L’hormonothérapie, efficace et sécuritaire

L’hormonothérapie, efficace et sécuritaire

Par Jacqueline Simoneau

Crédit photo: iStockphoto.com

Pour pallier les effets de la perte hormonale liée à la ménopause et atténuer les symptômes, les médecins recommandent habituellement l’hormonothérapie de remplacement (HTR), qui consiste en l’administration d’oestrogène et de progestérone sous diverses formes. 

Le hic: depuis que l’étude américaine Women’s Health Initiative (WHI) a conclu, en 2002, que l’HTR pouvait augmenter les risques de cancer du sein et causer des accidents cardiovasculaires, les femmes hésitent à y recourir. À tort. «L’étude a créé un vent de panique, explique la Dre Sylvie Demers, qui est aussi biologiste, chercheuse, fondatrice du Centre ménopause-andropause Outaouais et auteure du livre Hormones au féminin: repensez votre santé. Pourtant, après analyse, on se rend compte qu’il n’y a rien d’alarmant. D’abord, il faut savoir que plus de 60% des participantes avaient au-delà de 60 ans au début de l’étude, et qu’elles présentaient des problèmes de santé. De plus, la dose d’hormones prescrite était relativement forte, ce qui n’est pas le cas dans la réalité. 

Enfin, l’étude a démontré que ce sont les progestines provera, des substances artificielles, et non les oestrogènes, qui augmentaient le risque de cancer du sein. L’acétate de médroxyprogestérone était aussi dommageable, ce qu’on savait déjà. Il faut donc simplement choisir les bonnes hormones pour éviter les effets nocifs. En ce domaine, les hormones féminines bio-identiques se démarquent. Il s’agit de l’oestradiol-17 beta transdermique et de la progestérone micronisée administrée par voie orale.

Produites à partir des stérols de la fève de soja, elles ont la même formule chimique que celles d’origine humaine et, par ricochet, se comportent de la même façon dans l’organisme. Bien dosées, elles sont très efficaces pour diminuer non seulement les bouffées de chaleur, mais aussi les problèmes associés à la perte hormonale, et ce, de façon sécuritaire. Sans compter que les formules transdermiques minimisent grandement les risques. Des études cliniques ont en effet démontré que l’oestradiol-17B transdermique à doses d’hormonothérapie n’accroît pas le risque de thrombo-embolie veineuse, même chez des femmes ayant une prédisposition génétique, comme le font les oestrogènes pris par voie orale.» 

Hormonothérapie: trouver le bon dosage

Autre bonne raison de ne pas lever le nez sur l’HTR: son effet sur la longévité. «L’an dernier, des chercheurs japonais ont obtenu des résultats stupéfiants: de vieilles souris auxquelles on avait greffé des ovaires de jeunes souris adultes se sont mises à rajeunir et ont vécu plus de 40% plus longtemps que les souris témoins, raconte la Dre Demers. Or, on sait que l’ablation des ovaires, pour des raisons autres que le cancer des ovaires, diminue de façon significative l’espérance de vie si les femmes ne prennent pas d’hormones, peu importe l’âge auquel l’intervention est effectuée, même chez les femmes ménopausées. Plus l’ablation est précoce, plus l’espérance de vie est réduite. Les hormones ont donc un effet positif sur la durée de vie.» 

Le plus difficile au début, c’est de trouver le bon dosage. Mais on y arrive. Et plus l’hormonothérapie est commencée tôt – idéalement en périménopause –, plus elle procure des bénéfices. Cela dit, il n’est jamais trop tard pour s’y mettre. Parlez-en à votre médecin. Il vous aidera à prendre une décision éclairée. Enfin, sachez que la prise d’hormones n’est plus limitée à 5 ans comme auparavant. On connaît mieux ces substances et on les prescrit à des doses beaucoup plus faibles qu’autrefois, ce qui réduit les risques. Un bon suivi médical fera le reste. 

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