De quel mal de tête souffrez-vous?

De quel mal de tête souffrez-vous?

Par Journal du Bel Âge

Crédit photo: iStockphoto.com

Souvent banalisés ou mal soignés, les maux de tête incommodent la vie d’un million de personnes au Québec. Comment distinguer la migraine du simple mal de tête? Il faut noter dans un agenda tous les renseignements qui vont aider à trouver les facteurs déclenchant ou aggravant les douleurs. Chaque jour, inscrivez le moment de l’apparition des céphalées, leur intensité, les événements stressants et la période du cycle menstruel. Indiquez également si vous avez fait du sport, des exercices de relaxation, si vous avez pris des médicaments et quelles étaient vos émotions cette journée-là. Avec tous ces détails, il sera plus facile de déterminer de quel type de céphalée vous souffrez et s’il s’agit de migraine. Ensuite, votre médecin pourra trouver un traitement adéquat.

Pour évaluer l’intensité de la douleur, utilisez le barème suivant: si la douleur vous empêche de faire vos activités habituelles, la crise est sévère; si elle constitue une entrave, elle est modérée, et si vous ressentez un inconfort dont vous pouvez être distrait, l’intensité est légère.

En faisant le suivi de vos maux de tête, vous réaliserez peut-être que certains facteurs qui déclenchent la douleur sont reliés à votre mauvaise hygiène de vie. Dans ce cas, la recette est accessible à tous: vous devez avoir un sommeil de qualité et à des heures régulières, gérer votre stress quotidien avec des techniques de relaxation, faire des exercices non violents comme la marche et prendre des repas équilibrés à des heures régulières. Attention cependant à certains aliments susceptibles de provoquer des maux de tête. En notant ce qui compose les repas qui précèdent les céphalées, vous arriverez à déterminer quels aliments sont à éviter.

La céphalée occasionnelle et légère

La douleur est modérée, sporadique et supportable. Vous ressentez une gêne passagère plus ou moins importante, puis elle est vite oubliée.

Les causes de ces petits maux de tête sont variées: mauvaise hygiène de vie, aliments, alcool, rhume, fumée de cigarette, etc.

Quoi faire

Il n’est pas nécessaire de consulter un médecin, surtout si des comprimés d’acétaminophène, d’aspirine ou d’ibuprofène sont efficaces. Lisez bien les directives sur l’emballage, car l’aspirine et l’ibuprofène peuvent être contre-indiqués dans votre cas.

Si vous préférez éviter les médicaments, essayez de soulager la douleur en vous étendant dans une pièce sombre, un linge frais sur la tête. Certaines personnes trouvent la chaleur plus efficace. Dans ce cas, mettez une bouillotte sur la partie sensible.

La céphalée de tension

C’est la plus courante. Elle dure de 30 minutes à 7 jours. Lorsqu’elle survient, vous avez une sensation de serrement des deux côtés de la tête. La douleur irradie vers le cuir chevelu, les muscles du cou, les articulations et les ligaments de la colonne vertébrale. Vous avez l’impression d’avoir un bandeau ou un chapeau de douleur sur la tête, mais sans pulsation. Parfois, ce type de céphalée rend sensible à la lumière ou aux sons, mais elle n’est jamais accompagnée de nausées ou de vomissements.

Ses causes? Un stress excessif qui pousse à contracter involontairement les muscles de la nuque. Il peut avoir diverses origines: conflits familiaux ou conjugaux, difficultés financières, complexes, mauvaise image de soi. Beaucoup de patients remarquent que la céphalée survient le vendredi soir ou le samedi matin, soit à la fin d’une semaine de travail. Si vous en souffrez très fréquemment, soyez vigilant. C’est peut-être le signe de troubles psychologiques comme la dépression. 

Quoi faire

Faites des exercices de détente, du yoga par exemple. Allez vous faire masser. Si le stress est lié aux activités professionnelles, les douleurs disparaîtront lors de vacances suffisamment longues. Au besoin, prenez des comprimés d’acétaminophène, d’aspirine ou d’ibuprofène. Consultez un médecin si la céphalée se produit souvent.

La céphalée par contraction musculaire

La douleur est semblable à celle que provoque la céphalée de tension. Elle survient parce que vous avez gardé une posture trop longtemps ou à cause d’une fatigue oculaire.

Quoi faire

Premièrement, changez de position ou cessez de faire l’activité qui provoque votre céphalée. Massez les régions douloureuses et appliquez de la chaleur. Vous pouvez également utiliser des analgésiques.

Pour prévenir la céphalée par contraction musculaire, changez souvent de position quand vous travaillez à un bureau ou devant un ordinateur. Étirez-vous pendant au moins 30 secondes toutes les heures.

La migraine avec ou sans auras

La douleur  pulse, vous sentez qu’elle bat au rythme de votre cœur. Elle ne touche qu’un côté du crâne à la fois. Vous avez peut-être des nausées ou des vomissements. La lumière ou le bruit est intolérable. Impossible de poursuivre vos activités quotidiennes. Monter et descendre des escaliers devient un véritable enfer, car l’intensité de la douleur augmente. La migraine survient par crises de 4 à 72 heures, entre lesquelles les symptômes disparaissent complètement. Quelque 75% des gens touchés ont quatre crises ou moins par mois.

La migraine avec auras est précédée, dans environ 40% des cas, de divers symptômes: picotements à la joue, à la langue ou aux mains, difficulté de penser ou d’articuler, manque de force dans les bras ou les jambes. Les auras les plus fréquentes sont toutefois visuelles: zigzags ou halos de couleur, taches brillantes ou noires, diminution de la vision. Votre migraine peut cesser subitement après que vous avez vomi ou que vous vous êtes endormi.

De 25% à 50% des migraineux ont aussi des symptômes quelques heures avant la crise: euphorie, sentiment dépressif, irritabilité, manque d’entrain, perte ou augmentation de l’appétit avec des goûts bizarres.  Quand la crise est passée, la personne se sent extrêmement fatiguée ou, au contraire, pleine d’énergie.

Les causes de la migraine avec ou sans auras restent mystérieuses. Certains facteurs y contribuent, mais ils peuvent changer d’une personne à l’autre et d’une crise à l’autre. Le premier à considérer: l’hérédité. Si vos parents souffrent de migraine, vous héritez d’une prédisposition plus ou moins grande à en souffrir vous aussi. Chez la femme, les changements hormonaux – puberté, ovulation, menstruations, grossesse, préménopause, etc. – peuvent déclencher la migraine. Les contraceptifs oraux et l’hormonothérapie sont d’autres facteurs déclenchants.

Ensuite, il y a une panoplie de situations susceptibles de provoquer une crise chez les migraineux, dont la stimulation lumineuse, le stress et la consommation de certains aliments.

Quoi faire

Tout d’abord, consultez un médecin afin qu’il vous prescrive un traitement adapté à vos besoins. Les médicaments en vente libre ne sont pas appropriés. Les migraines ne se guérissent peut-être pas, mais il existe désormais des moyens d’en diminuer les symptômes.

Quand une crise survient, allongez-vous dans un endroit peu éclairé et peu bruyant, le temps que le médicament fasse effet.

Le médecin peut vous prescrire des médicaments spécifiques, des antinauséeux, des narcotiques, des anti-inflammatoires ou des analgésiques. Si ce qu’il vous a prescrit n’est pas efficace, parlez-lui-en et il vous en proposera un autre.

Lorsque les migraines sont fréquentes ou handicapatantes, on vous suggérera un traitement préventif. Il existe une variété de médicaments (bêta-bloquants, anti-inflammatoires, anti-épileptiques, etc.), mais aussi d’autres solutions. Le biofeedback connaît beaucoup de succès – le patient apprend à maîtriser ses symptômes à l’aide d’un appareil électronique. L’acupuncture donne également de bons résultats. Certains personnes prennent du magnésium, des doses élevées de vitamine B2 ou des extraits de plantes (Tanacet et Butterbur).

La céphalée d’origine médicamenteuse, la céphalée de Horton

Les maux de tête sont quotidiens, accompagnés une douleur diffuse des deux côtés du crâne. L’intensité du malaise varie d’une céphalée à l’autre. Souvent, la personne se réveille tôt le matin avec un mal de tête. Le moindre effort physique ou intellectuel la fait souffrir. Parfois, la céphalée s’accompagne de nausées. Certaines personnes se sentent agitées ou, au contraire, complètement épuisées. Croyant s’aider, elles prennent des analgésiques tous les jours dans le but de prévenir les crises. Le problème, c’est que les maux de tête deviennent alors résistants. Résultat: on n’est soulagé que partiellement, durant une courte période, et les crises reviennent inévitablement. 

Quoi faire

Votre médecin vous a prescrit un médicament? Respectez scrupuleusement la posologie. Le traitement est inefficace? Demandez à votre médecin de vous prescrire autre chose. Pour les migraineux qui s’ignorent, les analgésiques en vente libre ne conviennent pas. Consultez votre médecin afin qu’il fasse un diagnostic.

La céphalée de Horton

Elle touche principalement les hommes; 80% sont des fumeurs. Les crises sont très importantes. La douleur commence dans la zone oculaire. La souffrance est aiguë. La personne a l’impression d’avoir un tournevis dans l’œil. Puis la douleur peut s’étendre à la tempe, au front, à la joue et dans le cou. L’œil devient parfois rouge, accompagné d’un larmoiement, et le nez coule. En moyenne, les personnes ont une ou deux crises par jour. La douleur dure de 10 minutes à 3 heures. Contrairement à la migraine, la céphalée de Horton n’est pas déclenchée par les aliments, à l’exception de l’alcool. Un seul verre et la crise peut survenir. Les causes en sont inconnues.

Quoi faire

Consultez votre médecin afin qu’il établisse un diagnostic. Il pourra ensuite vous prescrire un traitement approprié: pour prévenir les crises (vérapamil, lithium, acide valproïque, etc.) ou pour soulager les symptômes (sumatriptan, DHE, butorphanol, etc.).

La céphalée violente et grave, la céphalée à intensité progressive causée par une maladie grave

Si un mal de tête débute brutalement, comme une explosion, et s’accompagne d’une douleur insupportable que vous n’avez jamais ressentie auparavant, vous êtes peut-être en train de faire une rupture d’anévrisme vasculaire cérébrale ou une hémorragie méningée.

Quoi faire

Rendez-vous vite aux urgences. Vous devez être traité très rapidement.

La céphalée à intensité progressive causée par une maladie grave

Récemment, vous avez commencé à souffrir de maux de tête. Au départ, ils étaient légers, mais de jour en jour ils deviennent de plus en plus intenses. 

  • Si la douleur survient toujours du même côté et que vous avez d’autres symptômes (vertiges, difficultés de concentration, léger changement dans la personnalité), une tumeur cérébrale est peut-être en train de se développer. Cette dernière exerce une pression sur les différentes structures du crâne et cause des maux de tête.
  • Si, en plus des maux de tête, votre cou est raide, vous faites de la fièvre, vous avez la nausée, vous vomissez, il pourrait s’agir d’une méningite. 
  • Si les maux de tête surviennent après une blessure à la tête et qu’ils sont accompagnés de fièvre, de vomissements et de troubles de la vue, qu’ils provoquent de la confusion ou une perte de conscience, ils peuvent être le symptôme d’un trouble sérieux.

Quoi faire

Il est essentiel de vous rendre aux urgences sans tarder.

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