Le Bel Âge ne supporte plus votre navigateur. En savoir plus

Feu vert

Feu vert

Par Aline Pinxteren

Crédit photo: Laurence Labat

8 h 15, un matin pas comme les autres de la semaine dernière. Je ne travaillerai pas de chez moi pour une rare fois depuis un an et demi.

Les neurones pas encore bien connectés, je monte dans le taxi de Jean, qui se met directement à me poser plein de questions, auxquelles je réponds tant bien que mal. Si mes compétences en jasette ont clairement pris le bord depuis notre solitude covidienne forcée, mon très sympathique chauffeur n’a rien perdu de ses talents oratoires (il a déjà pris son café, lui!).

Après m’avoir demandé où je travaille/ce que j’y fais/de quoi parle le magazine/à qui il s’adresse/où on le trouve/s’il a du succès/les sujets abordés, il me pose une colle: quel serait le meilleur conseil financier à donner?

Ouch… Peut-être épargner le plus tôt possible pour le dernier tiers de sa vie, question d’en profiter pleinement? Rebondissant sur ma réponse, Jean avance qu’on ne devrait faire que gagner de l’argent jusqu’à 30 ans – pas d’amis, d’amoureux, d’enfants, ni de voyages ou de restaurants –, travailler à fond, puis revenir au monde une fois les coffres pleins.

Oui, j’entends, mais est-ce vraiment mieux de fonder une famille à 40 ans passés et de devoir soutenir les études de nos enfants alors que notre vie professionnelle touche à sa fin? Ça se discute, Jean en convient… et me confie ce qu’il répète sans cesse à sa soeur plus âgée qui regrette ses rêves abandonnés en pensant qu’ils ne sont plus à sa portée: «La vie commence à 50 ans, il n’est jamais trop tard pour se lancer!» Lui, c’est clair, il se voit jouer avec son band sur scène à 90 ans bien sonnés.

On était arrivés, fin du trajet, mais sa phrase m’est restée en tête toute la journée. Comme en écho, une citation du philosophe Fabrice Midal me saute aux yeux le lendemain dans une entrevue: «Il faut se plaindre chaque jour, mais pas plus de 20 minutes, sinon on s’asphyxie!

Puis, une fois qu’une étincelle apparaît, il faut la suivre. Et la vie redevient palpitante.» Ça me rappelle l’histoire inspirante de Fumie Takino, cette arrière-grand-mère japonaise qui a entamé des études de gérontologie à 65 ans après une première vie de mère au foyer et a lancé dans la foulée une troupe de meneuses de claques, Japan Pom Pom, rassemblant une trentaine d’amies fatiguées de déprimer sur le temps qui passe et dansant depuis devant des foules admiratives à la place.

Nous serons bientôt tous en zone verte, et c’est l’été en plus! Le moment ou jamais de s’écouter et d’essayer du nouveau qui nous fait envie, décor, travail, garde-robe, sport, lectures, activités, alouette! Savourer notre liberté retrouvée. Comme me l’a aussi dit le fameux Jean, «tout est possible, tout le temps»!

Je fais mon budget beauté

Entre nous

Le billet d'Aline Pinxteren, rédactrice en chef

Lumières de courtoisie

Vidéos