10 choses qu’on ne dit jamais sur le cancer

10 choses qu’on ne dit jamais sur le cancer

Par Isabelle Bergeron

Crédit photo: Rawpixel via Unsplash

Personne ne s’attend à recevoir un jour un diagnostic de cancer. Et personne n’y est vraiment préparé. Voici ce qu’on devrait absolument savoir, d’après des gens qui ont déjà traversé cette épreuve.

On aura besoin d’aide. On est fier, on se sent capable, on ne veut pas de pitié. Pour toutes ces raisons et d’autres encore, on refuse souvent l’aide ou alors on n’en demande pas. Parfois, on attend beaucoup trop longtemps avant de réclamer du soutien. Il faudrait au contraire accepter l’aide offerte et exprimer ce dont on a besoin… mais on a aussi le droit de refuser le genre d’aide qui, au fond, ne nous aide pas du tout! 

On perdra des amis. On s’en étonnera, on ne comprendra pas, on sera blessé et on se sentira trahi, abandonné. Certains amis seront moins présents, d’autres ne nous inviteront plus à faire des sorties comme avant… Le savoir ne diminue pas la peine, mais ça nous permettra peut-être d’encaisser un peu mieux le coup. 

On s’en fera de nouveaux. La voisine timide qui dépose des plats préparés sur le pas de notre porte, le copain d’une massothérapeute qui vient s’occuper de notre dos, l’infirmière extraordinaire qui soulève des montagnes pour nous aider, notre voisin de chambre à qui on peut tout raconter… 

On n’est pas le seul touché. Au début, on ne pense qu’à ça, à soi, au cancer, à son impact. On a peur. On est triste. On est en colère. Normal. Mais ce cancer n’est pas qu’à soi, les proches en sont tout aussi affectés. Parfois, ça prend du temps avant de le réaliser pleinement. 

Le corps change. Gain ou perte de poids, peau sèche, rouge ou craquelée, ulcères buccaux, douleur aiguë ou diffuse, ongles noircis, cicatrices, perte de cheveux… On ne reconnaît plus son corps, on ne le contrôle plus. L’accepter exige beaucoup d’humilité et de lâcher-prise. Il faut aussi savoir que le corps reprendra généralement ses droits avec le temps.

Le cancer coûte cher. Transport, traitements et soins non couverts par la RAMQ, achat de matériel spécialisé, absences du travail, suppléments alimentaires… Tout ça coûte beaucoup d’argent lorsqu’on n’a pas d’assurance pour couvrir les frais. Cela dit, certains programmes de soutien financier existent; on se renseigne auprès de la Fondation québécoise du cancer ou de la Société canadienne du cancer. 

Les enfants sont très résilients. On hésite à leur parler de la maladie, on veut les épargner. Pourtant, quand on est franc et qu’on dit les choses telles qu’elles sont, en utilisant des mots adaptés à leur âge, la réaction des enfants peut nous impressionner. 

La sexualité… quelle sexualité? La libido en chute libre, la douleur dans son corps desséché, l’anxiété qui gruge le moral… En anticipant la situation, on construit plus vite son acceptation, et on cultive mieux notre intimité avec des câlins, de la douceur et des mots tendres.  

L’énergie sera réduite. Oui, le personnel soignant nous prévient qu’on sera plus fatigué, mais il reste difficile d’appréhender jusqu’à quel point. Certains jours, on a le sentiment d’être passé sous un 10 roues, et cinq fois plutôt qu’une! Parfois, la simple idée de mettre un pied hors du lit entraîne un état dépressif instantané. Il faut savoir aussi, et tout de suite, que même ces jours-là finissent par passer. 

La vie ne sera plus jamais la même. Avec le diagnostic de cancer vient généralement une conscience accrue de la fragilité de la vie et un appétit féroce d’en profiter pleinement. Il se peut aussi qu’une fois les traitements finis, quand un horizon plus clément se dessine, on ait l’impression d’être un peu perdu, qu’on ait peur de vivre des rechutes, qu’on se sente exténué, voire déprimé… Éprouver cela, c’est tout à fait normal. On n’hésite donc pas à en parler et à demander de l’aide.

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