Démarche chancelante?

Démarche chancelante?

Par Jacqueline Simoneau

Crédit photo: iStock

Personne n’est à l’abri d’une chute. Mais si la situation se produit souvent, il faut en chercher la cause et mettre en place des stratégies gagnantes pour prévenir un accident dont les conséquences pourraient être invalidantes. Sept troubles de santé et autant de solutions sous la loupe. 

Pour la majorité d’entre nous, se lever, se tenir debout et marcher sans tomber, ça va de soi. Pourtant, c’est loin d’être banal. Maintenir l’équilibre est une tâche extrêmement complexe. Pour ce faire, le corps communique en permanence avec le cerveau: les yeux, les oreilles, les muscles et les nerfs sensoriels transmettent à ce dernier des informations sur notre position dans l’espace et les mouvements de notre tête. Le cerveau traite toutes ces données, puis envoie une commande appropriée à la situation.

Le hic survient lorsqu’un des organes impliqués dans le maintien de l’équilibre fait défaut: certaines informations peuvent ainsi être erronées, ce qui risque de fausser le résultat. On ressentira alors une instabilité, mais parfois aussi d’autres symptômes comme des vertiges, des étourdissements, des faiblesses musculaires, des nausées et des vomissements.

Bien que les troubles d’équilibre soient répandus et souvent bénins, ils ne doivent jamais être pris à la légère, car ils peuvent être des indices de problèmes plus sérieux.

Chercher la cause

C’est connu: l’âge est un facteur important. Plus on vieillit, plus on risque d’avoir un équilibre fragile. Normal. Avec le temps, les problèmes de vision augmentent, la force musculaire décline, les mécanismes de l’oreille interne se dégradent et la vitesse de réaction lors d’une perte d’équilibre diminue. Mais l’âge n’est pas l’unique responsable.

D’autres raisons peuvent expliquer ce phénomène: une blessure, un traumatisme, une inflammation, un dérèglement de l’oreille interne, un trouble musculosquelettique, une baisse de la vision, une maladie neurologique, une migraine, une hypotension, certains médicaments ou un alitement prolongé.

Survol des principaux troubles pouvant mener à une perte d’équilibre passagère ou durable.

Vertige positionnel paroxystique bénin

Très intense, ce malaise est déclenché par des mouvements de la tête ou des changements de position, comme se coucher, se pencher ou se tourner rapidement. Il occasionne parfois des nausées. «Ce type de vertige survient à la suite du déplacement de particules (cristaux) à l’intérieur des canaux du système vestibulaire dans l’oreille interne, qui contribue à l’équilibre», explique la Dre Tamara Mijovic, spécialiste en ORL et chirurgie cervicofaciale. Le vertige est de courte durée (moins d’une minute) et sans gravité. En revanche, il est souvent récurrent.

Selon Édith Castonguay, physiothérapeute et vice-présidente du conseil d’administration de la Fédération des cliniques de physiothérapie du Québec, il ne faut toutefois pas confondre vertige et étourdissement. «Le vertige se caractérise par une sensation de mouvement dans l’espace: on a l’impression de tourner sur soi-même ou que la pièce bouge autour de nous. L’étourdissement procure plutôt une sensation d’instabilité, comme si on était sur un bateau ou en état d’ébriété. Les deux peuvent cependant mener à une perte d’équilibre.»

Solutions
Habituellement, le vertige positionnel se traite efficacement à l’aide d’une manœuvre de repositionnement des particules (ex.: Epley ou Semont) réalisée par un médecin ou un physiothérapeute formé en rééducation vestibulaire. «Après avoir localisé le canal et la zone où logent les particules, on effectue une série de mouvements de la tête pour replacer les cristaux, précise Édith Castonguay. La personne pourra ensuite reproduire les manœuvres à la maison en cas de récidive.»

Il est aussi possible d’atténuer le vertige en fixant les yeux sur un point précis de l’horizon. Par ailleurs, selon la Dre Mijovic, il semble exister un lien entre le déplacement des cristaux et le manque de vitamine D, surtout chez les gens qui en ont à répétition. On en discute avec notre médecin pour savoir si un supplément est indiqué.

Maladie de Ménière

«Cette affection chronique de l’oreille interne provoque des vertiges sévères accompagnés d’acouphènes ou d’une sensation d’oreille bouchée, d’une baisse d’audition, de nausées et de vomissements, indique la Dre Mijovic. Si les crises sont fréquentes, l’audition peut être affectée de manière permanente.»

Les épisodes durent de 20 minutes à plusieurs heures. L’intensité des symptômes varie d’une personne à l’autre, mais il est souvent difficile de bouger et de marcher en phase aiguë. La maladie n’affecte habituellement qu’une oreille. Elle serait causée par une augmentation de la quantité de liquide dans l’oreille interne.

Solutions
Au besoin, le médecin peut prescrire des médicaments antivertigineux et des antinauséeux pour atténuer les symptômes. «Les crises étant récurrentes, une médication continue est à considérer afin d’aider à réduire leur intensité, leur durée et leur fréquence, déclare la Dre Mijovic. On recommande également de limiter la consommation de sel, d’alcool et de café, qui peuvent être des éléments déclencheurs.»

Bien que la rééducation vestibulaire ne réduise pas les crises, elle peut aider à améliorer l’équilibre après la phase aiguë.

Névrite vestibulaire (neuronite)

Il s’agit d’une inflammation du nerf vestibulaire, le plus souvent d’origine virale. Elle se caractérise par des vertiges très sévères associés à des nausées et des vomissements parfois importants. Les symptômes aigus peuvent durer plusieurs heures, voire plusieurs jours. La récupération complète se fait toutefois lentement et progressivement en quelques semaines.

Bonne nouvelle: la majorité des gens ne feront qu’une seule crise au cours de leur vie. Et, contrairement à la maladie de Ménière, elle ne provoque pas de perte d’audition. Cela dit, on la confond souvent, à tort, avec la labyrinthite. Bien que leurs symptômes soient similaires, la véritable labyrinthite est une affection peu courante.

Solutions
Les symptômes disparaissent d’eux-mêmes avec le temps. Durant la phase aiguë, le médecin peut prescrire des antivertigineux, des antinauséeux et, parfois, des antiviraux ou des anti-inflammatoires. En cas de vomissements importants, il faut boire beaucoup afin d’éviter la déshydratation. Après la phase aiguë, une rééducation vestibulaire est suggérée.

Migraine vestibulaire

«C’est une variante de la migraine classique qui survient fréquemment chez les femmes en périménopause», affirme la Dre Mijovic. Les manifestations de la migraine vestibulaire incluent généralement celles de la migraine (sensibilité sensorielle, nausée, douleur), en plus des vertiges. Mais elle peut également se manifester sans céphalée. Les éléments déclencheurs sont les mêmes.

Solutions
La migraine vestibulaire se traite de la même façon que la migraine classique: évitement des facteurs aggravants (stimulation lumineuse, stress, consommation de certains aliments, etc.), retrait dans un endroit calme et médication ciblée. «En prévention, on suggère souvent la prise de suppléments de vitamines B2 et de magnésium», indique la Dre Mijovic.

Maladie de Parkinson

Selon le Dr Pierre J. Blanchet, neurologue au CHUM, la maladie de Parkinson est une maladie neurodégénérative qui entraîne l’apparition de divers symptômes, dont un ralentissement moteur, un tremblement de repos et un déséquilibre, qui progressent avec le temps et deviennent de plus en plus handicapants. La maladie affecte de manière importante la démarche des personnes atteintes, d’où le risque élevé de chutes.

Solutions
«Aucun médicament ne permet de soulager efficacement le trouble de l’équilibre d’origine neurologique, déclare le Dr Blanchet. Par contre, des exercices d’entretien pour renforcer la musculature du dos et des jambes, ainsi que l’utilisation d’un appareillage adapté (canne, déambulateur) sont des mesures appropriées pour atténuer le déséquilibre et le risque de chute.»

Édith Castonguay abonde aussi dans ce sens: «Les personnes atteintes doivent continuer de bouger. En physiothérapie, on travaille la respiration et les mouvements pour les aider à maintenir le maximum de leurs capacités.»

Médication

Les pertes d’équilibre et les vertiges sont des effets secondaires fréquents de plusieurs médicaments, dont certains antibiotiques, antidépresseurs et antiépileptiques.

Solutions
Si un médicament est en cause, le médecin proposera un nouveau traitement ou un ajustement des doses.

Troubles musculosquelettiques et neurologiques

Selon le Dr Blanchet, divers troubles musculosquelettiques (arthrose, arthrite, faiblesse musculaire, etc.) et neurologiques (athérosclérose, AVC, etc.), ainsi que les maladies neuro-inflammatoires comme la sclérose en plaques entraînent souvent un déséquilibre et des chutes.

Solutions
En vieillissant, le plus important pour garder notre équilibre et notre mobilité est de demeurer actif, en tenant compte de notre condition. «Il est essentiel de stimuler régulièrement notre système locomoteur (muscles, articulations, etc.)», rappelle Édith Castonguay.

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