La dyspareunie expliquée

La dyspareunie expliquée

Par Jacqueline Simoneau

Crédit photo: iStockphoto.com

1. Qu’est-ce que la dyspareunie?

La dyspareunie, aussi appelée coïtalgie, est le terme général pour désigner toute douleur, tant légère que grave, ressentie pendant les relations sexuelles. Cette douleur, habituellement éprouvée durant le coït, peut aussi se manifester lors des caresses vaginales ou après la relation sexuelle. Hélas, ce problème demeure très peu rapporté par les femmes, qui ne parlent pas d’emblée de leurs difficultés sexuelles. Les statistiques seraient donc bien en dessous de la réalité.

2. Comment se manifeste la douleur?

Selon Sophie Bergeron, psychologue au Service de thérapie sexuelle et de couple à l’hôpital Royal Victoria et professeure au Département de sexologie de l’UQAM, la douleur peut avoir différentes caractéristiques: «La douleur peut être ressentie à l’entrée du vagin ou encore en profondeur, par exemple au moment où le pénis touche au col de l’utérus. Cette douleur peut être vécue comme une brûlure, un élancement, une sensation de coupure, une irritation.

Malheureusement, la crainte d’avoir mal fait incite la femme à contracter ses muscles pelviens au moment de la pénétration, ce qui risque d’accentuer la douleur et de rendre la pénétration encore plus difficile.»

3. Quelles sont les principales causes de la dyspareunie?

Il en existe plusieurs. «Le syndrome de la vestibulodynie – aussi connu sous le nom de vestibulite vulvaire – est l’une des plus fréquentes chez les femmes de moins de 40 ans, souligne Sophie Bergeron. Il s’agit d’une douleur localisée à l’entrée du vagin qui provoque une sensation de brûlure ou de coupure lors des relations sexuelles, mais aussi lors d’activités impliquant une pression au niveau du vestibule, comme au moment de l’insertion d’un tampon, de l’examen gynécologique ou même d’une promenade à vélo. Ce syndrome peut être facilement diagnostiqué durant l’examen gynécologique. Le médecin va tout simplement toucher diverses zones du vestibule avec un coton-tige. Les femmes qui en souffrent vont éprouver de la douleur au cours de ce test.»

Parmi les autres causes, se trouvent notamment l’endométriose, le vaginisme, les maladies transmises sexuellement, l’inflammation du col de l’utérus, l’infection vaginale, les kystes à l’ovaire et la mauvaise cicatrisation après un accouchement difficile.

«On note aussi une forme de dyspareunie chez la femme ménopausée qui ne prend pas d’hormones, ajoute le Dr Claude Fortin, gynécologue. Cette dyspareunie est reliée à la sécheresse vaginale et à l’atrophie de la muqueuse vaginale causées par la perte d’oestrogènes. La douleur se situe au niveau du vagin. Les relations sexuelles de plus en plus espacées accentuent le phénomène. Facile à comprendre: si vous ressentez de la douleur, vous avez moins envie d’avoir des relations sexuelles; et si vous avez moins de relations sexuelles, la muqueuse ne sera plus stimulée aussi fréquemment et elle s’atrophiera plus vite. C’est un cercle vicieux.»

Comment traite-t-on la dyspareunie?

4. Comment traite-t-on la dyspareunie?

Le traitement varie en fonction de la cause. Par exemple, si la dyspareunie est liée à une infection vaginale, on soignera d’abord celle-ci. Mais, règle générale, on combine des traitements. Les principaux: l’application de produits à base d’oestrogènes, la physiothérapie et la psychothérapie. Conseil important: assurez-vous que le médecin ou le spécialiste consulté connaît bien la problématique de la dyspareunie.

«Le traitement hormonal à base d’oestrogènes a pour objectif de renforcer la paroi vaginale, de diminuer le degré d’atrophie vaginale, d’assouplir et de lubrifier les tissus et, parallèlement, de réduire la douleur, explique le Dr Fortin. On a le choix entre une crème vaginale (Prémarine) qui s’applique une ou deux fois par semaine, un ovule vaginal (Vagifem) qui s’insère dans le vagin une ou deux fois par semaine, ou un anneau vaginal (Estring) qui s’installe au fond du vagin et libère une faible dose d’oestrogènes de façon constante pendant 90 jours. Le taux d’hormone contenu dans ces produits est très minime, de sorte que les risques de saignements et d’effets secondaires sont quasi inexistants. Aux femmes qui, pour une raison ou pour une autre, ne peuvent recourir aux hormones, on prescrit un hydratant vaginal sous forme d’ovule appelé Replens. Il ne contient pas d’œstrogène et n’a donc pas le pouvoir d’agir sur les cellules atrophiées. Par contre, il contribue à lubrifier la muqueuse vaginale et à soulager la douleur lors des relations sexuelles. Quant aux lubrifiants de type K-Y, ils peuvent être employés pour faciliter la pénétration, mais ils ne corrigent pas la sécheresse vaginale.»

La rééducation périnéale et pelvienne avec un physiothérapeute spécialisé dans le traitement de ce type de douleurs est une autre solution intéressante. On peut en effet rééduquer le plancher pelvien – les muscles qui entourent le vagin – et apprendre à maîtriser ses contractions grâce à des exercices, du biofeedback ou de l’électrostimulation.

Enfin, une thérapie cognitivo-comportementale peut aussi aider. «On sait que les pensées et les émotions de la personne face à sa douleur, de même que les réactions du partenaire, peuvent influer sur le degré de douleur et l’amplifier, explique Sophie Bergeron. La dyspareunie a également un impact négatif important sur la vie sexuelle des femmes qui en souffrent: elles n’ont plus beaucoup de désir ni d’excitation sexuelle. Bref, on les aide à réduire la douleur en travaillant les pensées, les émotions et les comportements liés à la douleur.»

5. Les hommes peuvent-ils aussi souffrir de dyspareunie?

Certainement, quoique le phénomène soit beaucoup moins fréquent. Chez les hommes, on parle de syndrome douloureux pelvien chronique. Ceux qui présentent ce syndrome se plaignent de douleurs périnéales, prostatiques et péniennes. Une douleur à l’éjaculation est aussi très courante.

Mise à jour: septembre 2008

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Le billet d'Aline Pinxteren, Éditrice et rédactrice en chef

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