Les 10 arnaques les plus fréquentes

Les 10 arnaques les plus fréquentes

Par Michel Crépault

Crédit photo: iStockphoto.com

Un principe tout simple devrait toujours guider nos décisions à caractère financier: si c’est trop beau pour être vrai, méfions-nous!

Ce fut d’ailleurs le slogan d’une campagne amorcée fin 2009 par l’Autorité des marchés financiers et le ministère de la Famille et des Aînés. Parce que ces derniers représentent une cible en or pour les fraudeurs. Des gens peu scrupuleux ne perdent jamais de vue que la personne d’un certain âge a la plupart du temps accumulé un certain pécule. Ce magot les intéresse.

Autre chose: avec les années, on a appris qu’on lit un contrat jusqu’au bout, qu’on pose des questions pointues quand une clause n’est pas claire, et qu’on s’adresse à des conseillers compétents quand les réponses obtenues ne nous satisfont pas. Pourtant, la fraude financière est particulièrement répandue auprès de la population grisonnante.

1. Le besoin urgent d’argent


Le scénario de ce stratagème, aussi baptisé «escroquerie de grands-parents», ressemble à celui-ci: une personne se faisant passer pour mon petit-fils ou ma petite-fille me téléphone. Je tombe dans le panneau parce que, je le confesse, je n’ai plus l’ouïe aussi fine qu’avant et le jeune en question est loin de m’appeler tous les jours. Alors, quand c’est «lui» au bout du fil, au lieu d’être sur mes gardes, je suis content. Réaction normale. Sur laquelle compte justement l’individu, qui ne tarde pas à entrer dans le vif du sujet: «Grand-papa, j’ai des ennuis d’argent, peux-tu m’aider? Et puis, tu sais, j’aimerais mieux que mes parents n’en sachent rien. Tu sais comment ils sont…»

L’escroc prétend avoir été impliqué dans un accident, ou revenir de l’étranger ou même avoir des ennuis avec la justice. Il peut aussi se faire passer pour un voisin ou un ami de la famille.

Comment prévenir
Même discrète (au cas où tout serait vrai), une vérification des faits auprès de parents et amis s’impose.

Le soigneur d’ordinateur

L’arnaque informatique a atteint un niveau de pandémie au pays. L’hameçonnage représente en fait jusqu’à 80% des fraudes signalées. L’une des méthodes préférées des escrocs consiste à se faire passer pour un réparateur d’ordinateur. 

L’offre de «soigner» notre appareil peut nous parvenir au téléphone (des appels sont fréquemment retracés jusqu’en Inde) et par Internet. L’individu nous annonce qu’un sérieux problème de sécurité vient d’être détecté dans notre ordinateur et qu’il importe d’agir afin d’éviter la catastrophe. Dans tous les cas, le prétendu sauveur, qui dit travailler pour une entreprise connue (Microsoft, Dell, etc.), nous demande de lui donner accès à notre ordinateur à distance.

C’est facile: je l’ai fait mais, je vous rassure, avec un ami. Alors qu’il était à des kilomètres de chez moi, je l’ai vu prendre le contrôle du curseur de mon écran. Ça fait drôle de voir un ami se balader dans son disque dur. Imaginez maintenant quand il s’agit d’un étranger animé d’intentions malveillantes. Le soi-disant technicien pousse l’audace jusqu’à nous facturer ses services (entre 35$ et 500$), histoire de rendre son intervention encore plus crédible. En fait, nous l’avons payé bien plus grassement que cela… En effet, dès qu’il a pu se promener impunément dans notre ordinateur, il est allé chercher nos mots de passe, nos codes d’accès bancaire, etc. S’il ne les trouve pas tout de suite, il installera un logiciel espion dans la machine. La prochaine fois que j’effectuerai une transaction financière en ligne, devinez qui récoltera mes informations secrètes?

Une variante: une fois le malfaiteur dans mon ordinateur, il en profite pour commettre des larcins (frauder, transmettre des virus, etc.). Impossible de remonter jusqu’à lui puisque la piste s’arrête chez moi. Comme les bandits qui volent une auto pour dévaliser une banque: c’est leur crime, mais c’est mon véhicule…

Comment prévenir

La Gendarmerie royale du Canada est on ne peut plus claire: si quelqu’un nous appelle prétextant qu’il peut protéger notre ordinateur contre les virus, raccrochons! Cela dit, il convient de protéger son ordinateur. Un logiciel antivirus, un filtre de logiciel espion et un coupe-feu sont autant de bidules indispensables. Mais si vous êtes comme moi, l’informatique et les hiéroglyphes, c’est kif-kif. Alors, plutôt que ne rien faire ou se fier au premier venu, vérifions parmi nos proches. Dans la majorité des familles québécoises se trouve un autodidacte qui viendra nous dépanner. Ou contactons une firme réputée. Ce n’est pas donné (75$/heure), mais la paix de l’esprit n’a pas de prix.

Le gagnant d’un concours et le transfert de fonds


3. Le gagnant d’un concours

On me prévient, par la poste ou courriel, que j’ai gagné un prix. Pour obtenir tous les détails, prière de composer un numéro 900 (ou 976). Des frais (4,99$/minute) sont facturables pour le coup de fil qui ne prendra que 7 ou 8 minutes. Intrigué, j’appelle. Un message robotisé fait défiler la conversation à son rythme, pas au mien. Quand je comprends finalement que je suis l’heureux gagnant d’un prix valant tout au plus 2$, je viens de dépenser 35$ en pure perte.

Une variante: une espèce de Robin des bois a appris que je me suis fait flouer dans le cadre d’un faux concours et il s’empresse de vouloir corriger la situation car la réputation de «sa» compagnie est en jeu! Ouf, je respire, enfin quelqu’un qui veut mon bien. Mais, hélas, il le veut vraiment. Car il a d’abord besoin d’un peu de mon argent pour démarrer le recours contre le premier fraudeur. On gage combien qu’il s’agit en fait du même escroc qui, non content de m’avoir dupé une fois, revient à la charge?

Comment prévenir
Renseignez-vous auprès de votre fournisseur de téléphone pour désactiver le service 900.

4. Le transfert de fonds


Cette arnaque est tellement cousue de fil blanc qu’on s’étonne qu’elle fonctionne… Le consommateur (ou même une entreprise) reçoit un mot (ici encore, progrès oblige, le courriel est favorisé) l’avisant qu’une association de professionnels ou une corporation cherche à transférer des fonds importants au Canada et qu’elle a besoin d’un intermédiaire honnête et fiable: moi! Pour ma peine (comme ouvrir un compte bancaire), je toucherai une alléchante commission. Mais, avant tout, le fraudeur requiert qu’on l’aide à couvrir les premiers frais d’administration de l’opération. Aveuglé par la commission, j’envoie l’argent que, bien sûr, je ne reverrai plus jamais… Ce genre d’arnaque met souvent en vedette des «associés» basés en Afrique occidentale, plus particulièrement au Nigeria.

Comment prévenir
Sans l’ombre d’une hésitation, jetez au panier, réel ou virtuel, toute missive proposant qu’on vous utilise comme passeur de fric.

Les frais payables à l’avance et le paiement en trop


5. Les frais payables à l’avance

Un entrepreneur soi-disant en construction (le sujet est d’actualité) sonne à ma porte pour m’avertir qu’un coup d’oeil «expert» lui a appris que la toiture de ma maison menace quasiment de s’écrouler. «Heureusement que je passais par là! Je peux vous arranger ça…» Qui plus est, il demande d’être payé à l’avance.

Comment prévenir

Un véritable entrepreneur détient une licence de la Régie du bâtiment du Québec. Je demande à la voir. Si c’est un vendeur itinérant qui se pointe, il doit posséder un permis de commerçant itinérant délivré par l’Office de la protection du consommateur. Par ailleurs, il est hors de question de payer des travaux à l’avance. Nous pouvons à la rigueur consentir un acompte, mais le plus petit possible (10% du contrat). Si nous payons trop rapidement, le type peut prendre la poudre d’escampette en se tapant sur les cuisses. Son organisation est légitime? Nous risquons de tout perdre s’il fait faillite. Et je fais le dernier paiement seulement quand je me déclare entièrement satisfait de l’exécution du contrat.

6. Le paiement en trop


J’ai vendu un bien sur Internet et l’acheteur m’envoie un chèque dont le montant dépasse celui convenu. «Une erreur», prétexte-t-il. Et il ajoute: «Pouvez-vous, svp, me rembourser la somme excédentaire? Si possible par virement de fonds car je suis un peu serré financièrement.» Bien sûr, que je lui réponds. Mais comme son chèque à lui est un faux ou alors sans provision, je viens de m’en faire passer une p’tite vite!

Une variante est arrivée à ma fille. Elle a mis son parachute en vente sur un site visité surtout par des parachutistes, une communauté réputée pour son sens de l’entraide. Elle accepte une offre. Le type lui envoie un chèque. Ma fille ne l’a pas encore déposé (tout est affaire de synchronisme) que le gars revient à la charge en disant qu’il a fait une folie, qu’il doit plutôt finir ses études. Bref, peut-on lui remettre ses sous? Ma fille n’hésite pas à aider un «camarade du ciel» et elle lui vire des fonds séance tenante. Elle apprendra quelques jours plus tard que le chèque de «l’acheteur» est sans provision. Le fraudeur poussera la malice jusqu’à lui envoyer un courriel final disant «Ha ha ha!».


Comment prévenir

Encaissons le chèque avant d’expédier la marchandise et n’acceptons jamais un chèque comportant une somme en trop. Si ça arrive, il y a anguille sous roche.

Les fausses oeuvres caritatives et le vol d’identité


7. Les fausses œuvres caritatives

L’appel à notre générosité peut prendre la forme d’un appel téléphonique, d’une lettre, d’un courriel ou même de l’apparition sur le pas de notre porte d’une personne portant un uniforme vaguement scout et une carte d’identité tout aussi fausse.

Comment prévenir
Posons un tas de questions – Où iront mes sous? Quelle proportion à l’administration? Si la personne bredouille ou s’impatiente, c’est qu’elle essaie de nous prendre pour un pigeon. Tant qu’à rester dans le monde animal, envoyons-la paître! Si je tiens malgré tout à mériter des indulgences, je vérifie la légitimité de la demande avec l’organisation de bienfaisance mentionnée.

8. Le vol d’identité


Une fraude malheureusement très courante! Quelqu’un a subtilisé notre numéro de carte de crédit et s’en sert pour magasiner. Par exemple, un serveur malhonnête au restaurant ou à la station-service copie ma carte de crédit à mon insu. Quelqu’un a très bien pu aussi subtiliser dans notre boîte aux lettres une enveloppe qui contenait des renseignements confidentiels sur notre carte de crédit ou notre institution financière (notons d’ailleurs que de plus en plus de ces établissements ont maintenant la bonne idée de nous envoyer nos relevés dans des enveloppes anonymes – comme dans le cas du magazine Playboy de l’oncle Hector!). Si c’est mon portefeuille au complet qui a disparu, pour un escroc, c’est le jackpot!

Comment prévenir
Dès qu’on se rend compte de la perte/vol, on avertit l’institution qui a émis la carte. Dès lors, je ne serai plus tenu responsable des achats effectués par un imposteur. Même s’il s’écoule quelques jours avant que je réalise la situation, la compagnie ne peut me réclamer plus de 50$. Heureusement, des sociétés veillent au grain. J’ai déjà reçu l’appel d’un préposé qui voulait vérifier que c’était bien moi qui étais en train de payer avec ma carte de crédit. De plus, j’examine régulièrement mes relevés en ligne (oui, je crois que les banques utilisent des canaux sécurisés) au lieu d’attendre les relevés par la poste. Si je détecte une transaction louche, j’enquête. Mon inquiétude est déjà venue du fait que je ne reconnaissais pas le nom de l’entreprise que j’avais prétendument payée, pour finalement apprendre que c’était le nom du conglomérat propriétaire du magasin où j’avais fait mon achat.

Le tueur à gages et pour l’amour des bêtes


9. Le tueur à gages

Cette arnaque-là m’a jeté à terre! Un coco m’écrit pour m’annoncer tout bonnement qu’il n’a pour le moment qu’un seul objectif dans sa mire: me faire passer de vie à trépas! À moins, bien sûr, que je ne consente à lui verser une somme d’argent. De toute évidence, l’imagination ou la folie de certains individus ne connaît aucune limite.

Comment prévenir
Rigolons un bon coup avant d’écarter le mauvais plaisant. Si le maniaque persiste, je change d’adresse courriel. Si Freddy ou Jason me guette réellement sur ma pelouse, je contacte la police, non sans d’abord avoir vérifié si, par hasard, nous ne sommes pas le 31 octobre…

10. Pour l’amour des bêtes


Nous sommes nombreux à vouloir nous procurer un animal de compagnie. Or, des fraudeurs ciblent particulièrement les personnes qui adorent les chiens. Ils font paraître une annonce avec la photo d’un adorable chiot. Bien sûr que je veux offrir un toit à ce pauvre petit sans défense! On me demande de payer à l’avance. Je m’exécute… et vous connaissez la suite: je ne verrai jamais l’ombre d’une oreille de mon ami poilu.

Comment prévenir
Reniflons l’arnaque et transigeons avec des éleveurs reconnus ou avec la SPCA.

Les bons contacts


L’Office de la protection du consommateur
1 888 672-2556 (et plusieurs numéros locaux)
www.opc.gouv.qc.ca
L’Office n’entreprend pas des démarches légales pour nous mais nous mettra sur le bon chemin, notamment celui de la Cour des petites créances, si nécessaire.

Centre antifraude du Canada (CAFC)
1 888 495-8501
www.antifraudcentre-centreantifraude.ca

Gendarmerie royale du Canada
1 613 993-7267
www.rcmp-grc.gc.ca

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