Vivre sa retraite à l’étranger

Vivre sa retraite à l’étranger

Par Josée Jeffrey

Crédit photo: Laurence Labat

Passer sa retraite dans un pays ensoleillé est un rêve de plus en plus accessible. Charline et Bertrand, tous deux âgés de 67 ans, sont tombés sous le charme du Portugal après plusieurs séjours au cours de la dernière décennie. Ils s’étaient promis de s’y établir à leur retraite.

Le couple a validé toutes les procédures avant de couper les ponts avec le Canada. Tout a été passé au peigne fin, de l’assurance maladie au mandat de protection, de même que le décès. Leur préoccupation actuelle concerne leurs rentes publiques. Pourront-ils conserver leur pension de la Sécurité de la vieillesse et leurs rentes de retraite du Régime de rentes du Québec?

Rente de retraite du Régime de rentes du Québec (RRQ)

Le couple reçoit déjà ses rentes de retraite de la RRQ. Quel que soit l’endroit où il s’établira, il continuera de les recevoir. D’ailleurs, Retraite Québec fait les paiements par dépôt direct dans plusieurs pays. Pour ceux n’ayant cependant pas encore fait leur demande de rente de retraite, celle-ci leur sera versée s’ils résident ailleurs, selon les cotisations qu’ils ont faites tout au long de leur vie active au Québec ou ailleurs au Canada (Régime de pensions du Canada). Ces gens conservent tous leurs droits acquis.

Pension de la Sécurité de la vieillesse (PSV)

On peut demander notre PSV dès l’âge de 65 ans ou après, jusqu’à concurrence de 70 ans. Le montant reçu dépendra de notre revenu et de la durée de notre résidence au Canada (au moins 10 ans) ou dans certains pays après l’âge de 18 ans. Charline et Bertrand, quant à eux, reçoivent déjà leurs pleines prestations. De plus, ils sont nés au Canada. Les prestations continueront de leur être versées même s’ils vivent à l’étranger.

Toutefois, il est toujours possible d’en faire la demande après un départ du Canada. Si on habite dans un pays qui n’a pas conclu de convention fiscale avec le Canada, il faudra déclarer nos revenus de toutes provenances sur le formulaire T1136 auprès de l’Agence du revenu du Canada pour calculer l’impôt de récupération, le cas échéant. Si nos revenus nets excèdent le seuil annuel (81 761 $ en 2022), un impôt additionnel sera retenu sur nos prochaines prestations.

Avant de partir

La décision de s’expatrier ne doit pas être prise à la légère. Ce projet de retraite demande une très bonne planification financière et fiscale. Voici quelques conseils avant de se lancer dans l’aventure.

• Choisir un pays ayant signé une convention fiscale avec le Canada pour éviter la double imposition.
• Nous informer des répercussions fiscales dans les deux pays de notre vivant et à notre décès.
• Dresser le bilan de tous nos avoirs afin de déterminer tous les impacts fiscaux et les conséquences sur notre patrimoine afin de les optimiser.
• Communiquer avec Service Canada pour demander notre PSV après notre départ du Canada (formulaire SC ISP-5054).
• Remplir un formulaire NR5 tous les cinq ans pour diminuer la retenue d’impôt des non-résidents sur nos revenus de source canadienne, si cela s’avère plus avantageux pour nous.
• Consulter un professionnel de la planification financière avant notre départ.

À retenir

Si on est absent du Canada pendant plus de six mois, on ne peut pas recevoir le Supplément de revenu garanti (SRG).

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