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Je retourne à l’école!

Je retourne à l’école!

Par Mylen Vigneault

Crédit photo: Angelina Litvin via Unsplash

Que ce soit à la suite de la perte d’un emploi, pour se mettre à jour et conserver son travail actuel ou, encore, par désir de changer d’orientation professionnelle, le retour aux études peut s’avérer une option très intéressante, et ce, à tout âge. Mais retourner à l’école représente un gros défi pour la majorité de ceux que le système nomme les «étudiants âgés», soit les étudiants de 45 ans et plus. Plusieurs d’entre eux ont des craintes: crainte d’avoir oublié les notions apprises dans le passé, crainte des évaluations et du classement, crainte de ne pas arriver à concilier leur vie de famille avec l’horaire étudiant, crainte de devoir se déplacer loin du domicile pour obtenir la formation souhaitée…

Relever le défi!

Dépasser ce genre d’inquiétudes demande beaucoup de courage et de persévérance. Le premier obstacle à surmonter? Le manque de confiance en soi. Selon plusieurs intervenants du milieu de l’éducation aux adultes, avec la confiance en soi, 50 % du défi serait relevé. Il faut donc croire en soi et se convaincre qu’on est capable de le faire.

Ce défi, Christiane l’a relevé, à l’âge de 42 ans. Après plusieurs années à l’emploi d’une grosse compagnie qui a fait faillite, elle décide fermement de retourner à l’école, entre autres pour acquérir des notions d’informatique et améliorer sa vitesse au clavier. «Je voulais tellement retourner aux études, confie-t-elle. Plusieurs personnes me disaient que ce serait impossible d’étudier tout en recevant du chômage, mais moi j’étais persuadée que je le pouvais.» Presque vingt ans plus tard, la dame ne regrette pas sa détermination. Forte de son attestation d’études et des ateliers de techniques d’entrevues qu’elle a suivis, elle a rapidement trouvé un emploi. Elle a même pu se permettre de choisir entre plusieurs employeurs. «Si j’étais demeurée assise chez nous à me morfondre – car je n’ai plus de travail –, rien ne se serait passé, ajoute-t-elle. Il faut se secouer et prendre les moyens nécessaires.» Mais par où commencer?

Du cas par cas

Le retour aux études à l’âge adulte peut se faire par différentes entrées. Tout dépend de notre motivation et de nos besoins (retrouver un emploi, se perfectionner, se réorienter…), de nos finances (capacité d’assumer ou non les frais de scolarité et de subsistance), du temps dont on dispose (études à temps plein ou partiel, programme régulier ou intensif), de notre niveau de scolarité et de nos expériences et, bien sûr, de nos intérêts personnels. Bref, il y a beaucoup d’aspects à examiner avant de se lancer dans cette aventure! Pour aider à y voir plus clair, on peut s’informer à différents endroits.

Obtenir des diplômes reconnus

Emploi-Québec. Les personnes présentant un risque de chômage prolongé peuvent être admissibles au programme de Formation de la main-d’oeuvre d’Emploi-Québec. Pour en savoir plus sur l’aide disponible dans notre région, on contacte le Centre local d’emploi (CLE) de notre secteur.

Les commissions scolaires. Pour obtenir un diplôme d’études secondaires (D.E.S) ou un diplôme d’études professionnelles (D.E.P), la commission scolaire de votre région est un des endroits à contacter en premier lieu.

Les cégeps.
Outre les diplômes d’études collégiales (D.E.C) réguliers, il est possible d’obtenir, par les cégeps, des attestations d’études collégiales (A.E.C), une formule plus rapide et plus intensive pour qui veut entrer – ou retourner – sur le marché du travail rapidement. Pour connaître les établissements de notre région afin d’en savoir plus sur leurs programmes, on consulte le site de la Fédération des cégeps.

Les universités. On vise des études universitaires? Plusieurs établissements offrent un soutien particulier aux adultes qui retournent à l’école. De plus, il est possible d’y être accepté sans obligatoirement posséder un D.E.C. Pour plus d’information, on consulte le bottin des universités québécoises.

Aide financière aux études. Dans certaines conditions particulières, les étudiants adultes peuvent bénéficier de prêts et de bourses. Pour en savoir davantage sur le sujet, le site du gouvernement du Québec sur l’aide financière aux études.

Le ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport (MELS). Le site du MELS offre également de l’information intéressante, notamment sur la formation aux adultes et sur la reconnaissance des compétences.

Les études à distance. Les études à distance, de niveaux collégial ou universitaire, offrent aussi la possibilité d’obtenir des diplômes reconnus. Pour un D.E.C ou une A.E.C, on consulte le site cégep@distance. Pour une formation universitaire, il y a, entres autres, Téluq (associé à l’UQÀM), la formation à distance de l’Université de Montréal et celle de l’Université Laval.

Les avantages de la formation continue

Même si le but premier d’un retour aux études est, en général, de trouver ou retrouver un emploi, les « étudiants âgés» y trouvent d’autres avantages très appréciables. En plus de compenser la perte de fonctions cérébrales due au vieillissement, les aînés qui étudient se découvrent de nouveaux intérêts, demeurent activement engagés dans leur communauté et sont fiers de suivre les jeunes générations quant à l’évolution des technologies, par exemple. Les aînés aux études se sentent souvent en meilleure santé, plus heureux, plus respectés et plus indépendants…

Étudiante de 62 ans, Micheline découvre tous les bienfaits du retour sur les bancs d’école. «Je me sens à jour, dit-elle avec enthousiasme. Je ne me sens pas dépassée par la technologie. Je me rends compte que je ne suis pas trop vieille pour réaliser de belles choses. Les études nous gardent jeunes.»

Même son de cloche chez Bertrand, 51 ans, qui a terminé récemment un D.E.P dans le domaine des machineries lourdes. Pour lui, étudier avec des jeunes de 18 ou 20 ans a été une expérience très enrichissante. «Comme quoi, il n’est jamais trop tard pour entreprendre la carrière de nos rêves», mentionne-t-il.

Pour sa part, c’est à 55 ans que François a retrouvé le sourire. Souffrant d’importants maux de dos depuis plusieurs années, il a entrepris, il y a trois ans, un retour aux études qui lui a permis de cesser d’accumuler les petits boulots très «physiques» et de les remplacer par un emploi stable – et moins exigeant – dans le domaine de la comptabilité. Lui, qui jadis stressait à la seule idée d’allumer un ordinateur, maîtrise dorénavant divers programmes informatiques. «C’est très valorisant!» s’exclame-t-il.

On dit que l’on commence à vieillir lorsque l’on cesse d’apprendre… La fontaine de jouvence se trouverait-elle sur les bancs d’école?

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