De l’aide pour rester à la maison

De l’aide pour rester à la maison

Par Guy Sabourin

Crédit photo: iStockphoto.com

Plusieurs personnes, en prenant de l’âge, voudraient bien rester chez elles. Mais il leur manque l’énergie pour entretenir une maison ou encore les moyens de payer quelqu’un pour le faire.

Il y a pourtant une solution à la portée de toutes les bourses: les services d’aide domestique disponibles par le biais des entreprises d’économie sociale. Celles-ci, présentes dans toutes les communautés du Québec depuis 1996, ne cessent de se développer. Au chapitre de l’aide domestique, leurs services vont de l’entretien ménager léger (lessive, balayage, époussetage, nettoyage de la baignoire, du frigo, du garde-manger) à l’entretien lourd (grand ménage, lavage des fenêtres, déneigement de l’accès principal au domicile) en passant par l’entretien des vêtements, la préparation des repas sans diète spéciale, l’approvisionnement et autres courses.

Aide financière

Le programme de la RAMQ Exonération financière pour les services d’aide domestique donne un coup de main financier, si bien qu’avoir de l’aide à la maison devient accessible à tous ceux qui croyaient ne pas avoir les moyens! Les résidants du Québec de 18 ans et plus y ont droit sous forme d’un montant fixe (4$ de l’heure pour tous) ou variable. Le montant variable est destiné aux personnes de plus de 65 ans, ou encore à quiconque a entre 18 et 64 ans s’il est recommandé par un CLSC ou un Centre de santé et de services sociaux. Seules les personnes recevant déjà des services d’aide domestique par le biais d’un régime public (CSST, SAAQ, Anciens combattants) ou en vertu d’un programme privé d’assurance n’ont pas droit à l’aide financière.

Comment ça fonctionne? Un exemple: au Service d’entretien domestique du Granit, à Lac-Mégantic, les services coûtent 14,50$ de l’heure. «La personne qui bénéficie de l’aide fixe paie donc 10,50$ de l’heure; avec l’aide variable, la personne de plus de 65 ans peut payer jusqu’à 10$ de moins de l’heure, ou même ne rien payer du tout si un CLSC la recommande. De plus, elle ne paie pas les taxes», explique la directrice générale, Sylvie Frenette.

Au début, il suffit de remplir un formulaire (avec l’aide de l’entreprise d’économie sociale, si nécessaire). L’État envoie ensuite l’argent directement à l’entreprise, tandis que la personne ne paie que sa part, selon ses moyens. «Ça rend les choses plus faciles et plus accessibles», se réjouit la présidente directrice générale d’Économie sociale Québec, Nancy Nemtan. «Obtenir de l’aide n’est qu’une formalité qui se passe toujours bien», renchérit Josée Fontaine, agente à la clientèle de l’entreprise Maintien Plus, qui fournit des services à domicile en périphérie de Montréal

Les coopératives

Les coopératives

L’habitation pour personnes âgées est un secteur en émergence dans l’économie sociale. «Le secteur privé ne rafle que le marché haut de gamme des personnes âgées, ceux ayant les moyens de s’offrir un logement en résidence avec services, explique Mme Nemtan. Il y a peu d’endroits pour les personnes à faible revenu. C’est pourquoi les entreprises d’économie sociale travaillent à développer un type semblable de logement coopératif, ou encore des services élargis pour les personnes désirant rester dans leur logement. Quand le gouvernement a lancé un appel d’offres ces dernières années pour une alternative aux CHSLD, les projets retenus ont été les coopératives.»

Jeunes et en plein développement, parfois même en manque de personnel, il arrive que ces entreprises démarrent lentement. Au besoin, elles établiront des priorités, c’est-à-dire serviront ceux qui en ont le plus besoin.

Ces entreprises ont encore besoin de se faire connaître auprès de leurs clients potentiels. En principe, tous les CLSC du Québec connaissent les entreprises d’économie sociale de leur région et peuvent vous guider vers celles qui offrent les services à domicile dont vous avez besoin.

Quelle différence avec le privé?

Les services privés ont bien sûr tendance à se développer là où il y a de l’argent. Les entreprises d’économie sociale, pour leur part, s’installent dans les quartiers modestes, dans les coins reculés. «L’objectif n’est pas le rendement, mais les services», nuance Nancy Nemtan. En d’autres mots, le profit n’est pas leur raison d’être, puisque ce sont des coopératives ou des OSBL (organismes sans but lucratif).

Elle ajoute que les conditions de travail du privé sont moins bonnes. Selon elle, les 8 000 personnes qui travaillent en économie sociale sont formées non seulement pour aider, mais pour reconnaître d’autres besoins non identifiés chez certaines personnes. Cette formation dure par exemple deux journées complètes chez Maintien Plus. «Nous essayons d’avoir une vision globale de la personne et de l’intégrer dans son milieu», précise Nancy Nemtan. Ce qui veut dire garder l’œil ouvert sur d’éventuels besoins de santé, par exemple, tout en faisant le ménage. Chez Service d’entretien domestique du Granit, la formation de départ dure deux journées et se complète de formation continue annuelle bâtie avec le CSSS de la région. «Nous avons ainsi organisé des formations ayant pour thème l’aide aux aidants naturels, la maladie d’Alzheimer, les mouvements sécuritaires», mentionne Sylvie Frenette.

Santé et autres

Santé et autres

La dernière décennie a aussi vu émerger de multiples coopératives de santé, aussi bien pour des services curatifs que préventifs. Elles sont présentes en milieux ruraux où, par endroits, il manque de médecins de première ligne. Il existe actuellement plus de 40 de ces coopératives de santé partout en province.

Les entreprises d’économie sociale veulent avant tout garder les valeurs humaines présentes malgré les restrictions monétaires. Elles se développent allègrement dans plusieurs autres secteurs : arts et culture (196 entreprises), préparation de repas (46 entreprises), services funéraires (16 entreprises), assurances (5 entreprises), environnement (107 entreprises), loisirs et tourisme (265 entreprises), immobilier collectif (78 entreprises), services aux personnes (710 entreprises), transport (38 entreprises), etc.

Envie de donner un coup de main?

Les entreprises d’économie sociale de toutes les régions, si elles ont besoin de se faire connaître auprès de leurs clients potentiels, ont également besoin de personnel. «Nous offrons des horaires bâtis selon la disponibilité des gens, explique Sylvie Frenette. Par exemple, des personnes retraitées travaillent 12 ou 15 heures par semaine, ce qui leur fournit un revenu d’appoint.» Ça vous dit?

Ressources

Pour trouver un fournisseur de services près de chez vous, contactez Économie sociale Québec, au (514) 899-9916 et 1-888-251-3255. Découvrez la liste complète des entreprises d’économie sociale, au www.economiesocialequebec.ca.

Mise à jour: mars 2009

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