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Un animal de compagnie, combien ça coûte?

Un animal de compagnie, combien ça coûte?

Par Sophie Stival

Crédit photo: Courtney Mihaka via Unsplash

Prendre soin de Fido ou de Duchesse peut coûter une petite fortune au fil des ans. Il suffit d’un problème de santé chez notre animal ou d’un malheureux accident pour voir notre facture gonfler considérablement. Comment s’en sortir?

Selon l’Association des médecins vétérinaires du Québec (AMVQ), qui estime à plus de trois millions la population canine et féline, la moitié des foyers de la province hébergent un chien ou un chat. Et c’est probablement encore plus aujourd’hui. Au cours de la dernière année, les refuges et la Société protectrice des animaux (SPA) ont en effet été dévalisés, bon nombre de Québécois ayant adopté un petit compagnon durant la pandémie.

Malgré tout le bonheur que nous procure notre animal domestique, il serait toutefois avisé de budgéter les montants liés aux soins afin d’éviter les mauvaises surprises. Pour avoir une idée de ces coûts, l’AMVQ publie en ligne des fiches d’évaluation sur une base annuelle. Cette estimation comprend notamment le coût de la nourriture, des consultations médicales, des vaccins, d’une assurance de base et du permis municipal. On y indique aussi les honoraires vétérinaires, selon les services et les traitements offerts.

Sans surprise, les soins pour les chiots et les chiens âgés sont plus onéreux: les frais annuels sont estimés à plus de 2500 $ avant taxes. Pour un chat adulte, on évalue cette somme à un peu moins de 2000 $. Et c’est sans tenir compte des besoins complémentaires, comme les accessoires (laisse, collier, brosse, coupe-griffes, litière, bol, cage, jouets) ou le toilettage. «Ces coûts sont une approximation, souligne Michel Pepin, médecin vétérinaire et porte-parole de l’AMVQ. En réalité, ils sont souvent inférieurs à ce qui est présenté dans cette grille.» Par exemple, les maîtres ne font pas tous détartrer et polir des dents de leur animal chaque année, ce qui coûte plusieurs centaines de dollars. Certains le font simplement stériliser et optent pour les principaux vaccins. La qualité et le choix de la nourriture ont aussi une incidence sur les coûts.

Évidemment, un animal qui reste à l’intérieur occasionne moins de dépenses qu’un chien ou un chat qui se promène librement. «Les probabilités de se faire frapper, de se blesser ou d’attraper des maladies sont plus importantes à l’extérieur», remarque le DPepin. Par ailleurs, les gens consultent beaucoup moins pour leurs chats. «Ce sont peut-être des petites bêtes plus solides. Mais au bout de quelques années, des problèmes peuvent survenir (perte de poids, bosses, infection dentaire). Si un chat a un trouble urinaire ou s’il est diabétique, le coût des soins peut devenir exorbitant.»

En matière de coûts, chaque vétérinaire a sa propre approche. Généralement, il suggère un plan médical par étapes avec les montants estimés. Dans le cas d’un chien devenu boiteux après un accident, une opération serait à envisager si une fracture est soupçonnée. «Le vétérinaire doit alors prévenir le propriétaire des frais de chirurgie afin de voir si ça vaut la peine, notamment, de faire une radiographie pour confirmer le diagnostic», explique le DPepin. 

Le protocole de traitement sera aussi adapté en fonction du budget du client. Le prix sera bien différent si l’opération est faite par un orthopédiste (plan A), par le vétérinaire consulté (plan B) ou si on opte pour un plâtre (plan C), moins coûteux mais peut-être pas optimal. «On proposera toujours en premier ce qui est le mieux pour l’animal et ensuite, on verra quels sont les moyens du client. C’est du cas par cas.» 


Et l’assurance?

Au Canada, seulement 2 % des chats et des chiens sont assurés. L’explosion des coûts de la médecine vétérinaire ces dernières années, avec l’accès à des spécialistes et des soins à la fine pointe de la recherche, pousse toutefois à la réflexion. Et ici encore, il faut examiner cas par cas.

Mélanie Dionne, par exemple, a des chiens et des chats depuis toujours, sans jamais avoir souscrit une assurance pour eux. «Quand Balou, mon bouvier des Flandres, a eu un problème de glande thyroïde, j’ai payé pour son médicament, dit-elle. Même chose chaque fois que mes chats ont eu une infection urinaire. Plutôt que payer des centaines de dollars en assurance par année, mon conjoint et moi basons nos décisions en fonction de l’âge et de la qualité de vie de notre animal.» 

Pour sa part, Nadine Colalillo a décidé, elle aussi, de ne pas souscrire d’assurance pour Piper, son nouveau terrier de Boston. Mais dès les premiers jours de cohabitation, le chiot a avalé un bouchon d’oreille, puis il s’est égratigné un œil quelques semaines plus tard: «En deux mois, on avait déjà déboursé 1050 $.»

Dans ce cas précis, il aurait été avantageux de détenir une assurance accident. «Notre plan d’accident coûte 22 $ par mois (donc 264 $ par année), affirme Karolyne Trottier, ambassadrice de la compagnie d’assurances pour animaux Pet Plus Us. Il faut ensuite payer la franchise de 100 $, et l’assureur couvrira 80 % de la facture, incluant les taxes.» 

Dans un tel contrat, les primes sont fixes, peu importe l’âge ou la race du chien. Beaucoup d’assureurs proposent également des polices d’assurance complètes qui couvrent non seulement les accidents, mais aussi les maladies. «On constate que 76 % de nos réclamations concernent des maladies», ajoute Mme Trottier. Au Québec, quelques joueurs se partagent ce marché appelé à se développer: Pet Plus Us, Petsecure, Desjardins Assurances, Trupanion et Petplan (site en anglais).

Cela dit, les produits d’assurance animale se sont tellement multipliés qu’on peut s’y perdre. Certains incluent les intoxications, les maladies, les accidents. D’autres comprennent même des soins de prévention comme les vaccins, les tests de dépistage du ver du cœur et le contrôle des puces, en plus de rembourser certains médicaments. Le montant de la prime mensuelle tient compte du type d’animal, de son âge, de sa race et de la région où il habite. À cela s’ajoutent divers coûts de franchise et de coassurance. 

Mieux vaut donc magasiner et bien évaluer ses besoins. Soulignons également que les animaux ayant des problèmes de santé préexistants ne sont pas admissibles à une couverture d’assurance pour ces conditions. «On suggère de souscrire une assurance durant la première année qui suit l’adoption d’un chiot ou même d’un chien un peu plus âgé, si on a peu d’expérience, précise le DPepin. C’est souvent pendant cette période-là que surviennent les problèmes comme une maladie ou un accident bête.»

 

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Gare à la fraude! 

Avec la pandémie, les refuges pour animaux ont été vidés. Cette demande accrue a permis aux fraudeurs de faire des ravages, notamment en ligne. Des chiens ou des chats dits «de race» y sont vendus à des prix très élevés sans enregistrements, sans garanties, sans certificat de santé ni possibilité de voir les géniteurs.

Or, aucun chien de race n’est offert sur Internet à l’heure actuelle, avertit le Dr Michel Pepin. Les éleveurs ont des portées limitées et les listes d’attente s’étirent déjà jusqu’en 2023. Il faut dire que les acheteurs confondent parfois «type» et «race» de chien. Ils ne font pas non plus la distinction entre un éleveur désireux de préserver l’espèce et un producteur reproduisant sans arrêt des chiens de type boxer, dalmatien ou golden retriever. «Parce qu’ils ont croisé le père, la mère, la sœur, le frère, les animaux qui en résultent ont des tares génétiques comme l’épilepsie, des problèmes cardiaques, de hanches ou de peau, constate le vétérinaire. Les coûts des soins peuvent alors exploser. Et plusieurs de ces animaux sont ensuite abandonnés.» Pour se renseigner sur un éleveur, on peut s’adresser à notre vétérinaire, consulter une association canine d’une race donnée ou un organisme sans but lucratif, comme le Club canin canadien.

Par ailleurs, des escrocs utilisent la pandémie comme prétexte pour éviter des rencontres en personne. Ils donnent parfois rendez-vous dans le stationnement d’un centre commercial et exigent un virement électronique ou des sommes en argent comptant. Parfois, l’animal n’existe tout simplement pas! La photo du chien ou du chat est une image prise sur un site Internet. Et lorsque le prix demandé semble trop beau pour être vrai, c’est qu’il y a anguille sous roche. Ces malfaiteurs cherchent à frauder le maximum de gens le plus vite possible. Il est donc primordial de voir de nos propres yeux notre futur compagnon avant de l’adopter afin de juger plus aisément de son état de santé... et de son existence réelle!

«Un éleveur sérieux posera beaucoup de questions, car il voudra s’assurer qu’on prendra soin de son animal», rappelle le Dr Pepin. Et il sera content de donner des références d’anciens acheteurs. Si on réserve un chiot pour adoption dans un an, il faut également s’attendre à laisser un dépôt de quelques centaines de dollars pour un animal valant plus de 1000 $. On signe alors un contrat en bonne et due forme.

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Le billet d'Aline Pinxteren, rédactrice en chef

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