Rencontre: confessions d’une apprentie motarde

Rencontre: confessions d’une apprentie motarde

Par Jessica Dostie

Rien, absolument rien, ne prédestinait Francine Gaulin à enfourcher une moto. Elle s’est pourtant lancée, aux côtés de François, son amoureux, il y a quatre ans à peine et s’est découvert une vraie passion.

Tout a commencé à l’été 2018 quand son compagnon, un Marseillais qui ne fait qu’un avec la moto, décide de s’acheter un nouveau bolide. «Je l’avoue: je n’étais pas de bonne humeur. Une nouvelle moto, ça signifiait qu’il allait faire des activités seul de son côté, sans moi.»

Francine, elle, n’était jamais montée sur une moto de sa vie, ça ne l’avait même jamais intéressée. «Je préférais le vélo. Pour moi, c’était un mode de transport plus actif.» Bref, rien ne laisse alors présager qu’elle troquerait sa bicyclette pour un autre type de véhicule à deux roues, motorisé celui-là! À sa surprise, son amoureux décide toutefois d’opter pour un modèle BMW assez gros pour qu’elle puisse l’accompagner sur la route. «J’ai pris mon courage à deux mains et je l’ai donc suivi sur sa moto. Notre première balade s’est bien passée. Je n’ai pas eu trop peur.»

Au fil de plus longues escapades en groupe, ce même été 2018, elle découvre toutefois que le rôle de passagère ne lui convient pas. «Je ne suis pas une très brave passagère. La vitesse me donne la frousse… Mais j’ai découvert que c’est totalement l’inverse quand c’est moi qui conduis. Je suis peut-être même un peu casse-cou!» [rires]

 

De passagère à conductrice

Dès la fin de sa première saison de moto, Francine entame les démarches pour obtenir son permis de conduire de classe 6A. «J’ai vraiment surpris tout le monde, mais c’était le moment ou jamais. Ma plus grande motivation, c’était de continuer à suivre notre gang de motards, des gens extraordinaires qui ont le cœur sur la main. Je me suis dit que si j’avais peur de rouler avec mon chum parce qu’ils vont vite, ça voulait dire que je ne les reverrais plus.»

La scénariste de profession souhaitait aussi, au fond d’elle-même, prouver «qu’on peut encore faire des choses passé 50 ans». Il faut dire que conduire une moto demande une certaine force physique, convient-elle, ajoutant qu’elle fait d’ailleurs des exercices quotidiennement entre autres pour cette raison. «Ça n’a l’air de rien, mais c’est tout ton corps qui conduit la moto. En plus, c’est très lourd comme véhicule.»

Assez rapidement, Francine avoue être devenue accro. «Rouler à moto, c’est incroyable: les sensations, le vent sur la peau, il faut le vivre pour comprendre. Et puis, il y a les paysages magnifiques qu’on traverse, sans toit au-dessus de nous.»

Aux commandes de sa «moto de rêve» – une BMW F700GS –, elle se promet d’avaler les kilomètres cet été encore. L’histoire d’amour se poursuit.

 

Francine en bref

• Elle a publié son premier livre, Journal d’une apprentie motarde (Les Éditions JCL), où elle raconte son aventure aux commandes de sa moto, en février 2022.

• Alors qu’elle avalait ses premiers kilomètres à moto, en 2020, elle apprenait qu’elle souffrait d’un cancer du sein. «J’ai obtenu mon permis le 23 juin 2020, même pas un mois après la fin de mon traitement de radiothérapie. Je voulais aussi montrer que même si le cancer est un mot qui fait peur, on peut s’en sortir.»

Je fais mon budget beauté

Entre nous

Le billet de Linda Priestley

Dites don!

Vidéos