Choisir un revêtement de sol

Choisir un revêtement de sol

Par Michèle Dubreuil

Crédit photo: iStockphoto.com

Il fut un temps où décider du matériau qui constituerait un beau parquet se résumait à choisir entre le bois franc, généralement du chêne ou de l’érable, ou du bois mou, bien souvent du pin, quand c’était pour le chalet. Et peu importe ce que l’on choisissait, un plancher devait briller au maximum. 

Aujourd’hui, les goûts ont changé et, surtout, l’offre s’est diversifiée. L’éventail des essences est beaucoup plus large. Des bois locaux et exotiques se sont ajoutés. Les finis se sont multipliés. La technologie a emboîté le pas et, outre le bois massif, on peut opter pour le bois d’ingénierie, le stratifié, le liège, le bambou, le linoléum. Les imitations se sont peaufinées. On trouve même des «planches» de céramique imitant à s’y méprendre le bois. Voici un survol de quelques produits parmi lesquels vous pourrez faire votre choix. 

Le bois massif

Communément appelé plancher de bois franc, le plancher de bois massif a ses inconditionnels. Ses qualités sont nombreuses et en font un des favoris. D’abord, il convient à tous les styles de décoration: urbain branché, champêtre, classique, etc. D’une grande durabilité, demandant un minimum d’entretien, il reste beau pendant des décennies. Et puisqu’il ne retient pas la poussière, il contribue à créer un environnement relativement sain en minimisant les allergies. 

Très tendance, le parquet de bois massif apporte une plus-value à une maison ou à un appartement et, du coup, en augmente le prix de revente. La variété est aussi très grande: choix impressionnant d’essences locales ou exotiques, de teintes, de longueurs, de largeurs, d’épaisseurs, de finis (brut, satiné, semi-lustré, mat, huilé, artisanal). En raison de leur épaisseur, les lames de bois massif sont celles qui peuvent être poncées le plus souvent au cours de leur vie utile (de trois à cinq fois, et même plus). 

Attention cependant, le bois et l’eau ne font pas bon ménage. Il n’est pas conseillé d’installer du bois franc dans une salle de bains, ni dans une entrée (à cause des bottes en hiver). Dans une cuisine, on essuie rapidement et… on croise les doigts pour que le lave-vaisselle ne déborde pas. 

Avant d’entreprendre votre recherche, notez que, dans le jargon de l’industrie, le niveau de «Qualité» d’un produit est lié à la méthode de production (on compte parfois jusqu’à quatre niveaux de qualité chez un même fabricant). Alors que le «Grade», lui, fait référence à la coloration du produit (variation de couleurs d’une même latte ou d’une latte à l’autre, présences de petits noeuds, etc). 

Enfin, rappelez-vous qu’en choisissant un bois certifié FSC, un éco label garantissant une exploitation forestière responsable, vous encouragez la bonne santé de la planète. 

Prix: de 4,50$ à 14,50$ le pi2, installation comprise. 

Le bois d’ingénierie

C’est un «multicouche» entièrement fait de bois. En surface, on trouve une strate de bois solide de 2 à 3 mm qui peut être poncée jusqu’à trois fois. Elle repose sur un support fait de strates de contreplaqué ou de HDF (fibres de haute densité) qui assurent la stabilité du produit. 

Le bois d’ingénierie est tout indiqué pour les endroits où le plancher doit être collé, comme dans les condos et les sous-sols. Il est de pose facile, et on le dit même plus stable que le bois massif. Appliqué en usine, son revêtement cuit par rayonnement ultraviolet (UV) le rend résistant. À cause de sa faible épaisseur, 12 mm en moyenne, le plancher d’ingénierie est souvent utilisé lors de rénovations où l’on doit tenir compte de dénivellations entre les pièces. 

Si ce matériau peut être collé, il se prête également à une «pose flottante», qui ne nécessite ni clous, ni agrafes, ni colle. On peut aussi utiliser des joints autobloquants, un procédé qui, en plus de présenter les mêmes avantages que la pose flottante, assure au parquet une meilleure stabilité. 

Offert dans une grande variété d’essences de bois, de largeurs, de longueurs, de couleurs et, chez certains fabricants, sans COV (composés organiques volatils) ni formaldéhyde. 

Prix: de 5$ à 12$ le pi2 , installation comprise. 

Le stratifié

Le plancher de stratifié, appelé aussi plancher «laminé» (un anglicisme) ou plus communément plancher «flottant», est fort populaire pour les rénos à petit budget. À noter que le terme «flottant» fait référence à un type de pose et non pas à une catégorie de produit, et qu’il n’est pas réservé au stratifié. 

Léger, assez facile à installer, ce dernier est souvent le chouchou des bricoleurs qui réalisent eux-mêmes leurs travaux. Il est rare que du bois véritable entre dans sa fabrication. Le stratifié est composé de quatre couches: celle du fond est renforcée de mélamine, une autre est faite de panneaux de fibres, vient ensuite la couche décorative faite d’un papier imprimé en HD, qui donne l’impression du grain du bois, puis celle de la finition. Combinées, elles donnent un matériau très dense et d’une grande durabilité. 

Le stratifié existe dans un large éventail de couleurs et de textures dont certaines imitent même les bois exotiques, la pierre, etc. Il tolère l’humidité et convient aux sous-sols ainsi qu’aux salles de bains. Il s’installe sur n’importe quelle surface à l’exception des tapis. En général, plus le stratifié est épais, plus il est de qualité. Son prix abordable est aussi un atout. 

Prix: de 1$ à 5,50$ le pi2, sans installation, et de 3,50$ à 8$ le pi 2, installation comprise. 

Le bambou

Bien que le bambou soit un graminée et non pas un arbre, il possède les qualités de ce dernier. Et ne parle-t-on pas de forêt de bambous? Pour réaliser un parquet, ce sont les «chaumes» (tiges aériennes) qui sont utilisées. Transformées en lattes, traitées contre les insectes et les champignons, puis séchées, elles sont ensuite assemblées à haute température sous haute pression. 

Qu’est-ce qui rend le bambou aussi vert et lui permet d’obtenir des points de crédit Leed? D’abord, sa croissance ultrarapide, de 10 à 50 cm par jour, et le fait qu’il atteint sa maturité en six à huit ans. Une telle régénération est environ huit fois plus rapide que celle du bois dur. Ensuite, ce produit laminé n’empêche pas qu’on trouve sur le marché des lattes de bambou assemblées avec de la colle de soja, qui sont sans formaldéhyde et certifiées FSC (un label environnemental garantissant une exploitation forestière responsable). 

En plus d’être écologique, le bambou possède moult qualités: il résiste aux taches, aux égratignures et aux variations d’humidité aussi bien, sinon mieux, que le bois. Mais attention: méfiez-vous des super aubaines, la qualité risquerait de ne pas être au rendez-vous. 

Prix: de 4$ à 8$ le pi 2. 

Le liège

Les premières images qui viennent à l’esprit, quand on parle de ce matériau, ce sont celles des bouchons de bouteilles de vin ou des volants de badminton. Et non pas celles d’un couvre-sol souple, au confort inégalé, et qui n’est jamais froid sous les pieds. 

Le liège est le choix idéal pour ceux qui aiment cuisiner et éprouvent des maux de jambes, ou encore pour ceux qui aiment marcher pieds nus. Malgré le fait qu’il soit populaire dans le nord de l’Europe, aux États-Unis et au Japon, le couvre-sol de liège demeure chez nous un produit de niche. Pourtant, il présente de nombreux atouts. 

La matière première vient de l’écorce du chêne-liège (durée de vie de 150 ans environ) que l’on prélève environ tous les neuf ans sans qu’il soit nécessaire d’abattre l’arbre. Le liège utilisé pour les planchers provient des rebuts de la fabrication des bouchons. Il est entièrement recyclable, est anallergique et résiste aux chocs, en plus d’être un excellent isolant thermique et acoustique. Un scellant appliqué à la surface rend son entretien facile. 

Vous le croyiez fragile? Imaginez donc que, en Chine et en Égypte, on a retrouvé des objets en liège vieux de 5 000 ans. De plus, le liège résiste relativement bien au feu et à l’eau grâce à la subérine qui imprègne ses cellules. Petits bémols: il arrive qu’il pâlisse avec le temps, et le choix de couleurs est assez restreint. Attention également aux talons aiguilles avec qui il ne fait pas toujours bon ménage. En cas d’accident, on peut toutefois remplacer une planche ou un carreau. 

Puisque la couche inférieure des couvre-sols de liège est souvent faite de panneaux de fibres haute densité, il faut demander explicitement un produit sans COV si l’on souhaite qu’il soit tout à fait écologique. 

Prix: de 5$ à 10$ le pi², installation comprise. 

Le linoléum

À ne pas confondre avec le vinyle, le lino est fait d’huile de lin, de poudre de bois ou de liège et de pigments minéraux montés sur une base de jute. C’est l’un des couvre-sols les plus verts inventé il y a plus de 150 ans. C’est aussi un produit inusable, qui en plus est anallergique et antibactérien. Ce n’est pas sans raison qu’on l’installe dans les hôpitaux, les écoles, les garderies, etc. Il convient parfaitement à la cuisine. 

La palette de couleurs est impressionnante. Les tons neutres avoisinent les coloris éclatants. Il est vendu en carreaux ou en feuilles de différentes épaisseurs, généralement de 2 m de largeur. Toutefois, il y a un hic: le linoléum demande d’être entretenu régulièrement, et il faut le polir. 

Prix: de 5$ à 12$ le pi 2, installation comprise. 

* À noter que les prix sont simplement donnés à titre indicatif. 

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