Raideurs matinales et articulations

Raideurs matinales et articulations

Par Guy Sabourin

Crédit photo: iStockphoto.com

Certaines articulations sont raides ou douloureuses le matin au lever? Si vous avez fait du sport ou de l’exercice la veille, rien de plus normal… Vos muscles «cartonnés» récupèrent, tout simplement. En bougeant un peu, tout rentre dans l’ordre.

«Mais si, au contraire, matin après matin, une articulation reste raide et fait mal, que cette douleur limite son mouvement, c’est signe d’une maladie sous-jacente», indique le Dr Christian Fortin, médecin au CHUQ, directeur des affaires médicales et scientifiques de la polyclinique Millénia. Selon lui, il faut prendre cette douleur au sérieux et obtenir un diagnostic médical.

Il s’agit probablement de l’une des nombreuses formes d’arthrite. Raideurs et douleurs matinales persistantes en sont la première manifestation. «Douleur signifie inflammation et inflammation veut dire qu’un phénomène dégénératif est probablement enclenché», précise le Dr Fortin. Il peut s’agir d’arthrose, conséquence quasi inéluctable du vieillissement qui détériore le cartilage, ou de l’une des nombreuses formes d’arthrite.

En général, on attend des années avant de consulter un médecin à ce sujet. On endure. «Or, précise le Dr Fortin, on laisse ainsi la voie libre à l’inflammation qui détériore peu à peu l’articulation. À la longue, les mouvements deviendront plus difficiles et plus douloureux; dans certains cas, les articulations seront déformées.» En traitant rapidement la douleur, on freine l’inflammation, ce qui empêche le problème de s’aggraver. Plus on attend, plus il devient difficile de traiter.

Du côté des médicaments

Il existe aujourd’hui des médicaments efficaces pour soigner l’inflammation. Les anti-inflammatoires non stéroïdiens classiques (les «AINS›, dont Motrin, Aspirine, Tylénol et leurs semblables) restent efficaces pour beaucoup de monde. Les corticostéroïdes (stéroïdiens) soulagent efficacement, mais comportent d’importants effets secondaires. Les agents antirhumatismaux à action lente (les ARAL), qui s’attaquent aux processus biologiques à l’origine de l’inflammation, empêchent la maladie d’évoluer quand ils sont pris tôt. Normalement, on trouve une solution à sa douleur dans cette gamme de médicaments.

Les médicaments traditionnels soulagent l’arthrite et l’arthrose et empêchent les articulations de se détériorer, mais ils ne sont malheureusement pas efficaces dans les cas les plus sévères. Les nouveaux médicaments, dits modulateurs de la réponse biologique, s’ils ne guérissent pas la maladie, traitent au moins ses causes, empêchent la maladie d’évoluer, préservent les articulations et, surtout, redonnent de l’espoir à la minorité de personnes souffrantes qui n’arrivaient plus à soulager leurs douleurs.

La plupart des médicaments contre l’arthrite, s’ils soulagent bien la douleur, ont aussi le revers d’être accompagnés d’effets secondaires plus ou moins importants. Parlez-en franchement avec votre médecin pour trouver celui qui vous convient. Un traitement qui reste dans sa bouteille ne soulage pas grand-chose, sauf le porte-monnaie…

Bouger!

L’arthrite et l’arthrose ont un redoutable ennemi: l’exercice. Si la maladie, par nature, tend à limiter certains mouvements des articulations, l’exercice, au contraire, contribue à conserver les mouvements intacts. «Limiter ses exercices en raison de raideurs ou de douleurs est la pire chose à faire, insiste le Dr Christian Fortin. En ne bougeant pas, on a tendance à prendre du poids, ce qui accentue le stress sur les articulations. Puis, en limitant peu à peu ses mouvements, on finit par affaiblir ses muscles et par perdre de la masse musculaire. On arrête de faire de l’exercice sous prétexte que la douleur empirera, alors que c’est exactement l’inverse qui se passe!», soutient le Dr Fortin.


Cela dit, il ne faut pas faire n’importe quoi n’importe comment! D’abord, avec l’aide du médecin, on a intérêt à soulager sa douleur. On pourra ensuite se lancer. Facile!, la plupart des exercices peuvent se faire chez soi.

Les exercices d’amplitude servent à soulager les raideurs et à maintenir le mouvement des articulations. Par exemple, contre l’arthrose de l’épaule, on effectue de grands cercles avec les bras pour maintenir l’intégralité du mouvement. Même scénario pour n’importe quelle articulation touchée; il s’agit de lui faire parcourir son plein mouvement le plus possible.

Pour accroître ou maintenir sa force musculaire, les exercices de renforcement sont tout indiqués: soit sur appareils soit en soulevant des poids.

Enfin, les exercices d’endurance contribuent à augmenter la capacité du système cardiorespiratoire à faire de l’exercice durant un certain temps sans se sentir essoufflé et épuisé trop vite; vélo, marche, natation, jogging, ski de fond et patin, par exemple, sont champions pour développer l’endurance.

La beauté de l’histoire: combiner médication et exercices peut, à la longue, entraîner la diminution du dosage du médicament, en limiter la nécessité, voire le supprimer, et prolonger les périodes de rémission entre les crises aiguës d’arthrite. «Dans certains cas l’exercice à lui seul suffira à contrôler l’inflammation», assure le Dr Fortin.

Suivez l’exemple!

Pour avoir une idée générale des exercices à faire et pour apprendre à bien les faire, visitez le site de la Société d’arthrite.

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