Frais funéraires : pour tous les goûts, à tous les coûts

Frais funéraires : pour tous les goûts, à tous les coûts

Par Maryse Guénette

Crédit photo: istockphoto.com

Dès que l’on confie à une entreprise funéraire le mandat d’organiser des funérailles, celle-ci s’occupe de tout. Elle prend en charge les différentes formalités administratives (comme l’enregistrement du décès à la Direction de l’état civil), le transport de la dépouille, la publication d’avis nécrologiques dans les journaux, l’exposition, l’embaumement ou la crémation, l’organisation de la cérémonie ou du service religieux et parfois même de la réception. Il arrive aussi qu’elle offre les services d’un notaire ou d’un psychologue.

Certaines décisions doivent être prises dès le départ. Cela sera délicat, surtout si les personnes concernées ne voient pas toutes les choses de la même manière. «Pour ne pas regretter son choix, il faut se demander ce que le défunt aurait voulu», soutient Marc Poirier, président de la section montréalaise de la Corporation des thanatologues du Québec et vice-président aux opérations chez Magnus Poirier. «Et si l’un des membres de la famille désire voir le défunt une dernière fois, il faut respecter son souhait, affirme Marc Poirier. Sinon, cette personne pourrait en vouloir longtemps à ceux qui, par exemple, auraient décidé de faire incinérer rapidement le corps.»

Parmi les premières choses à décider, il y a l’exposition ou non de la dépouille. «Lorsque celle-ci est exposée, il faut l’embaumer», explique M. Poirier. Cette opération est d’ailleurs obligatoire si le corps est exposé plus de 18 heures après le décès. Il faut aussi choisir entre l’inhumation et l’incinération. De cette décision en découlent d’autres. Ainsi, si vous optez pour l’inhumation, vous devez acheter un cercueil, alors que si vous faites incinérer la dépouille, vous pouvez louer un cercueil (pour l’exposition) et acheter une urne afin d’y déposer les cendres.

L’incinération peut avoir lieu avant qu’un hommage ne soit rendu au défunt; la cérémonie se déroulera alors en présence de l’urne. «Dans tous les cas, l’important, c’est de prévoir un temps de commémoration, dit Marc Poirier, soit un moment durant lequel les gens peuvent échanger, parler du défunt, se recueillir.»

Cette rencontre peut être suivie d’un service religieux à l’église ou d’une cérémonie civile ou religieuse au complexe funéraire. Certaines entreprises proposent alors de projeter la photo du défunt ou de réaliser un diaporama. Les personnes qui travaillent dans les complexes funéraires vous aideront à choisir ce qui convient à votre situation.

Les préarrangements

Les préarrangements funéraires

Parce que vous voulez rendre la vie plus facile à vos proches ou parce que vous préférez décider vous-même des dispositions entourant votre décès, vous avez l’intention d’acheter des préarrangements funéraires? Les services que l’on offre sont les mêmes que ceux que l’on aurait proposés à vos proches. La différence, c’est que vous les payez d’avance.

Les préarrangements funéraires consistent en deux contrats que vous concluez avec une entreprise funéraire. Le premier porte sur les services funéraires (tous les biens et services fournis en rapport avec votre décès), l’autre, sur la sépulture (en lien avec la concession achetée au cimetière ou le compartiment loué au columbarium). Chacun des contrats doit contenir la description et le prix des biens et des services offerts, de même que les taxes applicables. Ces mentions sont obligatoires, car les préarrangements funéraires sont encadrés par la Loi sur les arrangements préalables de services funéraires et de sépulture, administrée par l’Office de la protection du consommateur. L’entreprise funéraire est tenue de déposer 90% de la somme que vous lui avancez dans un compte en fidéicommis, de telle sorte que votre argent est protégé en cas de faillite ou de fermeture du commerce.

Ces préarrangements sont-ils avantageux? «Oui, dans la mesure où ils procurent une certaine tranquillité d’esprit», répond Paul-Guy Vézeau, directeur commercial à la maison Alfred Dallaire et directeur du complexe de Laval. Mais d’un strict point de vue financier, ce n’est peut-être pas l’affaire du siècle. En effet, les intérêts que l’entreprise funéraire récoltera en plaçant votre argent pendant 10, 15 ou 20 ans seront probablement plus élevés que les économies que vous aurez réalisées. C’est notamment pour cette raison qu’on ne suggère pas aux personnes de moins de 60 ans de conclure de tels contrats. Peut-on annuler des préarrangements? Oui, mais plusieurs conditions s’appliquent.

Généralement, même des années après la signature, vous pouvez modifier les contrats de préarrangements. Vous aviez choisi de ne pas être exposé, mais vos enfants vous ont convaincu du contraire? Vous devrez payer ce service au prix demandé au moment d’effectuer le changement. Vous aviez choisi l’inhumation et préférez maintenant la crémation? La première étant plus chère, on vous remettra la différence.

Selon Marc Poirier, les contrats de préarrangements funéraires ne devraient pas être modifiés trop souvent. «Chaque fois, on risque de perdre de l’argent», explique-t-il. Il invite également les consommateurs à être vigilants. Si vous effectuez des changements importants, les entreprises funéraires pourraient être tentées de faire de nouveaux contrats et c’est alors le prix de tout le forfait qui augmenterait.

Afin que vos proches sachent que vous avez acheté des préarrangements, le directeur des funérailles a l’obligation d’envoyer, dans les 10 jours suivant la signature du contrat, une copie de l’entente à une personne que vous aurez désignée. Il est possible de vous soustraire à cette obligation, mais cela n’est pas conseillé. «Il serait dommage que vos proches n’apprennent jamais quelles étaient vos intentions», insiste Marc Poirier.

Pour éviter qu’il y ait de la bisbille au moment de votre décès, mentionnez dans votre contrat qu’il est possible d’en modifier certaines clauses. Ainsi, vous serez certain que les dispositions que vous avez prises ne susciteront aucune frustration chez ceux qui vous sont chers.

Coopératives funéraires

Les coopératives funéraires

Elles sont nées dans les années 1970 afin de mettre un terme aux abus que commettaient certaines grandes entreprises funéraires. «À l’époque, bien des gens s’endettaient pour faire enterrer leur père ou leur mère, raconte Alain Leclerc, directeur général de la Fédération des coopératives funéraires du Québec. Pour réagir à l’exploitation, il fallait offrir des services et donner de l’information.»
Plus de 30 ans plus tard, c’est toujours ce que font les coopératives. Les services, proposés tant aux membres qu’aux non-membres, sont les mêmes que ceux que l’on trouve dans les grandes entreprises. Mais ils coûtent moins cher, jusqu’à 40% dans certains cas. Ainsi, des funérailles traditionnelles, dont le coût moyen est de 6000$ dans une maison funéraire, peuvent revenir à 3600$ dans une coopérative. «Nous ne sommes pas des entreprises privées, dit Alain Leclerc. Nous ne faisons pas de profit et nous n’avons pas d’actionnaires à payer.»

Surprenant! Malgré leurs prix relativement bas, les coopératives parviennent parfois à dégager des surplus. Lorsque cela se produit, elles les réinvestissent dans la communauté. «En 2005, une coopérative du Lac Saint-Jean a donné plus de 10 000 $ à des organismes communautaires», raconte Alain Leclerc. Autre initiative à souligner: lorsqu’un membre perd un enfant de moins de 15 ans, les funérailles de ce dernier sont gratuites.

La Fédération des coopératives funéraires publie deux fois par année le magazine Profil, qui traite de tous les aspects de la mort et du deuil, ainsi que différents guides (notamment sur la planification successorale). Certaines coopératives offrent aussi gratuitement des services de notaire ou de psychologue.

Être membre d’une coopérative funéraire coûte 20$. La cotisation n’est payable qu’une fois et est transférable d’une coopérative à une autre. Pour plus d’informations, composez le (819) 566-6303 ou consultez le site www.fcfq.qc.ca

Combien ça coûte?

Combien ça coûte?


Selon les chiffres qui nous ont été fournis, il en coûte au moins 2500$ pour organiser des funérailles. Les prix varient beaucoup d’une entreprise à l’autre. Le montant de la facture fluctue en fonction des services que vous choisirez. Afin de vous aider à vous y retrouver, voici une description de trois types de funérailles parmi les plus courantes, ainsi que les prix demandés pour chacune. Notez que les taxes, les frais demandés par l’église pour le service religieux et ceux facturés par le cimetière ou le columbarium ne sont pas inclus dans les prix.

Les funérailles traditionnelles. Ce sont elles qui ressemblent le plus aux funérailles que l’on connaissait autrefois, sauf qu’elles sont plus courtes (l’exposition a lieu durant un après-midi et une soirée, et les obsèques, le lendemain). À cette occasion, la dépouille est transportée à l’église, où a lieu un service religieux, puis au cimetière ou au crématorium, selon le cas. Coût approximatif: 6000$.

Les funérailles modernes. Calquées sur les funérailles traditionnelles, elles sont composées d’une exposition suivie d’une cérémonie. L’exposition est plus courte que dans le cas des funérailles traditionnelles (une journée) et la cérémonie (civile ou religieuse) a lieu au complexe funéraire le même jour. La dépouille est ensuite envoyée au crématorium. Coût approximatif: 4000$.

Les funérailles en présence de l’urne. Ici, on effectue d’abord l’incinération, puis les proches du défunt se réunissent dans un salon, en présence de l’urne. On rend ensuite hommage au défunt, le plus couramment au cours d’une cérémonie civile. Coût approximatif: 2500$.

Les maisons funéraires offrent des forfaits qui, en théorie, incluent tous les services. Toutefois, il peut y avoir des différences d’une entreprise à l’autre. Pour que tout soit clair, demandez une évaluation détaillée avant de signer le contrat. La liste qui suit facilitera votre prise de décision. Le forfait comprend-il:

  • La location du salon?
  • Le coût du cercueil?
  • Le coût de l’urne?
  • Un coussin de fleurs sur le cercueil?
  • Le service des porteurs?
  • Le fourgon funéraire?
  • Une limousine?
  • Une voiture pour les fleurs?
  • Les services administratifs (publication de l’avis, preuve de décès, etc.)?
  • Les cartes de remerciements?
  • Une réception après la cérémonie?

Dénicher le meilleur prix

Pour dénicher le meilleur prix

En 2005, Sérénia, une entreprise de courtage dans le domaine funéraire, voyait le jour. «Lorsqu’un décès survient dans une famille, les gens se sentent démunis, dit Marc Légaré, président de l’entreprise. Nous agissons comme intermédiaire entre eux et les entreprises funéraires. Puisque nous ne sommes pas endeuillés, nous pouvons garder la tête froide et négocier les meilleurs prix.»

La Corporation des thanatologues du Québec ne voit pas d’un bon œil les services de Sérénia. Selon elle, parce qu’il n’y a pas deux funérailles exactement pareilles, un courtier dans ce domaine n’a pas sa raison d’être. De plus, note la corporation, Sérénia serait en conflit d’intérêts, car son président possède deux maisons funéraires où Sérénia enverrait la plupart de ses clients.

«Nous faisons affaire avec toutes les entreprises qui acceptent de négocier, rétorque Marc Légaré. Lorsqu’elles nous louent leur salon ou rendent une partie des services, nous obtenons toujours le meilleur prix possible.» Vous désirez faire affaire avec Sérénia? Avant de signer quoi que ce soit, comparez le prix négocié pour vous à celui demandé par les entreprises funéraires près de chez vous. Même en période de deuil, il faut être vigilant. Depuis peu, on trouve dans les Pages jaunes des maisons funéraires offrant des services à prix réduit. On les reconnaît facilement, car ce sont les seules à afficher leurs prix, qui sont environ 40% inférieurs à ceux de leurs concurrents.

Le phénomène inquiète Marc Poirier, qui se demande à quoi les consommateurs peuvent s’attendre. Vous songez à retenir les services de l’une de ces entreprises? Pourquoi ne pas vous rendre sur place et visiter les lieux? Ainsi, vous saurez au moins si l’endroit vous convient. M. Poirier met particulièrement en garde les personnes intéressées par les préarrangements funéraires: «Ces entreprises seront-elles encore sur le marché dans 10 ou 20 ans?» Mais est-ce vraiment risqué? Étant donné qu’elles ont l’obligation de placer 90% des sommes qui leur sont versées dans un compte en fidéicommis, on peut en douter.

Les premières démarches

Malgré le flot d’émotions qui peut nous submerger, la mort d’un proche nécessite que l’on prenne des mesures d’urgence, notamment en ce qui a trait à la disposition de la dépouille et au service funèbre. Voici quelques points pour vous aider à vous y retrouver dans les premières démarches.

  • Le défunt a-t-il dit comment il voulait que l’on dispose de sa dépouille?
  • Désire-t-il être incinéré ou inhumé?
  • Veut-il être exposé?
  • Quel type de service souhaite-t-il avoir : religieux ou civil?
  • Avait-il conclu des contrats de préarrangements funéraires?
  • Était-il membre d’une coopérative funéraire?
  • Pouvez-vous prévenir ses proches?
  • Ces derniers doivent-ils venir de loin pour rendre leur dernier hommage? Si oui, devez-vous prendre des mesures pour les héberger?
  • Avez-vous retrouvé le testament du défunt?

mise à jour le 2007-07-31

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Le billet d'Aline Pinxteren, Éditrice et rédactrice en chef

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