me verrais pas faire des travaux scolaires toute la nuit comme jadis, mais un travail qui sollicite mes neurones est un bon moyen de garder l’esprit alerte.”

 

Matière grise en quête de défis

«Contrairement aux jeunes, nous ne cherchons pas une formation qui nous prépare à une vie professionnelle, mais plutôt une formation de “soi pour soi”, dans des domaines qui nous intéressent, tout en prenant le temps nécessaire pour la compléter. Le temps ne nous pousse plus dans le dos, il nous attend!

«Mon expérience universitaire m’a ouvert l’esprit sur tout un monde culturel et intellectuel. Mes travaux m’ont amenée à faire de la recherche dans des domaines qui m’étaient jusqu’alors inconnus, à découvrir de nouveaux auteurs et à réaliser que j’avais peut-être quelques aptitudes pour l’écriture. Ce cheminement a renforcé ma confiance en moi. En classe, cheveux gris et cheveux blonds se côtoient. Et la cohabitation se passe très bien. Après tout, on n’a jamais fini d’apprendre tout ce qu’on a à savoir!

«Il faut avoir le courage de sortir de sa zone de confort et repousser ses limites. On voit alors la fierté dans les yeux de ceux qui nous entourent. Pour ma part, je fréquente l’université en même temps que ma petite-fille. Qui l’eût cru! Dans ma classe, il y a des sièges vides. Serez-vous parmi ceux et celles qui les occuperont un jour? N’écoutez pas cette voix qui veut vous faire croire que c’est impossible. Faites plutôt confiance à celle qui vous chuchote d’essayer, parce qu’après tout, qu’est-ce que vous risquez?»

 

Lise en bref

• Native de Québec, elle a déménagé à Montréal à 20 ans dans l’effervescence de l’Expo ‘67.

• Elle est maman de deux enfants et mamie de trois petites-filles.

• Elle a travaillé à titre d’adjointe du président du Club de hockey Canadien pendant 23 ans. En 2005, elle a organisé une expédition au Kilimandjaro pour amasser des fonds pour la Fondation des Canadiens pour l’enfance.

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