La dégénérescence maculaire

La dégénérescence maculaire

Par Françoise Genest

Crédit photo: iStockphoto.com

La dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA) affecte de 25 à 30 millions de personnes dans le monde, et 1 million de Canadiens. La maladie touche de 1% à 2% des personnes de 50 à 65 ans, 10% des 65 à 75 ans et 25% des 75 ans et plus.

«C’est un enjeu de santé publique important, soutient le Dr Pierre Labelle, ophtalmologiste et coauteur de DMLA, la dégénérescence maculaire liée à l’âge, publié en 2010 (Annika Parance Éditeur), dont sont tirés ces chiffres pour le moins impressionnants.

Un enjeu de santé publique car, si la DMLA ne rend pas complètement aveugle, elle réduit considérablement la vision et peut, dans certains cas, affecter l’autonomie et la qualité de vie des patients.

La dégénérescence maculaire (DMLA) est une atteinte de la macula, la partie la plus sensible de la rétine qui assure la vision centrale et dont dépend la vision de précision nécessaire pour enfiler une aiguille, lire, etc.

La forme sèche de la dégénérescence maculaire

La forme sèche de la maladie est la plus répandue (90% des cas). Elle découle de l’accumulation de déchets sur la rétine qui forment de petits dépôts que les médecins appellent des drusen et dont la présence nuit au bon fonctionnement de la macula. La DMLA sèche évolue très rapidement sur une période qui peut aller de 10 à 30 ans. Elle entraîne d’abord une baisse de l’acuité visuelle; les patients ont besoin de davantage de lumière pour lire, sont plus sensibles aux variations brusques de lumière et perçoivent moins bien les couleurs. La vision centrale est de plus en plus affectée jusqu’à ce que les images soient déformées et floues.

Il n’existe aucun traitement à ce jour pour la DMLA sèche. Toutefois, en 2002, l’étude américaine Age-Related Eye Disease (AREDS) a clairement démontré que, chez les patients atteints de DMLA sèche, la prise de suppléments vitaminiques et de minéraux antioxydants réduisaient de 25% les risques de développer la forme plus sévère de la maladie, la DMLA humide. Il existe aujourd’hui des «cocktails» de suppléments d’antioxydants spécialement recommandés pour ces patients.

Il faut toutefois consulter son ophtalmologiste avant de prendre de tels suppléments. «Il a aussi été démontré que les personnes qui ont une alimentation riche en légumes vert foncé comme les épinards sont moins atteintes de DMLA», dit le Dr Labelle. Voilà pourquoi les médecins recommandent, à titre préventif, un menu riche en lutéine et zéaxantine (chou frisé vert, épinards, basilic, persil, petits pois, courgette, poireau, laitue, brocoli, maïs, chou de Bruxelles et asperge), en vitamines antioxydantes (C, E et bêta-carotène) et en minéraux comme le zinc, le cuivre et le sélénium.

Les oméga-3 ont également défrayé la manchette au cours des derniers mois. Aucune étude n’a encore établi avec certitude leur efficacité pour traiter ou freiner la maladie, mais selon le Dr Labelle, les gens qui ont une alimentation riche en oméga-3 sont aussi moins nombreux à développer la maladie.

La forme humide de la dégénérescence maculaire

Beaucoup plus sévère et moins répandue (environ 10% des cas), la DMLA humide est en fait un stade avancé de la DMLA sèche qui se caractérise par l’apparition spontanée de vaisseaux sanguins sous la rétine. La paroi de ces vaisseaux n’est pas résistante et laisse s’échapper du sang et des liquides, ce qui cause une inflammation et obstrue la macula. La DMLA humide peut se développer très rapidement et est responsable de 90% des pertes graves de vision centrale.

Heureusement, il existe aujourd’hui un traitement efficace pour de très nombreux cas: l’injection d’un antiangiogénique, le ranibizumab, commercialisé sous le nom de Lucentis, qui a la propriété de stopper la formation de nouveaux vaisseaux. Les injections mensuelles faites directement dans l’œil, répétées pendant 24 mois, donnent d’excellents résultats. On réussit à enrayer l’évolution de la maladie et nombre de patients retrouvent une partie de leur acuité visuelle. Mais le traitement coûte cher, soit environ 1700$ par injection. Il existe une autre molécule, le bévacizumab (Avastin), moins chère, mais pas encore reconnue par la Régie de l’assurance maladie.

Le produit est couvert par la RAMQ, mais l’intervention, c’est-à-dire l’injection elle-même et l’examen qu’elle nécessite, ne sont pas ou peu disponibles dans les hôpitaux. Les patients doivent donc se tourner vers les cliniques privées et débourser de 200$ à 300$ par mois pour recevoir l’injection. En janvier 2011, le ministre de la Santé du Québec annonçait que le service d’injection serait dorénavant offert dans les hôpitaux. Mais au moment d’aller sous presse, à l’Association de dégénérescence maculaire du Québec (AQDM), on attendait toujours de savoir où, quand et selon quelles modalités ce service serait offert. Un dossier à suivre.

Écraser pour mieux voir!

Les statistiques démontrent qu’il y a beaucoup moins de cas de DMLA chez les non-fumeurs. Le tabagisme est également un facteur de risque pour la cataracte. À bon entendeur…

Mise à jour: juin 2011
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