Marché du travail: retraités recherchés

Marché du travail: retraités recherchés

Par Simon Diotte

Crédit photo: Photo by Clem Onojeghuo on Unsplash

Pour les gens à la retraite qui souhaitent retourner sur le marché du travail, les offres d’emploi sont plus diversifiées que jamais. Où bosser et que faire? On prépare son cv!

Bonne nouvelle pour tous ceux qui songent à retourner sur le marché du travail pour arrondir leurs fins de mois ou se payer une gâterie: à l’heure actuelle, dans presque tous les domaines, il manque de main-d’œuvre, «forçant les employeurs à être de plus en plus ouverts à toute forme de diversité, ce qui comprend l’embauche de travailleurs expérimentés», avance Noémie Ferland-Dorval, conseillère Affaires publiques à l’Ordre des conseillers en ressources humaines agréés (CRHA). De fait, certaines entreprises adressent leurs offres d’emploi directement aux retraités, notamment en les affichant sur Emploi Retraite ou en les reformulant de manière à interpeller ce public cible. «Les employeurs en sont de plus en plus friands, car ils n'entrent pas au travail par nécessité, mais par choix, constate Julie Dufresne, fondatrice et directrice d’Emploi Retraite. Par conséquent, ils travaillent avec le sourire aux lèvres. Ils sont aussi très loyaux et souhaitent partager leurs connaissances.» Autre avantage: les jeunes retraités d’aujourd’hui sont aussi très à l’aise avec les nouvelles technologies, faisant d’eux des candidats recherchés.

 

Un éventail d’emploi élargi

Pendant longtemps, les chaînes de restauration rapide et les quincailleries étaient presque seules à faire de l’œil aux travailleurs expérimentés. Aujourd’hui, la plupart des milieux les courtisent. La diversité des types de poste est aussi au rendez-vous. «Les employeurs recherchent autant des cadres que des journaliers, autant pour des postes saisonniers que du temps partiel ou du temps plein», constate Noémie Ferland-Dorval.

Il y a aussi la possibilité de choisir parmi la multitude de jobs atypiques disponibles sur le marché à l’heure actuelle. Des exemples? On peut devenir client mystère en évaluant le service à la clientèle en magasin, intervieweur téléphonique en télétravail pour une firme de recherche en marketing, tuteur et aide aux devoirs auprès d’étudiants, promeneur de chiens, participant à des études cliniques, figurant pour des tournages, vendeur de sapins de Noël... Si on a un talent particulier ou une passion, on a également l’option de monétiser cette expertise comme professeur de yoga ou de guitare, animateur de soirée de dégustation de bière ou de vin, testeur de jeux vidéo, alouette!

 

Comment s’y prendre?

Étape 1: Regarder du côté de ses passions «Si on aime la cuisine, on peut travailler dans une boulangerie ou un service de traiteur, les sports d’hiver, dans une station de ski, ou la pêche, dans une boutique de plein air», suggère Julie Pilon, directrice générale de Jobboom, un service de placement en ligne.

Étape 2: Rédiger et bichonner son curriculum vitae On évite la composition de cv longs comme des romans en visant plutôt la concision et la mise en valeur des éléments en lien avec le poste convoité, recommande Noémie Ferland-Dorval.

Étape 3: Lire les offres d’emploi sur les sites en ligne Jobboom et Emploi Retraite sont des exemples, mais il en existe aussi d’autres. Ces plateformes affichent aussi des jobs atypiques qui valent le coup d’œil. On s’inscrit aux sites de notre choix afin de recevoir des alertes pour les emplois susceptibles de nous intéresser.

Étape 4: Alerter notre entourage/nos contacts Le bouche à oreille, ça aide! Plus on parle de notre projet de retourner sur le marché du travail, plus on augmente nos chances de trouver l’emploi qui convient à nos besoins.

Étape 5: Solliciter directement les employeurs Une solution si nos démarches n’aboutissent à rien. «Beaucoup de postes ne sont jamais affichés», confirme Julie Pilon.

 

Ce qu’ils ont fait

À court d’idées? Les témoignages suivants pourraient en aider plus d’un à trouver chaussure à son pied.

 

Se laisser guider par les opportunités

Après 37 ans dans le réseau de la santé comme travailleur social, Gaétan Matte a plié bagage à 58 ans. «Mais c’était clair dans ma tête que je ne vivrais pas une vie de loisir jusqu’à ma mort, dit ce résidant de Québec. Je désirais demeurer actif, sans toutefois avoir un plan précis.» Grâce à ses contacts, l’occasion de rejoindre l’équipe de gestion des Jeux du Québec édition 2019 s’est présentée. «Pendant quatre mois, j’ai participé à temps plein à un projet super stimulant. J’ai adoré.» Par la suite, Gaétan est redevenu travailleur social en pratique privée à temps partiel, tout en menant divers projets. «Je me laisse guider par les opportunités. J’ai publié un récit de voyages et je suis maintenant pigiste pour Géo Plein Air, un magazine de plein air.»

Les postes de cadre à temps partiel ou pour un court mandat sont stimulants et très recherchés. «Beaucoup d’organismes en tous genres recherchent des cadres pour des projets temporaires ou pour un remplacement de congé de maternité», confirme Noémie Ferland-Dorval.

 

De propriétaire à livreur

Jules Demers, 69 ans, a longtemps été propriétaire d’une mercerie à Granby, dans les Cantons-de-l’Est. Quand il a vendu son commerce à 64 ans, il n’avait nullement l’intention de se bercer devant sa fenêtre. «Je suis devenu livreur de médicaments pour une pharmacie. J’adore cela. Je vois du monde et je découvre des coins de ma région dont je ne soupçonnais même pas l’existence.» Ce semi-retraité travaille de 15 à 20 heures par semaine. «En voiture, c’est relaxant.» Tant que la santé sera au rendez-vous, il n’a pas l’intention de ranger ses clés.

 

Suivre sa passion

Pendant 36 ans, Suzanne Aubry, 59 ans, a enseigné dans les écoles secondaires. À l’heure de la retraite, elle voulait demeurer active. «Je n’aime pas avoir trop de temps libre.» Passionnée de décoration, elle est devenue conseillère aux ventes dans un magasin d’accessoires de salle de bains et de cuisine à Longueuil. «C’est un bel emploi. Je me sens extrêmement appréciée par mon employeur, qui le démontre constamment, ce qui n’était pas le cas dans le réseau scolaire», dit-elle avec une pointe d’ironie. Elle travaille le nombre de jours qu’elle désire par semaine. Bref, Suzanne est devenue maîtresse de son horaire… et ne s’en plaint pas!

 

Amateur de sport

Ex-directeur des services à l’université Saint-Paul à Ottawa, André Séguin a décidé de vivre sa retraite dans les Laurentides. Peu après son déménagement, il a ressenti un besoin mental de sortir et de rencontrer du monde. «Je me suis trouvé un emploi à temps partiel de moniteur de ski alpin à la station Belle-Neige de Val-Morin», confie ce jeune retraité de 62 ans. Lorsque la neige a fondu, André Séguin a fait la transition dans la boutique de vélo de montagne de la station. «C’est un emploi très intéressant. J’y travaille deux jours par semaine et, au contraire de mon ancien travail, je n’ai aucune responsabilité. J’aime ça!»

 

Au sein de son quartier

Guide touristique montréalais depuis la nuit des temps, René Lemieux, 65 ans, n’envisageait pas une retraite de sitôt. Toutefois, la pandémie en a décidé autrement. Plutôt que d’encaisser des prestations canadiennes d’urgence (PCU), le Montréalais a choisi de devenir commis dans la pharmacie de son quartier. «En plus de me rendre utile, j’ai la liberté de choisir mon horaire. Ça me garde actif et j’adore mon équipe. J’ai des collègues de travail de tous les âges et de toutes les origines ethniques.»

 

Bonne chasse!

Des ressources: Emploi Retraite à emploiretraite.ca ou au 1 844 436-7564 et Jobboom à jobboom.com.

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