Relation amoureuse: faire le point

Relation amoureuse: faire le point

Par Suzanne Décarie

Crédit photo: iStockphoto.com

Bel Âge. La Saint-Valentin, c’est le moment pour faire le point de sa relation amoureuse?

Pierre Faubert. On devrait tous prendre le temps de s’arrêter quotidiennement et de faire le point pour savoir qui l’on est, ce qui nous anime, nous inspire et nous nourrit tant physiquement, psychologiquement, moralement, que psychiquement et affectivement. La personne qui ne fait pas le point risque de ne pas voir des choses qui se passent en elle et autour d’elle.

 Si on est en couple, la Saint-Valentin est l’occasion de se souvenir de ce qui nous tient ensemble, de se rappeler ce qui nous a attiré chez l’autre, ce que l’on aime en lui ou en elle, et de se le dire.

 On fait le point de sa relation amoureuse en commençant par les éléments constructifs de notre relation, en soulignant les qualités de l’autre, en lui remémorant ses accomplissements: «Tu as bien réussi dans telle situation...» Au quotidien, on ne prend pas toujours le temps de noter ses bons coups et ceux de notre conjointe ou de notre conjoint. On est plus proche des reproches que de la reconnaissance des qualités...

 En faisant un bilan, on voit mieux qui est cette personne devant soi, avec laquelle on s’est engagé. À la Saint-Valentin, on en profite donc pour bien se regarder.

Peut-on faire chavirer la relation amoureuse en se posant trop de questions


B. Â. Que l’on soit en couple depuis peu ou depuis longtemps, on peut craindre de faire chavirer la relation amoureuse en se posant trop de questions...

P. F. S’il y a une crainte, c’est que l’on soupçonne quelque chose: il y a des raisons... C’est une bonne idée de mentionner à l’autre que l’on appréhende un peu de s’asseoir pour se parler de notre amour. Cela ouvre la conversation par un accueil plutôt que par une affirmation ou une accusation. Car on cherche toujours à accuser l’autre de tous les problèmes. Lorsque quelque chose ne va pas, c’est de sa faute! Or, ce ne l’est jamais entièrement: chacun doit reconnaître et assumer sa part de responsabilité dans ce qui se produit dans le couple. Il y a peut-être des choses qui ne tournent pas rond ou qui nous apeurent, mais ce n’est pas nécessairement la faute de l’autre.

 Il y a une peur de s’abandonner à l’autre, parce que, quelque part, on s’est fait mal un jour; on a été blessé. Ces blessures primitives restent dans notre inconscient et influencent notre comportement et notre attitude par rapport à l’autre. On fait parfois mal à son conjoint ou à sa conjointe, alors que c’est à quelqu’un qui n’est pas là et qui a été la cause de notre détresse qu’on en veut. On déplace la cause de notre douleur, et c’est souvent la personne la plus proche et la plus vulnérable, celle qui aime le plus, qui paie...

Plus une personne aime, plus il faut l’aimer et faire attention à elle. Comme la rose du Petit Prince, elle est unique: je l’ai choisie parmi tant d’autres, je l’ai apprivoisée, elle m’a apprivoisé.

Pourquoi attendre la Saint-Valentin pour faire le point?


B. Â. Pourquoi attendre la Saint-Valentin pour faire le point sur sa relation amoureuse?

P. F. La Saint-Valentin est la fête des amoureux. Les fêtes existent parce que l’être humain a besoin de rites. Toutes, ou presque, ont une composante affective: il y a généralement un échange de cadeaux, un partage de nourriture, on s’habille de façon spéciale...

 Même si l’éblouissement commercial a éclipsé le sens profond de la fête, revenons à l’origine des rites. Considéré comme le messager de l’amour, saint Valentin était celui par lequel l’amour pouvait se dire. Si l’on reste dans le sens du rite, le plus beau cadeau de la Saint-Valentin serait peut-être de laisser parler son cœur. Sans être écrivain ou poète, chacun a un texte à livrer dans ses mots. Il y a maintenant mille moyens de transmettre son message: message texte, enregistrement, montage visuel... L’essentiel, c’est que ça soit personnel.

B. Â. Il faut donc profiter de la Saint-Valentin?

P. F. On se dit toujours pressé, occupé. Profitons donc de la Saint-Valentin pour prendre le temps d’être avec l’autre dans une qualité de présence et d’écoute! Si l’autre sent une réelle ouverture, il sera en confiance et s’exprimera. Une intimité est créée et la fin de la soirée sera peut-être plus agréable que ce que l’on avait escompté! Se parler, c’est le meilleur aphrodisiaque. Cela exige une qualité d’abandon et d’ouverture, ce qui sous-tend que l’on accepte d’être vulnérable. La vulnérabilité n’est pas un aveu de faiblesse, mais une ouverture. Je me rends volontairement vulnérable parce que je sens que tu ne profiteras pas de cette ouverture pour me blesser.

 Il est plus facile que jamais de communiquer, mais il reste difficile d’être en communion. Il faut un certain silence, un certain temps d’arrêt, de contemplation, de regard et d’écoute pour être en communion. Moins de mots, moins de bruits, et plus d’intériorité pour atteindre la plénitude... C’est la fête de l’amour, fêtons l’amour dans la mesure où l’on a réfléchi à ce qu’est l’amour, ce qu’est mon amour, ce qu’est l’amour de l’autre pour moi, ce qu’est l’amour que nous vivons en tant que couple.

 À la Saint-Valentin, faisons en sorte que la personne que l’on dit aimer soit notre priorité, que la relation que nous avons avec elle soit également notre priorité, et que cette journée marque sans équivoque l’importance de ce que nous vivons les 364 autres jours de l’année.

Pourquoi Valentin?

Valentin (saint) (mort à Rome 270?). Prêtre de Rome, il mourut martyr. Fête le 14 février. Pour des raisons obscures, cette fête est confondue, depuis le XVe siècle au moins, avec la fête des amoureux. Le Petit Robert des noms propres

Selon certains, on doit la fête au prêtre Valentinus qui mariait des jeunes couples en secret, l’empereur Claudius II ayant promulgué une loi interdisant le mariage aux jeunes hommes pour qu’ils soient de meilleurs soldats. Arrêté, le bon Valentinus aurait été exécuté un 14 février. Quelques années plus tard, le pape Délasse Ier a consacré cette journée à celui qui fut reconnu comme le saint patron des amoureux. C’est en sa mémoire que les amoureux s’échangent des valentins le 14 février.

 D’autres disent qu’elle nous vient plutôt des Lupercales, une fête païenne célébrée le 15 février en l’honneur du dieu Lupercus. La veille, les jeunes gens se déclaraient leur amour ou choisissaient leur partenaire pour l’année.

 D’autres encore rappellent que la mi-février, le 14 plus précisément, annonce le printemps puisque les oiseaux commencent alors à roucouler et à s’accoupler. Une coutume voulait que, ce jour-là, les célibataires tirent au sort leur compagne ou leur compagnon de sortie pour une année.

Cupidon (Éros dans la mythologie grecque), fils de Mars et de Vénus (Aphrodite, chez les Grecs), déesse de la beauté, de l’amour et de la fécondité, est l’un des symboles de la Saint-Valentin. Cupidon ou Éros porte le plus souvent un arc et des flèches qui rendent amoureux ceux qu’elles atteignent.

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