Budget de retraite: en sortir gagnant!

Budget de retraite: en sortir gagnant!

Par Ronald McKenzie

Crédit photo: iStockphoto.com

Depuis que vous êtes sur le marché du travail, vous avez été habitué à dresser votre budget en commençant par évaluer vos revenus. Or, une fois à la retraite, vous devrez changer votre manière de voir et mettre la priorité sur les dépenses.

En effet, durant votre vie de travailleur, vous combliez les besoins nouveaux en cherchant à augmenter vos revenus. À la retraite, c’est une autre histoire. Vous ne dépenserez plus votre argent de la même façon, car vous en aurez probablement moins que lorsque vous étiez au boulot. La planification de la retraite, c’est plus qu’une question d’argent. C’est le moment privilégié de réviser son échelle de valeurs.

Quelles dépenses?

Les spécialistes évaluent qu’une personne a besoin, en gros, de 70% de son revenu annuel brut moyen des trois dernières années de travail afin de conserver son niveau de vie à la retraite. Pour un revenu brut de 30 000$, par exemple, c’est donc 21 000$ qu’il vous faudrait à la retraite.

Prenez cette règle du 70% avec un grain de sel. En effet, si votre revenu annuel brut est de moins de 30 000$ et que vous prévoyez payer un loyer, vous aurez sûrement besoin de plus de 70% de votre revenu annuel brut pour garder le même niveau de vie. Par contre, si vous avez gagné des revenus plus élevés que la moyenne, par exemple 60 000$ par année ou davantage, vous pourriez vivre confortablement avec 60% ou 65%.

Pourquoi 70% et non pas 100%? Parce que, en général, les dépenses liées au travail vont diminuer ou être éliminées une fois que vous serez retraité. Vous ne cotiserez plus au Régime de rentes du Québec (RRQ) ou à la caisse de retraite de votre employeur, vous paierez moins d’impôt et vos charges familiales devraient diminuer. Par contre, vous paierez davantage en soins de santé, en primes d’assurance vie et en activités sociales et récréatives (voir le tableau Les dépenses à la retraite, en page 4).

Répondre aux questions fondamentales

Répondre aux questions fondamentales

Pour réussir la planification budgétaire de votre retraite, vous devez d’abord vous projeter dans le temps. Vous devez répondre à plusieurs questions fondamentales, dont la première qui semble évidente, mais qui ne l’est pas forcément: vais-je prendre ma retraite seul ou avec ma conjointe ou mon conjoint? Si je suis seul actuellement, vais-je le demeurer pour toujours? Devrai-je éventuellement héberger un vieux parent? Si oui, quelle charge financière cela représentera-t-il? De plus, vous devrez faire le point sur les questions suivantes.

  • Quels projets vais-je réaliser? Faire des voyages? Rénover le chalet? Me lancer en affaires?
  • Quand vais-je les réaliser? Il est très important d’avoir une idée assez précise du nombre de mois ou d’années qui s’écouleront d’ici là, car cela détermine le niveau d’épargne à effectuer.
  • Mes projets s’opposent-ils à ceux de mon conjoint? Évidemment, ce n’est pas une question à incidence budgétaire, mais il importe d’y répondre avec franchise, sinon votre vie de couple pourrait en pâtir. Si vous voulez voyager alors que votre douce moitié a peur de l’avion, il y a un os. Si vous voulez vendre le chalet familial alors que votre conjoint désire le rénover, il y a un pépin. Commencez tôt à en discuter, car vous risquez d’être pris de court lorsqu’il faudra prendre des décisions.

Le budget de l’an un

Vous connaîtrez probablement des moments d’incertitude budgétaire durant votre première année de retraite. C’est normal, car il s’agit d’une toute nouvelle façon de vivre, notamment avec des revenus inférieurs à ceux que vous receviez quand vous étiez au travail. La façon la plus simple d’apprivoiser votre nouvel environnement financier consiste à comparer les dépenses de votre dernière année sur le marché du travail avec celles de votre première année à la retraite.

Cette comparaison est évidemment théorique, car elle se base sur une projection de ce que seront vos dépenses futures. Un planificateur financier me confiait récemment qu’un nouveau retraité, pour avoir une idée précise de son niveau de vie, devait passer à travers les quatre saisons de l’année. Les rajustements budgétaires, inévitables, seront donc apportés en cours de route. Cependant, l’exercice de comparaison garde toute son utilité, car il vous permet rapidement d’identifier les dépenses qui peuvent être réduites, celles qui doivent augmenter et celles qui demeurent stables.

Que faire?

Que faire?

Après quelques mois de nouvelles habitudes budgétaires, vous vivrez sûrement l’une ou l’autre des deux situations suivantes.

  • Certains mois sont déficitaires. Que faire? Les mois d’hiver, par exemple, peuvent être plus onéreux que ceux du printemps et de l’été. C’est normal, vous n’avez pas à vous inquiéter.  Assurez-vous que vos mois excédentaires compensent les pertes et que, à la fin de l’année, votre budget annuel demeure équilibré.
  • J’ai un surplus à la fin de l’année. Que faire? Voilà un heureux problème à régler Appropriez-vous ce surplus en le transférant dans un compte d’épargne ou dans un certificat de placement garanti, par exemple. Ensuite, commencez la nouvelle année financière avec, dans votre compte d’exploitation, uniquement les revenus déjà prévus au budget. N’oubliez pas que les surplus budgétaires ne sont pas le mode de financement de vos projets. En effet, de l’argent est déjà prévu à cette fin. Voyez les surplus annuels comme une récompense à vos efforts d’épargne.


Pour terminer, notons qu’il n’est pas toujours simple de gérer son budget à l’aide d’un seul compte bancaire dans lequel on verse tous les montants nécessaires à faire vivre la maisonnée. Si c’est votre cas, n’hésitez pas à ouvrir deux ou même trois comptes. Ainsi, vous pourriez en utiliser un pour régler les dépenses fixes (hypothèque, électricité, chauffage, assurances, taxes, etc.) et un autre pour payer les dépenses variables, comme les frais de santé, les loisirs et les fournitures. Certes, cela vous coûtera plus cher en frais bancaires, mais ce peut être le compromis à accepter pour contrôler votre budget de main de maître.

Cours et logiciels pour vous aider

Les cours sur le budget

Depuis des années, les groupes de protection des consommateurs, comme les associations coopératives d’économie familiale (ACEF), offrent des cours sur le budget. Vous y apprenez comment utiliser les grilles budgétaires, planifier les dépenses, vous approprier les surplus, etc. C’est simple et efficace, en plus d’être une bonne occasion de faire des rencontres intéressantes. Les cours s’étalent habituellement sur deux ou trois semaines, à raison de un cours par semaine. Prévoyez des frais. Pour savoir où trouver des cours sur le budget, tapez «cours budget ACEF» dans un moteur de recherche Internet.

Des logiciels spécialisés

Si vous êtes familier avec les chiffriers électroniques, comme Excel ou Lotus, vous pouvez facilement créer vos propres grilles budgétaires. Les avantages sont évidents : une fois que vous avez enregistré les formules, les additions et les soustractions se font toutes seules. De plus, vous pouvez rapidement dresser des bilans mensuels, semestriels et annuels.

Si toutefois vous n’êtes pas à l’aise avec ces chiffriers, vous pouvez vous procurer des logiciels spécialisés en finances personnelles vendus dans les boutiques d’informatique ou dans les magasins de produits électroniques. Un magasinage rapide nous a permis de dénicher trois produits qui pourraient répondre à vos besoins : Quicken*, QuickBooks*, Microsoft®1 Money, et SimpleComptable+.

Outre des grilles budgétaires, ces produits offrent une foule de fonctionnalités. Vous pouvez y tenir la comptabilité d’une famille et d’une petite entreprise, produire des rapports financiers, effectuer des conciliations bancaires, etc. On y trouve des utilitaires pratiques, comme des carnets d’adresses, des calculatrices, des aide-mémoire et des calendriers.Avant d’acheter, assurez-vous que le logiciel est compatible avec votre ordinateur.

Tableau: Les dépenses à la retraite

Les dépenses à la retraite

DÉPENSES
Éliminées
Diminuées
Stables
Augmentées
Activités sociales et récréatives            X
Alimentation          X  
Cotisations à une caisse de retraite        X   
Cotisaitons au RRQ        X   
Cotisations profesionnelles        X   
Cotisations syndicales        X   
Prime d'assurance vie    
Entretien du véhiclue        X 
Frais de transport          X            X
Frais de voyage    
Impôt sur le revenu          X  
Logement        X 
Prime d'assurance-emploi        X   
REER        X   
Soins de santé              X
Vêtements          X  

Source: Guide de la planification financière de la retraite, Question Retraite.

Je fais mon budget beauté

Entre nous

Le billet d'Aline Pinxteren, Rédactrice en chef

Crier sur la plage

Vidéos