La variole simienne en 5 points

La variole simienne en 5 points

Par Carolyne Ann Boileau

Crédit photo: iStock

Cette maladie apparentée à la variole humaine fait les manchettes depuis le printemps dernier. La Dre Judith Fafard, directrice du Laboratoire de la santé publique du Québec, nous éclaire en la matière.

1 Origine

«La variole simienne a été décrite pour la première fois en 1970. Le réservoir (l’espèce qui contribue au cycle de reproduction d’un agent pathogène) est animal; on pourrait croire qu’il s’agit du singe, mais on pense que ce serait plutôt des rongeurs qui transmettraient la maladie à d’autres animaux, puis aux humains. Il existe plusieurs clades (groupes de virus similaires du point de vue génétique) de la variole simienne. Le premier se trouve dans le bassin du Congo; il est associé à plus de mortalité (10 %) que les clades 2 et 3 (1 %), présents en Afrique de l’Ouest.»

2 Propagation

«Dans les 20 dernières années, il y a eu de petites éclosions, mais elles ont été circonscrites rapidement. Le clade qui circule en Occident depuis mai 2022 est dérivé du clade 3 de l’Afrique de l’Ouest. On est vraiment dans les hypothèses, mais il semble que la souche a muté et qu’elle est plus contagieuse qu’avant.
«Au départ, la variole simienne s’attrape en touchant à un animal infecté, en nettoyant sa cage ou en préparant les produits de la chasse – porteurs de la maladie – pour la consommation. Entre humains, le virus se transmet principalement par contact étroit, c’est-à-dire peau à peau, lors d’une relation sexuelle ou non. Il peut aussi se propager par gouttelettes.»

3 Symptômes

«Ce qui est le plus caractéristique de la variole simienne, ce sont les lésions cutanées apparaissant sur le visage, les paumes des mains et la plante des pieds. Cette éclosion-ci, cependant, laisse entrevoir des cas qui ont des lésions seulement près des organes génitaux, de l’anus ou de la bouche. Ces signes peuvent précéder ou non l’apparition de boutons sur le corps; ils sont variables d’un individu à l’autre. Aussi, conjonctivite, fièvre, maux de tête, ganglions enflés, douleurs musculaires et fatigue peuvent être ressentis par les gens infectés.»

4 État des lieux

«La variole simienne s’est introduite dans les communautés gaie, bisexuelle, transexuelle. On ne parle pas des couples stables, mais de gens qui ont plusieurs partenaires. En ce moment, cette maladie n’est pas considérée comme une ITSS (infection transmissible sexuellement et par le sang). Or, il y a encore beaucoup d’inconnu quant à ce clade qui circule en Occident… De l’ADN du virus a été trouvé dans le sperme et un écouvillon anal a rapporté un test positif PCR chez certains patients. Beaucoup de questions et d’hypothèses sont soulevées à l’heure actuelle, et la propagation du virus inquiète suffisamment l’Organisation mondiale de la santé pour que cette dernière déclenche son plus haut niveau d’alerte et recommande aux personnes à risque de réduire leur nombre de partenaires sexuels.»

5 Efforts

«Les différentes directions de santé publique au Québec font des campagnes pour rejoindre les groupes à risque afin de sensibiliser les gens à aller chercher un diagnostic en cas de symptômes et de s’isoler le temps que les lésions cutanées disparaissent, que la peau soit réépithélialisée. Il faut aussi porter un masque. Si on a été en contact avec une personne qui a la variole simienne, cela peut prendre jusqu’à 21 jours pour développer la maladie. Un vaccin contre la variole est aussi offert aux gens les plus susceptibles de l’attraper. C’est très important de s’en prémunir pour éviter que la maladie ne se propage dans toute la population.»

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