Arythmie cardiaque: que dit votre pouls?

Arythmie cardiaque: que dit votre pouls?

Par Jacqueline Simoneau

Crédit photo: Photo by Artur Łuczka on Unsplash

Chaque personne a un pouls qui lui est propre, plus rapide chez certains, plus lent chez d’autres. Rien d’inquiétant: le coeur bat normalement entre 60 et 100 battements à la minute au repos.

On doit au noeud sinusal, situé dans l’oreillette droite du coeur, le contrôle de notre fréquence cardiaque. Il joue sensiblement le même rôle que les bougies d’allumage du moteur d’une voiture. En émettant des impulsions électriques, il déclenche des contractions qui font pomper le coeur et produire les battements à un rythme normal.

Malheureusement, il arrive parfois que ce système électrique connaisse des ratés et que le pouls ralentisse ou accélère anormalement. On parle alors d’arythmie. Histoire de comprendre ce qui se passe, voici quelques informations utiles sur les principaux types d'arythmie.

Bradycardie

La bradycardie survient lorsque le coeur bat si lentement (moins de 60 battements à la minute) qu’il ne peut pomper suffisamment de sang pour combler les besoins de l’organisme. Non traité, ce problème peut engendrer une fatigue excessive, des étourdissements ou des pertes de conscience en raison du faible afflux de sang au cerveau.

Mais attention!, une fréquence cardiaque lente n’est pas nécessairement considérée comme problématique, surtout si aucun autre symptôme ne s’y rattache. Certaines personnes affichent un pouls très bas au repos et sont en excellente santé cardiovasculaire. C’est notamment le cas des athlètes et des gens pratiquant régulièrement des activités physiques intenses. 

En revanche, un pouls lent au repos associé à des symptômes exige une consultation médicale. Un électrocardiogramme permettra au médecin de noter de possibles anomalies du système électrique du coeur et de déterminer s’il doit poursuivre l’investigation. 

La bradycardie est généralement attribuable au vieillissement. Avec l’âge, le «filage» électrique du coeur se couvre de dépôts de calcium et s’use, ce qui entraîne une dégénérescence du système. Certains médicaments, dont ceux prescrits aux patients cardiaques pour restreindre le travail du coeur, peuvent également ralentir de façon significative le rythme cardiaque. 

Quand les médicaments sont en cause, le changement de cette médication pour une autre suffit habituellement à régulariser le rythme cardiaque. Dans les autres cas, la prise de médicaments conçus pour accélérer le pouls permet en général de rétablir la situation. Mais lorsque la bradycardie est sévère et symptomatique, il faut parfois implanter un stimulateur cardiaque (pacemaker). Cet appareil analyse constamment l’activité électrique du coeur et donne, au besoin, des stimulations électriques pour déclencher les contractions et normaliser le rythme cardiaque. 

Tachycardie

La tachycardie survient lorsque le pouls est supérieur à 100 battements à la minute. Le phénomène est fréquent et souvent bénin. C’est le cas lorsque l’accélération du rythme cardiaque est causée par une émotion vive, une fièvre élevée, une maladie, une activité physique intense, certains médicaments (décongestionnants et bronchodilatateurs par exemple), une substance stimulante (thé, café, cola, chocolat, alcool), le tabac, la sédentarité, le stress, etc. Une fois l’élément déclencheur éliminé, le pouls revient progressivement à la normale. 

Là où ça se gâte, c’est lorsque le coeur s’emballe au repos sans raison apparente. La personne ressent brusquement de fortes palpitations pouvant dépasser les 200 coups à la minute. Évidemment, si l’on éprouve ce genre de battements, il faut consulter un médecin. 

Cela dit, il existe plusieurs sortes de tachycardie. Certaines formes sont toutefois plus fréquentes. C’est le cas de la fibrillation auriculaire.

Tachycardie et fibrillation auriculaire

Cette arythmie affecte environ 250 000 Canadiens. Son incidence augmente avec l’âge; on estime qu’elle touche environ 3% des cinquantenaires et 6% des 65 ans et plus. Outre l’âge, certains facteurs, comme les maladies coronariennes, l’hyperthyroïdie, les problèmes respiratoires, peuvent favoriser son émergence. Il semble  également y avoir un lien entre la fibrillation auriculaire et l’apnée du sommeil. La fibrillation auriculaire se manifeste lorsque l’activité électrique du coeur provoque des contractions rapides et désordonnées des oreillettes. La personne ressent alors des battements rapides et irréguliers du coeur pouvant s’accompagner de fatigue, d’étourdissement, d’essoufflement et d’évanouissement. Bien qu’une fibrillation auriculaire non traitée puisse nuire considérablement à la qualité de vie et créer de l’inconfort, elle ne met généralement pas la vie de la personne atteinte en danger. Par contre, elle augmente le risque d’accident vasculaire cérébral (AVC): le sang emprisonné dans les oreillettes peut se coaguler et former des caillots pouvant se déplacer dans tout le corps, et plus particulièrement du coeur au cerveau. Elle peut aussi constituer un danger pour les gens souffrant de diabète, d’hypertension ou de maladies cardiaques. 

La fibrillation auriculaire peut prendre plusieurs formes. Quand le problème est temporaire et parfois récurrent, on parle de fibrillation auriculaire paroxysmale. Dans ce cas, le coeur retourne à son rythme normal de lui-même en moins de sept jours et sans aide médicale. Quand la tachycardie dure plus de sept jours et ne se termine pas spontanément, la fibrillation auriculaire est dite persistante. En général, le médecin devra administrer des chocs électriques au coeur, un traitement appelé cardioversion électrique, pour qu’il se remette à battre normalement. Enfin, quand elle persiste au-delà d’un an et que les médicaments n’arrivent pas à la traiter, on parle de fibrillation auriculaire permanente.

Heureusement, il existe des traitements à la fibrillation auriculaire. En premier lieu, le médecin prescrit un médicament anticoagulant pour éclaircir le sang et empêcher la formation de caillots à l’intérieur du coeur, de même qu’un médicament servant à ralentir la fréquence cardiaque. Au besoin, il ajoute un médicament dont le rôle est de maintenir un rythme cardiaque normal et constant afin de prévenir une récidive. Si la médication ne suffit pas à traiter la fibrillation auriculaire, le médecin peut proposer une ablation par cathéter, chirurgie qui consiste à détruire, par minuscules brûlures, les tissus cardiaques responsables de l’arythmie afin de stabiliser les courts-circuits électriques. Elle se fait sous anesthésie locale. 

Arythmie extrasystole

L’extrasystole est la forme la plus fréquente d’arythmie. En fait, la plupart des gens ont vécu au moins un épisode d’extrasystole dans leur vie. Quand l’extrasystole se produit, on a l’impression que le coeur vient de sauter un coup. En réalité, il s’agit d’un battement cardiaque en trop. Au lieu d’avoir un battement suivi d’un repos et d’un autre battement, on a deux battements très rapprochés. Dans la majorité des cas, ce type d’arythmie est bénin – surtout s’il est d’origine auriculaire – et ne nécessite aucun traitement particulier. 

Mais si les extrasystoles sont fréquentes et incommodantes, le médecin pourra prescrire des médicaments pour les éliminer. Recommandation: les personnes ayant déjà fait un infarctus ont intérêt à consulter leur médecin si elles font des extrasystoles. Cela peut indiquer un problème sur le plan du coeur et augmenter leur risque de faire une récidive. 

La mesure du pouls constitue un outil diagnostique très important pour déceler les anomalies du rythme cardiaque. Évaluer les différentes arythmies existantes permet de les traiter, si nécessaire.

 

Merci au Dr Peter Guerra, chef du service d’électrophysiologie à l’Institut de cardiologie de Montréal et professeur à la faculté de médecine de l’Université de Montréal; à la Fondation des maladies du coeur; à l’Agence de la santé publique du Canada pour leur précieuse collaboration. 

 
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